J55 – mercredi 22/7 -Dagebüll(DE)/Ribe(DK)

Quelle douce nuit dans ce grand lit !!! Bien que réveillé dès l’aube, j’attends d’entendre du bruit pour émerger vers 7h. Dehors, le programmateur fonctionne et la pluie tombe. Je descends pour le p’tit déj’ et, là, c’est waouh !!! J’engloutis tout (charcuterie, œuf, fromage, pains, miel, confitures). La dame de la pension n’en revient pas. Comme dirait Titouan que je viens d’avoir vite fait alors qu’il attaquait sa séance dans sa salle de sport à 6h du mat’ (comme on dit, un chien fait pas chats !) : « Tu as gagné l’épreuve de confort de Koh-Lanta ! ». C’est un peu cela oui. Il faut dire qu’avec le vent que je prends dans la gueule depuis 3 jours, je méritais bien cet arrêt au stand régénérateur.

A 8h30, je reprends la route frais comme un gardon, repu comme un ???, le vélo tout propre (ça ne va pas durer longtemps hélas). C’est d’un calme olympique en ce mercredi matin. Je ne croise personne, à part un joggeur matinal, lorsque je reviens dans le centre de Dagebüll avant d’attaquer à nouveau la digue. C’est l’étale. Le vent ne s’est pas encore levé. J’en profite pour enquiller les kilomètres dans ce décor ô combien sauvage et paisible.

A Galmsbüllkoog, il n’y a pas foule non plus.

En milieu de matinée, je tombe devant une voie ferrée qui relie le continent à l’île de Sylt. Il y a quelques photographes qui, comme les vaches, regardent passer les trains. Je fais la vache et attends le prochain train pour le prendre aussi en photo. Il n’y aucune route et que ce moyen de locomotion pour atteindre l’île.

Par contre, les barrières sont fermées à clé et il m’est impossible de passer. Je dois donc retourner à Klanxbüll afin de faire le tour de la réserve naturelle de Rickelsbüller qui délimite la frontière avant de basculer au Danemark. Je m’arrête dans la boulangerie-café à côté de la gare, où je m’abstiens quand même de manger une pâtisserie, avant de repartir. Après 50kms parcourus depuis ma pension, il est 12h30 quand j’arrive enfin à cette frontière.

Cependant, la piste cyclable et la route qui permettent d’entrer au Danemark sont fermées à cause j’imagine du Coronavirus. Il y a juste une brèche sur le côté dans laquelle je m’engage. Aucun contrôle. Aucun travaux. Bizarre. A une centaine de mètres du côté danois, un couple de cyclistes danois me demandent s’ils peuvent passer. J’acquiesce et ils me remercient avec un grand sourire. Un peu plus loin, je croise un paysan sur son tracteur qui me fait un grand bonjour. Sympa l’accueil danois ! J’arrive au premier village Hojer (je vous fais grâce du « o » barré) dans lequel j’aimerais me restaurer. Malgré mon copieux petit déjeuner, j’ai quand même les crocs. A part un superbe moulin, je ne trouve rien.

Aucun commerce. Aucun restau. Après avoir suivi un « Restau » sur mon GPS, je me retrouve devant la cafétéria du stade municipal qui est bien sûr fermée. Je m’installe sur une table et m’enfile un bol de céréales et un sandwich fromage. Cela devrait suffire jusqu’à ce soir.

En sortant de ce village, je tombe sur un fléchage « North Cycle Route ». Cela tombe bien , c’est là que je vais. Par contre, je me retrouve sur une mauvaise piste de gravier où ça ne rend pas du tout. J’ai l’impression de me retrouver sur Paris-Roubaix. D’ailleurs, je vais me taper 3 secteurs de ce type et autant dire que ça tape et que ça n’avance pas. Par contre, sur le 2nd tronçon, je croise un tracteur qui déboule dans la poussière … et qui s’arrête pour me laisser passer. Incroyable !

Je tombe aussi à nouveau sur de vieilles chaumières dont celle-ci datant de 1847.

Et puis, miracle, un peu plus loin à un croisement, je retombe sur les panneaux EV12. Je n’y croyais plus. Je pense que les allemands n’ont pas payé leur cotisation et que les panneaux ont été enlevés. Il me faut suivre la Nordsoruten (voie nationale n°1) qui devrait me conduire jusqu’à Skagen 570kms au nord.

Les villages ont changé de physionomie ainsi que les églises. Cela change et j’aime bien. Je commençais à m’habituer à la rigueur allemande.

Après avoir circulé un moment le long de la route principale (et là, je commençais à m’inquiéter par rapport au tracé de l’EV12), je retrouve la digue de la mer de Warren et ces paysages toujours aussi sauvage.

Cependant, les moutons sont beaucoup moins nombreux. Et le système de fermeture des enclos a changé. Dorénavant, il faut franchir des passages à la canadienne (sur des rouleaux espacés). C’est plus pratique que d’avoir à ouvrir ces satanés portillons. A ce sujet, vous remarquerez que je n’ai plus le fanion de l’Arche derrière le vélo. À force de taper sur la barre à laquelle il était accroché, les portillons ont eu raison de sa résistance. T’inquiète Stéphane, j’ai toujours le fanion que j’ai plié et que je ramènerai à Blagnac. Par contre, ces passages tapent le cul et il ne faut pas se planter lors du franchissement.

J’aimerais arriver à Ribe pour pouvoir retirer de l’argent en Couronnes danoises. Et oui, j’avais zappé que nos amis danois ne font pas partie de la zone Euro. Et vu le taux de change qu’ils pratiquent dans les magasins, il vaut mieux avoir de la monnaie locale avec soi.

Avant cela, je suis rattrapé sur la piste cyclable par un couple de danois en road-trip également qui revienne d’Allemagne. Ils sont sur des vélos électriques et avancent bon train. J’arrive quand même à prendre la roue vu que le vent s’est de nouveau invité depuis la fin de matinée. Je pense d’ailleurs que le ventilateur se met automatiquement en route à 11h. J’arrive à discuter avec madame qui pédale sévère pour suivre le rythme imposé par son bonhomme. Comme le vent arrive de trois-quart sur le côté gauche (nord-ouest), je me mets légèrement en retrait sur sa droite pour être bien abrité (merci à notre capitaine de route Jean-Luc pour nous enseigner tous ces trucs de coursier). Mais notre conversation n’a pas l’air de plaire à monsieur. Que c’est con parfois les bonshommes ! Au bout d’un moment alors que j’allais les prendre en photo et que nous arrivons dans un village, il met le clignotant à droite et s’arrête. Merci quand même pour ce bout de route …

J’arrive enfin à Ribe, splendide bourgade aux rues piétonnes et aux vielles devantures. Alors que je me balade vélo à la main dans ses ruelles à la recherche d’un café pour y boire ma bière bien méritée, je croise une famille parlant la langue de Molière. Diantre des français !

PS: ce ne sont pas eux sur cette photo !

Cela faisait longtemps. Je les interpelle et nous discutons un moment. J’apprends que la femme est vendéenne (décidément …) de Fontenay-le-Comte, qu’elle est tombée amoureuse du monsieur danois, le costaud Viking qui l’accompagne alors qu’elle est petite et menue, qu’ils échangent en anglais, que ses 2 garçons bruns sont en vacances avec elle, que la jeune fille blonde est évidemment la fille du Viking et qu’elle va venir s’installer avec son Viking à 30kms au nord d’ici alors que ses garçons resteront avec leur paternel. Ils me proposent d’ailleurs fort gentiment de venir planter ma pente chez eux mais cela fait un peu loin pour ce soir … Sacré histoire quand même.

Je les abandonne et vais me boire ma délicieuse bière d’une brasserie locale dans un charmant café au nom de « Vinoble ». Les bouteilles y sont d’ailleurs pas mal du tout. Je profite d’avoir du Wifi pour papoter sous Whatapps. Mais l’heure passe et il me faut faire quelques courses et trouver un bivouac. En sortant du café, vu le repas frugal de ce midi et le degré d’alcool de la bière locale, je suis légèrement pompette. Comme dirait les nonnes bénédictines : « La danoise, ça tape fort ! ». Et là, je suis plutôt faible après cette longue journée.

Je décide de trouver un camping sur place pour ne pas galérer dans la cambrousse à la recherche d’un hypothétique bivouac. Par contre, vu l’heure à laquelle je me pointe, la réception est fermée donc pas de jeton pour prendre une douche. Ce sera encore au gant de toilette au grand étonnement d’un camping-cariste. Je me prends un emplacement à côté d’une caravane inoccupée où je pourrais squatter la table. Fin de cette très longue journée.

Résumé : 115kms, 6h45, 17.2km/h, camping

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