J’ai ronqué comme une marmotte couseranaise, à ne surtout pas confondre avec la marmotte pyrénéenne (très susceptible les habitant.es du Couserans). J’émerge peu après 7h après avoir dormi plus de 9h d’affilée. Je plie les gaules avant de prendre mon p’tit déj’ au bord du lac en regardant les canards vaquer à leurs occupations.

Puis je reprends la route. Au bout de quelques encablures en suivant la route principale, je me rends compte que je n’ai pas chargé la bonne trace. Avec les lunettes, c’eût été mieux. En effet, je suis sur l’itinéraire que j’avais concocté initialement avant de rejoindre l’UnionsLeden. Je retourne en ville et retrouve les panneaux qui m’envoient sur des chemins beaucoup plus sympas. Cependant, pour concocter cet itinéraire, j’ai dû passer en mode VTT. Je m’attends donc à du brut. Je longe le canal qui permet de relier, à nouveau, deux lacs.

Puis j’emprunte une magnifique route cyclable formellement interdite à tout véhicule. Le soleil matinal a du mal à se frayer un chemin entre les nuages cotonneux. Cela ne devrait pas tarder. Encore un petit effort …

Quant à moi, les efforts, j’en fait également. En effet, cet itinéraire est superbe mais exigeant. Plutôt que de suivre la vallée, il coupe à travers lacs et forêts.

Je passe d’ailleurs devant de nombreux laquets, comme on dit dans les Pyrénées. La piste est praticable. Il n’y a personne. Je ne croise qu’un chevreuil qui coupe la piste en haut d’une bosse. Je me régale à nouveau les yeux. Je me régale aussi les papilles. En effet, je prends cette photo alors que j’ai les pieds dans des buissons de myrtilles sauvages. Autant vous dire que je vais une razzia.

Le soleil perce. Le ciel bleu cotonneux donne encore plus de couleurs à ces paysages sauvages. La température est de 20°C. Tout est réuni pour passer une belle journée à vélo.

Je traverse enfin un village, celui de Fengersfors, au bout du lac Knaarrbysjön. D’ailleurs, je remarque que ces villages, comme en Norvège avec les fjords, ont été bâtis aux extrémités. Peut-être pour se protéger du vent. Alors que j’avais repéré un café dans une station-service, je découvre juste en face un ancien site industriel reconverti en tiers-lieu associatif nommé « Not Quite« . Le café ouvre à 11h. J’ai le temps de visiter une boutique d’art …

… puis de me poser devant mon café et un délicieux gâteau maison nommé Silvia Blondie, mais intraduisible. Les jeunes serveuses tapent la causette en attendant le chaland. J’adore ces endroits et ces moments de pause où je peux discuter et pianoter.

Puis, je vais à la boulangerie en face acheter du pain artisanal et une viennoiserie pour ce midi. Mais le choix est vraiment difficile. La patronne me donne en français si je veux qu’elle me traduise le nom des gâteaux. Elle m’explique qu’elle a travaillé et vécu à Montpellier dans les années 2000. Finalement, j’opte pour un pain complet aux céréales et un Apple pie à la cannelle. Les deux sont délicieux.

Il me faut repartir. Je quitte ce sympathique endroit à regret. Je traverse le village en grimpant une sacré bosse alors que mon compteur passe la barre symbolique des 5.000 bornes. Quand les ouvriers partaient à l’usine en bas, ils devaients dire « Je descends au boulot« . Puis, à la fin de la journée: « Je remonte à la maison« . Une fois en haut, j’emprunte à nouveau une piste. Sur le petit panneau à droite est signalé « Pilgrimsleden » (Chemin des pèlerins). Je ne sais de quel pèlerinage il s’agit. Quant à moi, je continue mon pèlerinage de l’Union des 2 pays.

Ça grimpe à nouveau pendant un long moment. Une fois arrivé en haut de cette colline, la vue est incroyable. Ce ne sont que lacs et forêts à perte de vue avec le ciel bleu en toile de fond. Les rares habitants de ce hameau de Lindheden doivent se régaler.

Un peu plus loin, je tombe sur une petite station de ski rattachée à la commune de Åmåls. Il y a 4 remontées mécaniques et 6 pistes. Le haut des pistes culmine à 250 mètres ! Comme il est déjà 13h, je profite des tables pour pique-niquer et siester.

Une heure plus tard, je reprends mes chemins noirs. Après être redescendu dans la bourgade de Edsleskog au pied du lac Edslan, j’attaque une nouvelle montée. Celles-ci m’emmène au-dessus du lac Bergansjöen. Comme tous ces lacs, les rares endroits pour y accéder sont squattés par des vans.

Et ça monte. Et ça descend. D’ailleurs, je fais gaffe en descendant. Entre les gravillons, les trous cachés par l’ombre et la vitesse, je reste prudent. Une fois sur le plat, j’admire ce nouveau lac au nom de Ömmeln. En plein centre de la photo se dresse l’îlot inhabité de Storön.

Dans la vallée, je retrouve de l’animation avec une route jaune bitumée et la bourgade de Svaneholm. Je profite d’un magasin Coop pour me ravitailler, notamment avec une bouteille de Pepsi Cola. Avec la poussière de la piste, j’ai la gorge sèche et l’envie de frais. Je me pose à l’extérieur pour faire le point. J’accuse quelque peu la fatigue. Bien qu’il soit assez tôt, je repère une église à la sortie de cette bourgade. Sinon, il y a un shelter à 23 kms d’ici mais cela me parait bien loin. Entre les deux, il y a le lac de Summeln où je devrais pouvoir me poser.

Pour l’église, c’est râpé. Il y a des maisons à côté et aucun endroit isolé pour me poser. Tant pis, je file. Je délaisse la route jaune pour repartir sur la piste aux étoiles. Et là, c’est du brutal. J’enchaîne des raidards à plus de 15%. Debout sur les pédales, tout à gauche à 5km/h, j’ai la roue arrière qui patine dans le gravillon. Et les raidards s’enchaînent les uns après les autres. Dur-dur. Je finis par descendre de ce sacré tape-culs pour arriver au lac. Las ! Tous les accès mènent à une maison habitée. Finalement, je poursuis jusqu’au shelter repéré. Et j’ai bien fait.

L’endroit est superbe. Il est au pied du lac. D’ailleurs, je suis tellement poussiéreux que je me fous à loilpé et vais piquer une tête depuis le ponton. Elle est un peu fraiche mais ça fait un bien fou. Je peux enfin me poser, rédiger ces lignes devant le lac et casser la croûte sous un ciel bleu immaculé.

Quelle journée de ouf ! Je m’attendais à du corsé. Je n’ai pas été déçu du voyage avec presque 1.000 mètres de dénivelé positif en 90 bornes en ne croisant que quelques véhicules. Et une trace un peu scabreuse mais je n’ai fait que suivre le Chemin de l’Union. Mais quelle chance et quel pied !!!
Résumé :
91kms, 6h08, 14,8km/h, 950D+ 1.000D-, beau temps, squat
