J57 – vendredi 24/7 – Henne(DK)/Sonder Nissum(DK)

Il a plu toute la nuit. Ce matin, il bruine. Vu la météo, je déjeune tranquillement en regardant les infos danoises. J’y vois Trump qui a l’air d’avoir des problèmes avec une diplomate chinoise et d’autres infos locales auxquelles je ne comprends pas grand chose. Je sors pour regarder d’où vient le vent et comment sont les nuages : vent fort de l’ouest qui a l’air de dégager les gros nuages noirs. J’attends que ça se découvre et je reprends ma route à 8h30. Je quitte mon chalet bien douillet en laissant nickel-chrome comme promis et vais rendre la clé en remerciant encore la gérante.

J’emprunte de petits chemins sablonneux et empierrés qui ne facilitent pas mon début de parcours. D’autant plus que je remonte vers la mer et me prends le vent dans le nez. Mais c’est tellement sauvage que je profite quand même du spectacle. J’arrive dans un tunnel où j’en profite pour enfiler ma tenue de marin-pêcheur car un gros grain arrive sur moi. Le ciel est noir à l’horizon et me fonce dessus à vitesse grand V.

Mais au bout du tunnel, il y a toujours la lumière. Après avoir essuyé un bel orage, je me retrouve sur un chemin qui longe la mer du Nord et qui va emprunter une digue fermant un mer intérieure immense. Le paysage est grandiose. J’y croise à nouveau de petites maisons isolées ou en paquet au milieu des dunes.

Malgré les conditions pour le moins difficiles, je profite au maximum du spectacle offert.

Je repère un café le long de la route principale et m’y dirige. Il s’agit d’un camping mais les vieilles rombières qui le dirigent ne veulent pas me donner accès au wifi. Pas très cool. Pourtant les danois.es sont excessivement sympathiques. Toujours un sourire, un petit signe et/ou « Aïe » en passant. Tant pis, ça attendra.

Le chemin continue à serpenter à travers ce paysage en évitant la route rectiligne qui longe la mer. On voit d’ailleurs du promontoire sur lequel je suis perché, une dune immense, la mer intérieure, la route rectiligne et la piste qui serpente.

J’arrive à me faire prendre le portrait, avec vue de l’autre côté sur la mer, juste avant que je tombe le ciré et les jambières.

Et toujours ces chaumières planquées au creux des dunes à l’abri (tout relatif) du vent.

Je finis par arriver enfin à Hride Strande mais que c’est laborieux. Je me commande un méga pita-kebab dans le premier restau trouvé tellement j’ai la dalle.

Le soleil refait son apparition ainsi que le ciel bleu. Après cet arrêt buffet à l’abri du zef, il me faut reprendre la route et mon cheminement à travers les dunes. J’y croise de nombreux cyclistes dont quelques baroudeurs à vélo mais toujours dans le sens descendant, joggeurs et promeneurs. A Lyngvig se trouve un immense phare du haut duquel on aperçoit peut-être Édimbourg par temps clair. Ce doit être à peu près sur la même latitude.

Je profite de cet arrêt pour appeler mon ami Loïc qui est en randonnée dans les Pyrénées du côte de Seix dans la vallée d’Aulus-les-Bains. Je suis toujours étonné de pouvoir joindre si facilement, notamment le fiston à Montréal, alors que je suis au milieu de nulle part. Loïc m’apprend qu’il sera sans doute à Stockholm le 21 août pour le mariage d’une de ses cousines. Ce serait super de se retrouver là-bas. Je note la date et je verrai comment ça se goupille. En discutant, je me rends compte que je viens de passer la barre des 5.000 kms. Ah oui quand même !

Digression sur cette vallée d’Aulus que j’adore et où j’avais couru le « marathon des Oussaillès » (les ariégeois montreurs d’ours qui avaient émigré aux Amériques et qui ont créé des restaurants là-bas) avec un départ à Aulus et arrivée à St-Girons après avoir monté la terrible côté de St-Lizier à 3 kms de l’arrivée. Alors que nous n’étions qu’une trentaine de coureurs au départ et beaucoup plus d’équipes en relais, j’y avais accroché un podium après avoir suivi la 1ère équipe féminine du SATUC, célèbre club d’athlé toulousain. Fin de la digression.

Par contre, le revêtement est toujours compliqué sans parler du vent de N-O que je prends toujours pleine face. Par moment, je plafonne à 12 ou 13km/h (ma vitesse de running en endurance !). Je préfère ne pas trop regarder le compteur mais plutôt le paysage tellement c’est usant et démoralisant. De toute façon, je n’ai pas le choix. Donc « you close your big mouth and you go ! » me dis-je intérieurement. Et oui, je pense en anglais maintenant. J’arrive à Sondervig, grande station balnéaire, qui se trouve à la pointe nord de la mer intérieure que je longe depuis un moment. Comme tous ces stations, il y a une grande rue principale piétonne avec des magasins qui jouent à touche-touche et de nombreux badauds qui y font leur emplette. Je vais faire un tour à la plage et, vu la météo, il y a beaucoup plus de monde que ces jours derniers. Je constate que nos amis allemands y ont aussi laissé quelques souvenirs, certainement pour défendre cette côte d’une invasion britannique.

Par contre, à la sortie de cette ville, comme souvent, je perds l’itinéraire et me retrouve à longer la route principale 181 sur un chemin VTT puis, au bout de quelques kms, de devoir prendre cette route par arrêt du chemin. Avec toujours ce vent dans le pif et les quelques voitures qui me doublent, ce n’est pas très cool. Je finis par m’arrêter dans une ferme abandonnée qui est à vendre pour m’abriter du vent, faire le point sur ma carte et me restaurer.

Il y a une route qui part à droite dans quelques centaines de mètres. Je devrais alors retrouver l’itinéraire EV12 en suivant cette route. Effectivement, l’itinéraire était parti tout droit à la sortie de la station balnéaire et je n’ai pas vu le panneau. Là, changement de décor. Je me retrouve dans la campagne légèrement abrité par de hautes herbes. Cependant, le revêtement est toujours aussi pourri et je ne croise plus personne si ce n’est 2 perdrix, des hérons cendrés et un paysan juché sur son tracteur qui manque de se mettre dans le fossé pour me laisser passer et toujours avec le sourire. J’adore ces danois !

Mais, au bout de quelques kilomètres, je rebascule de l’autre côté de la route 181 pour retrouver mes dunes et mes chaumières après avoir repéré le panneau avec le « 1 » qu’il ne faut vraiment pas rater sinon c’est vadrouille dans la pampa.

Je me pose pour consulter mes cartes et voir où j’en suis par rapport à l’heure et pour trouver un café, boire ma bière-récompense ainsi que commencer à chercher un bivouac. Un homme de mon âge à vélo s’arrête et me demande si j’ai besoin d’un renseignement. Il me dit qu’il faut que je monte jusqu’à Sonder Nissum pour trouver un café et se propose de m’accompagner. Il s’appelle Kiel (?), habite Copenhague et possède une chaumière dans le coin. Il fait son « exercice » (en anglais) alors que sa femme l’attend chez lui. Nous roulons côte à côte en papotant quand, devant une chaumière, des adolescentes ont dressé un comptoir et vendent gâteaux, café et bracelets. Nous nous arrêtons et demandons si elles n’auraient pas plutôt de la bière. Elles m’apportent une Coronavirus que je bois accompagné d’un cookie maison. Trop sympas les filles !

La famille vient taper la causette et j’ai bien cru que j’allais rester dormir là ! Dommage la maison est full. Kiel m’invite et nous repartons jusqu’à un croisement où je poursuis mon itinéraire alors que lui doit rentrer. Il me donne ses coordonnées sur Copenhague au cas où. Encore une belle rencontre comme je les aime.

Je consulte à nouveau mes cartes et repère un endroit nommé « Fjand Lejrplads » à l’orée de la forêt où je devrais pouvoir planter ma tente. Je m’y dirige et le trouve mais la table a été brûlée et le point d’eau fermé. Tant pis, c’est tranquille, au soleil, j’y serai très bien pour passer la soirée. Je plante le bivouac et dine de mon dernier sachet de Tipiak accompagné de maquereaux à la sauce au poivre. Ne manque qu’un coup de vin blanc pour accompagner ce plat roboratif. Fin de cette rude journée au relativement faible kilométrage mais à la grande dépense énergétique !

Résumé : 85kms, 5h45, 14.7km/h, bivouac

2 commentaires sur « J57 – vendredi 24/7 – Henne(DK)/Sonder Nissum(DK) »

  1. Quand je pense que tu es obligé de boire de la coronavirus 😱😱😱, je ne comprends ce que tu leurs trouves du coup aux danoises??!!! 😂😂😂😂

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  2. Salut Gael,
    Je connaissais tes capacités à vélo mais j’ignorais tes talents litteraires. Bravo Gael pour ton periple et pour ton blog. Genial!
    Bon courage pour la suite!
    Bien amicalement.
    Jean-Philipppe

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