J22 – vendredi 19/6 – Goulien(29) / Lanvoy(29)

Nuit calme protégée par mes boules Quiès du boucan de voisins allemands surfeurs bien éméchés. Nouveau pliage d’affaires et je plie mes gaules à 9h00 pour continuer le tour de la presqu’île. Cela fait maintenant 3 semaines déjà que nous partions avec l’ami Vincent. Que le temps passe vite avec ces journées bien remplies et rythmées par mes tours de pédale. Je ne me lasse pas et éprouve toujours autant de plaisir à voyager dans le paysage et rencontrer des personnes pour échanger un peu.

Je me souviens des Berbères nomades, lors d’un trek au Maroc, qui se disaient « hommes de la lumière », la peau tannée par le soleil, le cuir endurci par les vents et les nuits passées sous le ciel étoilé au contraire des Arabes sédentaires qu’ils nommaient « hommes de l’ombre » qui demeuraient sous leur toit. J’ai l’impression de devenir un homme de la lumière …

Je reprends mon périple en empruntant le GR34 plutôt que de faire un détour mais pas toujours évident de franchir les obstacles.

J’arrive à la pointe de Pen-Hir sous un ciel à nouveau menaçant. Le paysage est impressionnant avec ces blocs de granit concassés par les marées et les tempêtes.

Je découvre aussi la borne des 1000kms du GR34. Je dois dire que d’emprunter ce GR me tenterait bien un de ces 4. Contrairement à notre GR10 pyrénéen que je trouve particulièrement pénible par endroit, celui-ci ne fait que longer la côte. Quant au GR20 particulièrement corsé je dois dire, je n’en ai parcouru que la partie nord.

Je redescends ensuite voir les filles (et les atours) de Camaret/Mer toujours aussi charmantes.

Le temps de me balader sur le port, d’y admirer la tour Vauban et la petite chapelle, d’acheter mon gâteau breton quotidien …

… et de me poser dans un café (où je suis abordé par 2 retraités dont le fils de l’un, je vous le donne en mille, est airbusien et habite … Tournefeuille !) qu’un violent orage éclate. J’en profite pour rédiger ces lignes dans le confort d’un bar sympa et de publier les derniers articles.

Ça se calme. Je reprends la route et quitte ce beau port de Camaret en direction de la pointe des Espagnols beg ar spagnoled » j’adore) à travers landes de bruyères, pins et buis odorants. Cette pointe se nomme ainsi car en 1594 les Espagnols au nombre de 400 soldats vinrent prêter main forte aux soldats catholiques contre les 5.000 soldats anglais (encore eux) et français protestants. Ils tinrent le siège un mois avant d’être massacrés.

Et sans la gêne des voitures ou camping-cars. Personne si ce n’est quelques randonneurs. D’ailleurs, une fois arrivée à la pointe, je tombe sur un couple de vacanciers de la Manche qui habite à Blainville/mer au-dessus de Granville. Nous discutons un moment et, avant de partir, nous échangeons nos téléphones. Comme je passerai là-bas un de ces 4, ce sera peut-être l’occasion de boire une bonne bière. Je découvre également la vue sur la rade de Brest juste en face. Et pourtant il faudra que je fasse tout le tour de la baie avant d’y arriver !

Je m’arrête dans le charmant village de Roscanvel où je trouve une épicerie ouverte. J’y achète mon pique-nique (dont un kouign-amann délicieux) que je déguste à l’ombre de chênes centenaires.

Il est 14h00 déjà et il me faut reprendre la route afin de sortir de la presqu’île avant ce soir en espérant que la météo ne se dégrade pas à nouveau. Je continue à suivre la côte en évitant toutefois l’île longue qui est une base militaire. Puis je passe également devant la base d’aéronautique navale de Lanvéoc. Plutôt que de prendre l’axe principal D791, je continue à longer la côte en traversant par des routes désertées les bois de Poulain, du Loc’h, de Landévennec et du Folgoat. La route est relativement plate avec vent dans le dos. J’envoie du lourd … Quel bonheur de traverser ces forêts aux odeurs d’humus sans personne. J’arrive à la chapelle du Folgoat perdue au milieu de nulle part et construite en mémoire d’un ermite qui vivait à cet endroit en l’an 1350 et dont un miracle se produisit après sa mort.

Malheureusement le chemin côtier qui longe L’Aulne n’est pas praticable à vélo. Il me faut remonter sur la D791. Après le bonheur, le calvaire ! Je n’ai pas d’autres choix que de longer cette route hyper fréquentée pour traverser le pont de Térénez, un pont de Millau miniature, puis continuer vers Le Faou.

Et là je me tape les 14 kms les plus pénibles depuis mon départ avec juste une misérable portion cyclable plus la traversée du pont. Autant dire que j’ai serré les fesses, appuyer fort sur les pédales et prier qu’un abruti en BMW ne fasse pas le con (désolé Jean-Philippe mais j’ai constaté une propension de cons à conduire cette marque).

Et dire qu’à l’approche de la base militaire, il y avait des hélicoptères qui s’amusaient à faire des ronds dans le ciel. Ne pourrait-on pas employer tout ce « fric de dingue » affecté au budget militaire pour les dépenses de santé, d’éducation, d’environnement (et notamment aux aménagements cyclables dans les zones rurales comme ici où il y a largement la place de créer des voies sécurisées; quel retard incroyable nous avons sur nos voisins allemands, suisses, autrichiens, néerlandais, …) ? Tout cela pour notre Défense Nationale et faire la guerre … mais à qui ? Les guerres sont d’un autre genre dorénavant. D’ailleurs nous venons d’en mener une, dixit notre Président-Roi, contre un virus. Sans parler des guerres informatiques avec des virus d’un autre genre, des guerres économiques que se livrent les grandes nations, bientôt des guerres environnementales quand il faudra faire face à l’afflux de populations chassées de chez elle à cause du dérèglement climatique, etc, etc … J’arrête. Tout cela me déprime trop.

Je finis par arriver enfin à Le Faou, petite cité de caractère. D’ailleurs, c’est moi qui commençait à le devenir Faou (« berdingue » comme disait ma grand-mère) ! Je me balade dans la belle ruelle aux vieilles maisons. Dommage qu’il y ait tant de bagnoles partout, ça gâche le charme. Je sais, c’est une obsession. Mais quand vous passez une partie de la journée sans un bruit si ce n’est celui des oiseaux, le vacarme des bagnoles devient vraiment agressif.

J’y fais quelques emplettes chez la charmante Mamounette.

Puis reprends la route non sans avoir trouver de l’eau pour le bivouac de ce soir. Et là, parfois, il faut improviser quand aucun robinet, ni aucun cimetière n’est en vue. Je trouve mon bonheur … à l’abattoir municipal.

Il est 18h. Le ciel est toujours bas. D’ailleurs, je n’ai pas mis ma casquette de la journée, signe qu’il n’a pas plu, ni fait chaud. Temps idéal pour tailler la route. De gros nuages commencent à arriver et je n’ai pas envie de me faire surprendre par un orage. Donc il faut ouvrir les yeux et essayer de trouver un abri ou un endroit relativement abrité. Bingo ! Je repère en bas de la route une cabane à côté d’un parc à jeux pour enfants le long de la rivière du Faou. Je descends. Parfait. Je ne planterai pas la tente ce soir et dormirai sur le banc (souvenir de mon périple à Budapest l’an dernier où j’avais trouvé un abri du même type en pleine forêt alors que l’orange menaçait) avec un nid d’hirondelles au-dessus de ma tête pour me rappeler mes ami.es d’Ecosol.

Résumé : 85kms, 5h00, 17.0km/h, bivouac

4 commentaires sur « J22 – vendredi 19/6 – Goulien(29) / Lanvoy(29) »

  1. Salut Gaël,
    Début du Love Tour le 4 à côté de Saint Malo, on risque de se croiser vu qu’on démarrera par un tour de Bretagne.
    Bonne route.
    Vincent

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