J26 – mardi 23/6 – Roscoff(29) / Plestin-les-Grèves(22)

Grasse mat’ ce matin. J’émerge vers 8h. Le ciel est bleu. La mer est belle. Le vent est calme. La journée s’annonce bien. J’étends la tente et la bâche vélo au soleil et je descends déjeuner dans mon salon privé avec vue sur mer. Dame Nature m’a même façonné un fauteuil en granit sur mesure !

Je prends mon temps, plie les gaules et part me balader dans Roscoff où je croise quelques cyclo-touristes et des croisièristes en attente de leur bateau.

Je sors de la ville et tombe sur des panneaux vélos : la Vélodyssée (EuroVélo1), le Tour de Manche (EV4) et la Véloroute de Bretagne n°7. Finalement je suivrai le Tour de Manche que je ne connaissais pas et qui emprunte mon trajet en partant de Roscoff puis tout le nord Bretagne, le Cotentin, traversée de la Manche à Cherbourg, le sud de l’Angleterre et retraversée pour revenir sur Roscoff. Ça me va bien.

Je suis donc ces panneaux, rencontre un couple de cyclos doublés hier et plus matinaux que moi (ils sont à VAE et font le tour du Finistère), les accompagne en discutant jusqu’à la petite cité de caractère de St-Pol-de-Léon où je les abandonne devant le marché hebdomadaire. Trop de monde, trop de bruits, je file.

Je file à travers les champs d’artichaut (ben oui, on est en Bretagne !). Par contre, il faudra à Guillaume le boss ou à Carmina la Linda de quelle variété il s’agit ?

Je tombe aussi sur des champs d’oignons qui, d’après ce que m’a dit un autochtone, alimentent les anglais qui en sont friands.

Par contre, le tracé me fait contourner la rivière La Penzé et descendre justement jusqu’à Penzé, village à vendre du fait de la construction du pont routier en amont, avant de rejoindre Morlaix. Sacré détour avec beaucoup de dénivelé pour éviter d’emprunter cet axe routier très emprunté qui rejoint la 4 voies N12.

Je finis par arriver enfin à Morlaix. Auparavant je me suis arrêté chez Décathlon, dans les superbes zones commerçantes à l’entrée de chaque ville, afin d’y acheter des patins V-brake pour changer ceux de l’avant ainsi que des barres énergétiques pour remplacer mon régime de gâteaux bretons. Je me balade dans la vieille ville de Morlaix, encaissée et dominée par un gigantesque pont de chemin de fer.

Il commence à faire faim. J’achète mon pain et mon gâteau (un far nature cette fois-ci) quotidiens et je sors de la ville pour retrouver mon itinéraire Tour de Manche. Je finis par m’arrêter à l’embouchure de la rivière afin de déjeuner tranquillou.

Mais je suis abordé par un couple de retraités de Majorque dont le mari est cycliste (13.000 kms / an) qui me questionnent sur mon équipement, ma nourriture et sur ma motivation à voyager et rouler seul.

Digression. Ce plaisir de voyager vient de mon adolescence. A l’époque, mon oncle et parrain Dédé (le 3é de la fratrie Dugast) avec sa femme Claudie, partie beaucoup trop jeune (et oui, fumer tue !), avait ce goût de voyager en itinérant. Alors que j’avais 15 ans, ils nous avaient emmené, mon grand frangin et moi, en Grèce en Simca1100 alors que mes parents gardaient leur bébé Guilhem. L’année suivante nous étions montés au Cap Nord en Diane. Il fallait un sacré sens de l’organisation pour partir à 4, même si nous n’étions pas bien gros tous les 4, dans de tels véhicules surtout en campant. Ces voyages, où Dédé m’appris à lire les cartes, à tenir un journal de bord et à se débrouiller pour demander des renseignements aux autochtones, m’ont donné ce goût de partir loin des sentiers battus à la découverte de nouvelles contrées et de ses habitants. Maintenant, c’est à vélo. Mais l’esprit est resté. Merci à vous Dédé et Claudie pour ces beaux souvenirs … Fin de la digression.

J’en profite pour envoyer un message à Carmina qui m’annonce que c’est la fête pour le départ à la retraite d’Erik, le responsable de l’Arche en Pays Toulousain. Bon vent Erik et merci pour ton accueil …

Après cette discussion et ce déjeuner, je repars. Et là, ça se complique. La route magnifique qui longe la côte en passant par Plouézoc’h, Saint-Samson (Thierry le stentor … un saint ? Faut p’têt pas exagérer …), Primel-Trigastel (je suis preneur du déniv’ de la rue de La Chapelle !), Plougasnou, Locquirec ne fait que zigzaguer pour éviter certaines criques inaccessibles et surtout monter et descendre (59km/h record battu). Mais le spectacle en vaut la peine …

Par contre, impossible de trouver un bar ouvert. J’ai une sacré envie de boire un cidre bien frais accompagné d’une barre à la datte et de me poser un peu au frais. Finalement je trouve mon bonheur à la pointe de Locquirec. La plage est bondée, la terrasse aussi. Je reste à l’intérieur au frais. Je me rends compte que je supporte de moins en moins la foule et le bruit.

Je repars et croise sur le GR34, que j’emprunte pour retrouver mon itinéraire, une petite dame toute fluette qui marche à un bon rythme. Je m’arrête pour la laisser passer mais elle engage la conversation. C’est une ancienne marathonienne (je l’avais deviné) qui a dû arrêter de courir à cause de l’arthrose … Tiens, tiens … On devise un petit moment.

Je dois repartir car il me faut trouver un hébergement pour ce soir. Elle m’avait indiqué un grand camping le long de la plage. Je vais voir mais c’est truffé de camping-cars. J’hésite à squatter un bungalow à l’écart mais c’est risqué.

Je repars et repaire un endroit superbe : le manoir de l’île blanche. Je jette un œil et demande à une femme, dont le fils habite Léguevin, quel est cet endroit. Il s’agit d’un hospice pour soeurs à la retraite. J’hésite à m’installer mais je risque de me faire violer.

Je repars et m’engage dans un chemin qui mène à une petite plage. Je trouve un endroit sympa avec vue sur la mer mais une famille arrive pour pique-niquer.

Je repars et m’engage sur un nouveau chemin qui débouche dans un champ de maïs. Ce n’est pas très glamour. Je fais le tour du champ pour essayer de trouver un endroit plus sympa tout en discutant avec Julie, une des suédoises, qui me rappelait pour savoir où j’en étais. Mais je ne suis pas attiré (pas par Julie mais par l’endroit).

Je repars, commençant à trouver le temps long, e je m’engage dans un nouveau chemin (c’est un gag à répétition) et, tout au bout, se trouve une grande maison abandonnée. Basta. Je plante ma tente sur la terrasse, me lave sommairement, dîne et rideau pour aujourd’hui.

Résumé : 90kms, 5h30, 15.9km/h, bivouac

2 commentaires sur « J26 – mardi 23/6 – Roscoff(29) / Plestin-les-Grèves(22) »

  1. Très belles photos Gaêl, ça donne envie de pédaler avec toi. Le long de la côte de Trigastel est magnifique. Lorsque le travail m’amenait à Lannion je prenais un hôtel à Tregastel et le matin après un petit footing le long de la mer je partais sur Lannion. PPDA à une maison sur cette côte de granit rose.
    Bon Gaêl
    Amicalement

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