J54 – mardi 21/7 – Sieverbüll(DE)/Dagebüll(DE)

La soirée a été fort animée. Entre les hirondelles (pensées pour Pascal et tous les Ecosolien.nes) qui nichent sous le toit du bâtiment et leurs petits qui piaillent, les oies sauvages qui se sont posées sur l’étang au coucher du soleil en faisant un boucan d’enfer et les mouettes et consœurs (dont une espèce à bec rouge qui a un cri strident), le concert a été sympa. Que dire de ce matin, lorsque le soleil s’est levé à 4h30, et que les oies ont décollées … Cela m’a d’ailleurs réveillé et j’ai pu assister à ce magnifique lever de soleil en allant faire ma pissouille. Merci les filles !

A 6h30 je me réveille et plie le campement avant de me poser pour déjeuner. Il fait doux, le ciel est bleu, le soleil présent. La journée, qui devrait être ma dernière en Allemagne, s’annonce belle. Je sors ma popote lorsque je vois des gouttes d’eau sur l’étang. « Tiens bizarre » me dis-je. Je regarde à l’ouest côté digue. Le ciel est noir. Le vent s’est levé. Je range vite fait le p’tit déj’, boucle les sacoches, enfile ma tenue de marin-pêcheur … et il se met à tomber des cordes !

Comme hier, il doit y avoir un programmateur qui arrose les champs et les pâturages tous les matins ! Je prends la digue maculée de crottes de moutons qui deviennent glissantes avec cette pluie battante. Waouh … Cela dure 45’. De plus, je dois m’arrêter tous les 500m pour franchir les portails qui délimitent les parcelles. A un moment, je fais la course avec des lapins-lièvres, je ne sais trop, aux grandes oreilles dont la pointe est noire ainsi que la queue. Lorsqu’ils courent, les oreilles se rabattent. Puis, de temps en temps, ils ralentissent, les oreilles se lèvent, et hop, c’est reparti. J’adore. Je finis par trouver un abri-bus scolaire pour me poser enfin et déjeuner à l’abri.

Je me dirige vers Husum où je pense trouver une café. C’est bizarre. Je monte au nord et j’ai l’impression d’être en Turquie avec ces noms de ville à consonance turque : Büsum, Husum. Il faut dire que la diaspora turque est très présente en Allemagne. Ceci explique peut-être cela. Sur la route, je croise toujours de belles chaumières où il doit s’y passer des choses bien cochonnes.

Je finis par arriver dans cette ville portuaire et me pose dans une boulangerie-pâtisserie-café sur la place juste avant que les gros nuages n’arrivent et qu’un nouvel orage n’éclate.

Je sors de la ville et retombe sur ces fauteuils de plage pour se protéger du vent. Par contre, il n’y a pas foule ce matin.

Il faut dire aussi que le vent du nord se met à forcir. Je suis bon pour me le coltiner à côté toute la journée. Ça souffle tellement fort qu’ils arrivent même à faire sécher leur jean sur des mats. Ok, c’est exagéré mais si peu …

Vers midi, je traverse un petit village et trouve une poissonnerie-bistrot dans le même style qu’hier. Je commande un « black-fisch (du lieu ?) mit kartoffen und salat ». C’est bon, copieux et pas cher (6,90$ l’assiette). Par contre, je sors mon pain de ma sacoche pour accompagner ce plat. En tant que petit-fils de boulanger, j’ai beaucoup de mal à manger sans pain. J’achète aussi une boite de soupe au crabe que je dégusterais ce soir. Apparemment, c’est la région de production du Krabben entre autres.

Après cet écart dans la campagne, je récupère la digue et ces fameuses barrières qu’il faut sans arrêt franchir. En plus du vent, cela devient difficile de progresser …

Mais, comme j’essaie de rester cool malgré cette fatigue physique et mentale qui s’installe à force d’avancer péniblement, je profite de ces moments de sérénité que m’offre Dame Nature. Un peu de douceur dans ce monde de brutes …

Je profite aussi du spectacle des îles au large de cette mer de Wadden et de ces marais où se côtoient canards, moutons, mouettes …

Par contre, je ne croise plus de cyclo-touristes et n’ai toujours pas retrouvé l’EV12. C’est étonnant parce que le tracé devrait passer par là. Il faudra que je vérifie lorsque j’aurais de la WiFi. J’arrive péniblement à Dagebüll en progressant à 14 ou 15km/h alors qu’un wagonnet me passe sous le nez à toute allure. Il arrive de la minuscule île d’Oland au large. « C’est trop inzuste » dirait Caliméro.

J’arrive dans cette station balnéaire où j’ai repéré quelques pensions sur Maps.me et me dirige vers la première. J’ai envie de me poser, me raser, prendre une bonne douche, m’essuyer avec un drap de bain, laver mon linge, nettoyer mon pôvre vélo qui est dans un état lamentable, dormir dans un bon lit douillet et éventuellement me faire couper les cheveux. Voilà le programme !

Malheureusement, la proprio de la pension où je vais, me dit qu’en cette saison tout est complet et que, toute façon, ils ne prennent que pour 4 ou 5 nuitées. Elle m’indique un hôtel 3* mais, vu les tarifs, ce n’est même pas la peine. Finalement je me dirige vers l’Office de Tourisme local et leur demande conseil. Le jeune très sympa de l’accueil me dégote une chambre à 8kms d’ici mais au sud. Je réserve et me voilà reparti en sens inverse mais, cette fois-ci, vent dans le dos et ça envoie du steak. En 15’ je suis arrivé dans cette maison en pleine campagne chez une petite dame charmante mais qui ne parle qu’allemand. Dommage …

Elle me montre ma chambre avec salle de bain et toilette. C’est le grand luxe après mes nombreuses nuits en bivouac. Quel pied et pour seulement 30$ avec le p’tit déj’. D’ailleurs, même en faisant mes courses, je suis surpris des prix si bas. Je m’attendais à ce que cela soit plus cher qu’en France mais c’est l’inverse.

Je lui fais comprendre que j’aimerais laver mon linge et elle s’en occupe fort gentiment. J’en profite aussi pour nettoyer mon destrier. Pour la coupe de cheveux, je n’ose pas trop lui demander … cela attendra. Et pour la Wifi, après avoir récupéré le mot de passe de la box, je me fais jeter par l’opérateur. J’aurais bien aimé passer quelques coups de fils perso. Tant pis. Cela attendra demain …

Comme j’ai du temps devant moi, je vais en profiter pour faire l’inventaire de ma sacoche arrière droit : « Mon dressing ».

Dans un sac à compression, voici la liste de mes vêtements de ville et de sport :

  • Un pantalon de rando léger Décathlon qui se dézippe et peut faire short
  • Un collant de course à pied pour mettre en dessous en cas de froid
  • Un tee-shirt manche court et un manche longue
  • Une chemisette si j’ai à sortir dans le grand monde
  • Un polo en Mérinos et une veste polaire en cas de froid
  • Une paire de gants chauds en cas de froid
  • Un slip et trois paires de chaussette noire (moins salissante)
  • Deux cuissards et deux maillots du Stade Toulousain Cyclisme
  • Une paire de manchons blancs pour me protéger du soleil, du froid, de la pluie et des frottements en position triathlète que je porte tout le temps
  • Une veste de cyclisme d’hiver en cas de froid (pas encore portée)

Dans un sac en plastique facilement atteignable, voici la liste de mes affaires de marin-pêcheur :

  • Une paire de jambière aussi contre le froid
  • Une casquette à visière pour me protéger aussi du soleil
  • Une veste jaune Décathlon
  • Un pantalon de pluie Décathlon couvrant jambes et chaussures
  • Une protection pluie orange pour ma sacoche avant
  • Un coupe-vent du STC que je porte fréquemment vu le zef !
  • Un blouson Uniqlo compressible (que j’enfile aussitôt arriver au bivouac)
  • Un bandana contre le froid

Je dîne dans ma chambre et me couche de bonne heure avec mon ami Flaubert dont je ne vais pas tarder à en voir le bout (du livre bien sûr). Demain, je serai frais et dispo pour arriver au Danemark distant d’une trentaine de kilomètres. Cependant, si le vent continue à souffler de la sorte, je pense que je vais monter jusqu’à Esbjerg puis je verrai ensuite si je file au nord à Hirtshals par l’intérieur pour prendre un ferry et passer direct en Norvège ou si je traverse à l’est pour aller à Grenaa puis ferry pour aller à Halmstad en Suède.

Résumé : 90kms, 5h40, 16.0km/h, pension

2 commentaires sur « J54 – mardi 21/7 – Sieverbüll(DE)/Dagebüll(DE) »

  1. Super blog, Gael, nous n’avions pas encore pris le temps de te lire, mais ça vaut le coup. Merci pour tes photos, qui nous font voyager de notre bureau…
    Continue-bien, bon courage avec le vent, à bientôt
    Biz de Virginie et moi

    Aimé par 1 personne

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