J58 – samedi 25/7 – Sonder Nissum(NK)/Stenbjerg(DK)

Réveillé de bonne heure, je me lève sous un ciel bleu cotonneux. La tente et la bâche sont trempées de rosée. Nous sommes samedi mais cela ne change en rien mes habitudes matinales. A part que, après avoir plié mes affaires, je décide de ne pas déjeuner ici. Je suis en effet attaqué par des mouches qui piquent (d’où certainement l’expression). Je retrouve la route n°1 et je m’arrête assez rapidement sur un emplacement incendie pour déjeuner peinard.

Puis ce chemin ramène sur la route principale 181 qui suit un isthme fermant à nouveau une mer intérieure. La route est déserte, le vent a tourné sud donc dans le dos, je parcours 21kms la première heure. Je fais juste une pause dans le petit port de Thorsminde pour y prendre une photo des drapeaux danois qui flottent devant pratiquement toutes les maisons.

Ce peule est très cocardier mais dans le bon sens du terme. Il n’est qu’à voir les hordes de supporters, colorés de rouge et blanc, envahir les stades de foot ou de handball lors des évènements européens ou mondiaux. Mais, malgré la ferveur, il n’y a aucune agressivité. D’ailleurs, je le constate tous les jours. Ce sont eux qui ont importé le fameux claping repris par de nombreux supporters d’autres pays. A propos de handball, j’ai eu la chance de voir jouer Mikel Hansen, meilleur joueur au monde, alors qu’il évoluait au PSG et qu’il venait jouer contre le Fénix Toulousain. Tout dans son attitude inspirait le respect contrairement à beaucoup de stars footballistiques …

Passé Fjaltring, changement radical de décor et de route. Je suis l’itinéraire qui dirige vers la mer. Et là, cela devient magique tant au niveau du paysage, que de la lumière. C’est ce genre d’endroit qui me « remplit », comme écrit une de mes baroudeuses préférées, et qui fait que j’ai toujours plaisir à me lever et à avoir soif de découvrir de nouveaux horizons et de rencontres de nouvelles et belles personnes. Je suis un chemin carrossable au bord de la falaise et j’en prends plein les mirettes.

Église perchée en haut de la falaise …

Phare isolé au milieu de cette immensité …

Falaise impressionnante dominant cette mer du Nord couleur ardoise …

Chemin menant droit en Ecosse juste en face de ce paysage grandiose …

Spectacle incroyable auquel on ne peut accéder qu’à pied ou à vélo. Par contre, après ces falaises, je redescends au niveau de la mer et longe l’immense lac de « Ferring so » par une piste sablonneuse où je dois descendre à plusieurs reprises du vélo pour le pousser. Je mouille le maillot du Stade ! Un couple de jeunes qui m’ouvre la route s’amuse de me voir et de m’entendre rouspéter en riant à chaque fois que je manque de me casser la binette.

Je m’arrête à nouveau me faire chauffer un café le long d’un grand lac intérieur et surtout m’apercevoir que le vent du sud ramène de gros nuages noirs. Et là, je ré-écris une scène de « La pluie aux trousses ». Dans l’autre film « La mort aux trousses », la mort nous accompagne depuis notre conception et attend patiemment son heure pour nous rattraper … le plus tard possible et en bonne santé si possible ! Et elle finit toujours par gagner quoiqu’on fasse.

J’arrive enfin à Harboore sur des routes plus praticables et je trouve mon café pour ma pause matinale … dans un grand centre sportif (salle de badminton, muscu, gym, foot en salle, …). Je profite aussi de cette pause pour arriver à enfin joindre ma copine Jessy avec qui je papote un long moment. A cette occasion, je passe le bonjour à Eric et à Nico, mes potes de confinement et du marché du samedi matin entre autres … Je déjeune d’un poulet-frites dans ce centre sportif avant d’aller faire les courses du samedi. En effet, je n’ai absolument plus rien à becqueter dans les sacoches (ce qui explique aussi pourquoi j’ai volé ce matin). Puis je repars vers de nouvelles découvertes en début d’après-midi après cette longue pause mais rien ni personne ne m’attend.

Là, le combat est compliqué mais je finis par perdre aussi. A 15h tapante à l’église de Thyboron, la pluie fait son retour. J’ai le temps de renfiler ma tenue et de filer vers le ferry avant que l’orage n’éclate. Ce ferry permet de rejoindre la côte en face plutôt que de contourner cette nouvelle grande mer intérieure. Lorsque j’arrive, de nombreux cyclistes et piétons attendent à l’abri de 2 hangars. Je trouve place dans l’un deux et un danois-randonneur me dit qu’un des pontons est « broken » (en panne) depuis 3 heures déjà et que la compagnie ne sait pas s’ils pourront réparer. La tuile ! Il y a 80 bornes pour faire tout le tour. Il n’y a plus qu’à espérer qu’ils puissent réparer. A 15h30, le ferry arrive. C’est réparé. Ouf ! A 15h37, on embarque. Finalement, j’ai bien fait de prendre mon temps ce midi. Je n’aurais pas poireauter trop longtemps contrairement à certains.

Arrivé de l’autre côté, les voitures débarquent en premier puis les vélos se lancent à leur tour. Nous attaquons une longue piste roulante, vent toujours dans le dos mais avec la pluie sur la tronche, bordé d’un côté par la mer du Nord et de l’autre par un lac. Ça envoie du lourd. Je roule à presque 30km/h lorsque je me fais doubler par une femme en Gravel qui envoie du lourd. Je ne peux la suivre. Par contre, à un embranchement route 1-route 12, elle s’arrête pour vérifier sa route. Il est facile de confondre la route 12 avec l’Eurovélo12 qui emprunte la route 1. Vous me suivez ? Mais je me vois dans l’obligation pressante de m’arrêter pour faire une pause-pipi. Et je revois passer la miss à fond les balais …

Par contre, à un autre embranchement alors qu’il faut tourner à gauche, elle continue tout droit. J’ai beau klaxonner pour la prévenir, je ne la reverrai plus. Cependant, alors que j’enfile mon pantalon ciré vu ça tombe comme à gravelotte, je me fais doubler par un cyclo roulant bon train aussi qui me demande si « all is fine ? ».

Je reprends ma route sous le déluge en traversant une forêt de pins dans ce NationalPark Thy et finis par revenir sur ce cyclo. On s’arrête à un embranchement pour vérifier les panneaux et il me parle dans un parfait français ! Et bien ça alors … En fait, c’est un basque de San-Sebastian, Iker, 31 ans, ancien prof de français, actuellement au chômage après avoir disjoncté de son métier de serveur. ll suit la route du nord et monte également en Norvège. On fait route ensemble et décidons de nous arrêter dès qu’on trouvera un endroit au sec. Je repère un panneau avec des maisons à louer mais impossible de trouver le proprio. Après avoir frappé à l’une d’elles, une femme allemande me dit qu’il y a 2 campings pas très loin et que le 2ème loue des chalets.

On s’y rend. Les chalets sont complets mais le gérant nous propose de planter nos tentes sous des arbres. Il y a également un endroit sympa pour cuisiner et regarder la TV. On se consulte et on décide de mettre le clignotant. Après avoir monté les tentes sous la pluie, nous prenons une bonne douche bien chaude puis ma bière locale « Ekologik Thy » du soir. Nous squattons la cuisine pour partager notre repas et décidons de passer la nuit au chaud chacun sur banquette.

Résumé : 90kms, 4h40, 19.2km/h, camping

2 commentaires sur « J58 – samedi 25/7 – Sonder Nissum(NK)/Stenbjerg(DK) »

    1. Toujours aussi perspicace mon Xav’ ! Rendons au Islandais ce qui appartient aux Islandais. Cependant, le clapping est aussi appelé Vikingclap (source Wikipédia) donc aussi un tout petit peu danois 🙂

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