J52 – samedi 1er août 2026 –  Oslo / Bjørke

La journée commence fort. Les deux jeunes qui partagent ma chambrée rentrent vers 1h du mat’. Un des deux a la très bonne idée d’allumer la lumière. Sympa. Puis à 5h du mat’, c’est le 4è coloc’ qui se met à ronfler comme un goret. Même avec mes bouchons d’oreille, je suis réveillé. Du coup, je tournicote, me rendors et ne me réveille peu avant 8h du mat’. Je n’ai pas d’avion à prendre mais quand même … Heureusement, j’ai bouclé mes affaires hier soir. Je n’ai qu’à déjeuner avant de quitter ce petit mais fonctionnel AirBnb en plein centre d’Oslo. Je me tape les 4 étages à descendre, chargé comme un bourricot, avant de charger ma mule HakaOne.

Ce matin, je n’ai pas pu saluer Manille, encore un prénom peu commun, avec qui j’ai passé la soirée … dans un restau brésilien ! Elle est étudiante en dernière année d’urbanisme. Elle adore voyager en solo avec son sac à dos. Elle est déjà allée en Équateur, en Albanie et dans d’autres contrées peu hospitalières. C’est également une coureuse à pied. D’ailleurs, je la retrouve après son footing. Encore une belle rencontre …

Et oui, dans sa chambrée, loge Victor originaire de Rio de Janeiro, un jeune étudiant brésilien en médecine, nous a-t-il dit, depuis 3 ans. Vu son faible niveau d’anglais (encore plus que le nôtre), nous avons un sérieux doute sur ces dires. Initialement, je prévois de diner au Festival de la cuisine africaine que j’ai traversé en rentrant de ma longue balade dans Oslo. Mais, une fois sur place, les stands ferment. Cependant, je mange à l’oeil (pas de couronne norvégienne, pas de connexion à Vipps l’appli pour payer en ligne, pas de distributeur) un plat africain offert par une camerounaise ayant vécu à Toulouse ! Et oui, le monde est petit. Finalement, je retrouve le duo. Victor nous emmène dans un « restau brésilien pas cher ». Vu les prix sur la carte (35€ le plat), je me contente de bolinhos de bacalhau (beignets de morue). Puis nous rentrons. Mais Victor nous laisse au pied de l’immeuble vu qu’il a quitté sa chambrée. Bizarre ce jeune homme …

Ce matin, je décolle dans Oslo encore endormi. Moi aussi d’ailleurs car j’oublie de m’arrêter faire ma photo devant l’Opéra d’Oslo pour marquer la fin de mon Tour d’Europe avec HakaOne. Je fais demi-tour et trouve une jeune femme pour m’immortaliser dans le soleil levant.

Puis je prends la direction du sud, en suivant le fjord d’Oslo, en direction de Stockholm et Gøteborg à l’est. Je laisse Trondheim, Kristiansand et Oslo derrière moi.

J’emprunte à nouveau une piste cyclable qui longe la route principale E18.  Je passe devant le port de plaisance bien abrité dans cette crique. Le centre d’Oslo est juste derrière.

Par contre, je suis surpris par la densité de sportifs en tout genre. Ça marche, ça court et ça roule. Les cyclos du samedi sont de sortie. Nous, c’est plutôt le dimanche mais, eux, doivent avoir la messe dominicale. Je suis la marée et me retrouve, après quelques kilomètres, dans la montagne. Le cadre est magnifique mais j’avais plutôt prévu de descendre le fjord. Tant pis. De toute façon, ce matin, tout se goupille de traviole. Hier soir, j’ai également oublié de recharger mon téléphone. Je me retrouve sans batterie assez rapidement. Heureusement, j’ai mes batteries externes.

Je file ensuite dans la campagne où je retrouve mes cultures céréalières et mes forêts de pins disséminées sur des collines. Après une journée et demie dans le tumulte de la ville, cela fait du bien. Par contre, j’ai aussi du mal à me remettre dans le rythme. L’objectif initial étant Oslo, il faut dorénavant me rebooster pour filer sur Stockholm. Pour ce faire, je fais à vélo, arrêt à Ski (ville de 30.000 habitants). Pause-café obligatoire. Je continue ensuite sur mes chemins de traverse, référence au livre « Sur les chemins noirs » du grand voyageur, mais petit homme, Sylvain TESSON. Je file ainsi jusqu’au « REMA 1000 » de la petite ville de Spydeberg (6.000 habitants). J’y achète ma super salade composée et quelques emplettes pour ce soir.

Puis je file sur le site de Fossum Brogalleri (galerie du pont Fossum) pour y déjeuner et y siester à l’ombre des pins et à l’abri du vent.

Cette fortification a été construite entre 1914 et 1917 . D’ailleurs, il y a tout un réseau de fortifications bâties sur les flancs est et ouest du fleuve Glomma (et oui, on se retrouve) au début du XXè siècle après la dissolution de l’union avec la Suède en 1905. On y accède par un tunnel creusé sous la roche. 

De chaque côté de ce tunnel, il y a des pièces (cuisine, chambre, artillerie, réserve d’eau, …) pour héberger les soldats.

De la base du pont qui enjambe le fleuve, on distingue les trous percés dans la roche pour installer les canons et défendre l’accès au fleuve. Par contre, cette batterie de défense n’a pas servi durant les combats au-dessus du pont en 1940 quand l’attaque allemande vint de l’ouest. 

Après cette visite inattendue, je traverse donc ce pont pour admirer le fleuve scintillant sous le soleil. Par contre, le vent, qui s’engouffre entre les deux flancs de colline, provoque des vaguelettes.

Je reprends mes chemins de traverse qui serpentent autour de la route verte E18 en direction d’Oslo. Je traverse maintenant Askim (16.000 habitants) où je m’arrête boire un café au pied de la gare ferroviaire. En périphérie, je tombe sur des travaux de voirie coupant la voie cyclable. Mais une déviation pour les piétons et les cyclistes est automatiquement mise en place avec un fléchage approprié. En France, hélas, ce n’est pas souvent le cas. Il arrive assez souvent qu’une route soit coupée et qu’il n’y ait aucun itinéraire de délestage prévu pour les modes actifs.

Mais pour éviter de prendre les grands axes non équipés en abord cyclable, j’emprunte parfois des passages pour le moins surprenants. Ici, il s’agit vraiment d’un chemin noir ! Je traverse à pied en poussant HakaOne et faisant gaffe de ne pas rater une planche.

D’ailleurs, depuis ce matin, mon itinéraire me fait suivre ce balisage rouge « Unions-leden » (Route de l’Union), parfois sur des pistes en stabilisé comme celle-ci. Je pense qu’il s’agit de l’ancienne route qui devait joindre Oslo à Stockholm avant que autoroutes (E18) et routes principales ne viennent défigurer le paysage.

Ce n’est pas le tout mais l’heure avance. Je passe maintenant au nord de la ville de Mysen (7.000 habitants) puis reprends à nouveau un chemin en stabilisé. Je fais une pause pour étudier mes cartes à la recherche de mon bivouac quotidien. Je repère le lac de Lundebyvannet un peu plus à l’est. Il y a un symbole Plage et un symbole Robinet. Je m’y dirige. Effectivement, c’est superbe. Il y a deux criques dont une avec une douche (juste devant ma tente). C’est parfait pour ce soir. Je peux même profiter de cette douche un peu froide mais tellement revigorante. Je m’installe à la table pour pianoter puis diner en paix. 

Fin d’une journée étrange où je n’étais vraiment plus dans le rythme. Mais la journée fut belle quand même avec cette météo idéale pour rouler (25°c) malgré le vent, ces paysages vallonnés et ces nombreux encouragements de cyclistes ce matin. Par contre, je n’ai croisé aucun cyclotouriste. Demain soir, je devrais arriver en Suède à moins que je ne décide de descendre un peu plus au sud. La nuit porte conseil. On verra …

Résumé :

85kms, 5h30, 15,5km/h, 860D+ 710D-, beau temps, bivouac


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