Réveillé vers 5h du mat’, je branche mon alarme pour 7h. C’est dimanche quand même ! Le ciel est couvert, le vent nul la température de 14°c. Je déjeune pendant que la tente tente de sécher avec le peu de rayons de soleil.

Hier, j’ai oublié de dédicacer la journée à ma fillotte Adeline, fille de ma tante Geneviève, en vacances avec sa famille recomposée du côté des granges d‘Ustou dans le Couserans. Je lui dédie ce coucher de soleil d’hier soir.

Une fois le barda plié, je reprends la route vers 8h du mat’. Je m’arrête assez rapidement pour refaire le plein. Le revêtement de la route n°128 a été refait. C’est un vrai billard. Par contre, il y a toujours autant de bosses à monter et à descendre.

Je longe le lac Rødenessjøen. Avant d’arriver dans la bourgade de Ørje, je fais un crochet pour aller voir l’écluse et le canal de Halden qui permet de joindre ce lac à celui de Øymarksjøen.

Sur le point info de ce site, se trouve la carte de UnionsLeden. En fait, cet itinéraire cyclable joint les villes de Moss en Norvège à celle de Karlstad en Suède.

Je traverse la bourgade endormie de Ørje. Tout est fermé. De toute façon, il est un peu tôt pour mon café matinal. D’ailleurs, en ce dimanche matin, je ne croise pratiquement personne ni en ville, ni sur la route. Je continue à suivre ma trace. J’emprunte dorénavant la route n°21, beaucoup plus dégradée, qui part au sud. Par contre, j’ai perdu la trace de la route cyclable qui suivait la route n°128 jusqu’à la frontière à quelques kms à l’est. Après la ville, je roule dans un camaïeu de vert alors que le ciel est toujours aussi nuageux.

Alors qu’il s’éclaircit, le vent fait son retour. Je fais un nouveau crochet pour aller voir l’écluse de Stromfoss et espérer trouver ce sympathique endroit ouvert. Hélas, il n’ouvre que de 12h à 16h. Dommage …

Tant pis. Je continue mon petit bonhomme de chemin à travers cette paisible campagne. De temps en temps, je passe devant de grandes fermes. Ici, c’est un troupeau de veaux qui paissent sous le regard attentif et protecteur de leurs génitrices à la robe toute noire (des Black Angus d’Ecosse ?).

Peu après 11h, j’arrive dans la bourgade d’Aremark. Je n’ai pas vu un seul commerce ouvert depuis mon départ. Je profite de ce cimetière, avec vue imprenable sur le lac, pour refaire le plein d’eau.

En me baladant, je découvre l’ancien cimetière avec des sépultures, couvertes d’un linceul en zinc (ou en plomb ?), datant de 1800.

A l’entrée de cette bourgade, il y a un camping au bord du lac. Je m’y arrête pour essayer de choper la wifi afin de télécharger mes cartes suédoises. Pas de wifi, mais café offert par le proprio. Je file ensuite jusqu’au café-restau Furulund. Le restau ouvre à midi. Je patiente dans la salle. Je prends le plat du jour composé de grillades, de potet (j’adore ce nom pour les patates), de maïs, d’oignons frits, de courgettes et d’une purée de pois cassés. . Pour mon dernier repas en Norvège, j’apprécie enfin un bon plat cuisiné. C’est délicieux. En dessert, ce sera brownie maison et café évidemment. Quand je quitte le restau, la salle est blindée. Comme quoi, quand c’est bon …

Je reprends la route à 13h30. J’ai eu le temps d’étudier mes cartes suédoises après les avoir téléchargées. Finalement, je vais essayer de retrouver la route cyclable UnionsLeden et la suivre jusqu’au bout. Ensuite je remonterai vers Stockholm en suivant la côte.
Je fais un crochet par la station-service de Fossby la magnifique pour y dépenser mes derniers fifrelins. Devant, trois superbes voitures de collection (une Cadillac bleue, une Chevrolet noire et une Volvo bordeaux) attirent l’attention. D’ailleurs ce ne sont pas les premières que je croise sur la route. Apparemment, certains norvégiens sont amateurs de vieilles voitures américaines.

Puis je bifurque à l’est sur la route jaune n°1322. Le vent n’a pas cessé et les bosses sont toujours aussi rudes. En haut de l’une d’elles, je m’arrête devant ce grand corps de ferme. Sur le fronton est précisé quee, au loin dans les prés, ce sont des Blondes d’Aquitaine qui paissent tranquillement.

A 14h30, je passe la frontière. Me revoilà en Suède 52 ans après ! J’emprunte à présente une route blanche non numérotée. A vélo, elle suit la trace de la Dalslandsleden.

Elle me mène jusqu’au traversier qui permet de franchir l’immense lac StoraLe. Ce traversier est tracté par des câbles.

Une fois de l’autre côté du lac, j’ai la possibilité de suivre cette route au sud ou de traverser la forêt sur 13 kms par une piste. Vous me connaissez, je choisis la piste. Pendant ce cheminement à travers lacs et forêts, je ne croise personne.

De temps en temps, une trouée entre les arbres me permet d’apercevoir un lac. Il y en a partout.

Finalement, je retrouve la trace cyclable UnionsLeden le long du lac Lelång. Je me pose la question de m’arrêter là ou de filer jusqu’à la ville de Bengtsfors, 17 kms au sud. Vu l’heure et vu le peu de commerce croisé, je décide de continuer. J’y arrive vers 17h30. Je me rends directement au magasin COOP.
C’est comme en Norvège : mêmes paysages, presque même langue, mêmes magasins, presque même monnaie (la couronne suédoise SEK à 0,0911€ au lieu de la couronne norvégienne NOK à 0,915€). Je ne suis pas trop dépaysé.

A la sortie, je suis interpellé par un couple d’une cinquantaine d’années. La femme est suédoise originaire de Stockholm. Lui est des Alpes de Haute-Provence par sa maman et, je vous le donne en mille, du Couserans par son papa ! Forcément, mon maillot de l’Ariégeoise l’a interloqué. Ses grands-parents sont originaires du hameau d’Alos au sud de Saint-Girons. Il me demande si je connais. Tu parles. J’ai David, mon pote hollandais originaire d‘Utrecht, et sa femme Carole qui ont récupéré la maison de ses parents. Ils habitent à Moulis juste à côté. On papote mais l’heure passe. Je décide de trouver un endroit dans le coin. Finalement, je plante mon bivouac le long du lac de Lelång dont la partie sud se termine ici.

Et bien voilà, la Norvège, c’est terminé. Après 31 jours et 2.800 bornes parcourues, je quitte ce somptueux et harmonieux pays. Cette belle journée, assez gratinée quand même, a été sous le signe du Couserans ! C’est incroyable quand même.
Résumé :
105kms (66+39), 6h08 (3h48+2h20), 17,1km/h, 830D+ 920D-, beau temps, bivouac
