J64 – vendredi 31/7 – Flekkefjord(N)/Hellvik(N)

Ô miracle !!! Lors de ma pissouille nocturne, j’ai pu admirer la voûte céleste étoilée et me rendormir avec l’espoir d’une journée enfin ensoleillée. Et ce matin au réveil à l’aube, j’ouvre les yeux et découvre un magnifique ciel bleu sans nuage et le soleil qui perce à l’est. Je me rendors encore un peu avant de me sortir à loilpé de mon duvet bien chaud. Et il ne fait pas bien chaud à l’ombre de la terrasse et de la forêt. Je déjeune rapidement, plie mes affaires et, à 8h00 pétantes, quitte mon nid d’aigle pour reprendre la route.

J’emprunte la belle route nationale 44 très peu fréquentée, l’axe principal E39 attirant certainement tous les véhicules. Et je vais passer ma matinée à aller d’un fjord à l’autre en escaladant entre chaque une petite montagne. Mais quel pur bonheur de pédaler à nouveau sous le soleil dans un tel cadre.

C’est difficile d’exprimer avec des mots les sentiments ressentis lorsqu’on voyage tranquillement au rythme de ses coups de pédale en n’ayant comme fond sonore que le bruit des torrents et des ruisseaux et quelques oiseaux. Seulement interrompu par la pétarade d’une Harley bruyante et malodorante. D’ailleurs, lorsque je roule en montagne, je déteste ces hordes de motards fièrement perchés sur leurs engins chromés et, pour le plaisir de quelques uns, gênent une multitude d’habitants et la faune sauvage également. D’ailleurs, il n’est qu’à voir pendant ce long confinement comment la faune a repris ses droits alors qu’aucune pollution sonore ne venait la déranger. Mais chacun trouve son plaisir où il veut et a sa conscience pour lui.

Fjord de Lundevannet

Je décrirai simplement un sentiment de plénitude absolue, de complétude (le fait d’être « rempli » je pense ?) et de solitude assumée aussi. Cependant, ce serait mensonge et fausseté d’écrire que c’est « Easy Rider » (pour faire un parallèle avec ce fameux film et ces motards de la Road 66). Mentalement et physiquement, on tape dans le dur. Cela participe aussi au plaisir tout simple lorsqu’on se pose pour, ne serait-ce que boire un café ou une bière ou bien apprécier un plat cuisiné.

Village d’Ana-Sira dans ce fjord

Après cette digression, je reprends la route en suivant toujours l’EV12. De toute façon, je n’ai pas trop le choix des chemins.

Je traverse ensuite un autre fjord où il y a des départs de randonnée et je comprends pourquoi en grimpant en haut de ce fjord. Pratiquement en haut, j’emprunte un tunnel (qui devaient être l’ancienne route avant qu’il ne creuse un autre tunnel parallèle pour les véhicules) réservé aux piétons et cyclistes et tombe sur des hamacs tendus en travers. Il y a même un endroit pour bivouaquer et faire un feu. Quelques randonneurs sont posés là et sont tout surpris de me voir débarquer avec vélo et sacoches au milieu de leur campement improvisé.

Côté mer
Côté montagne

Je redescends ensuite à Hauge où je m’arrête dans une cafétéria pour y boire mon café à côté d’une table de retraités qui discutent fort en norvégien. Je reprends la route et, alors que je veux brancher mon iPad sur la batterie, je m’aperçois que j’ai oublié le câble et la prise en rechargeant mon iPhone suite à l’appel de mon pote Nico. Demi-jour gauche. En avant marche. Je reviens récupérer le matos sans lequel je serais bien enquiquiné. Alors que je retourne dans ce village, je m’aperçois que « Et au milieu coule une rivière » en référence au très beau film de Robert Redford.

Et en sortant de ce village, il tourne à nouveau un nouvel épisode qui s’appellera « Et au milieu coule de la tune ». Encore une Tesla !

Puis j’arrive dans le charmant village de Rekefjord classé dans « Les plus villages norvégiens » (enfin si ce classement existe …) …

… où je m’arrête pique-niquer sur un banc public pas trop mal placé. C’est quand même plus agréable de déjeuner dehors que d’être « obligé », comme hier, de trouver un endroit au sec et se faire arnaquer.

Dorénavant, je longe des fjords beaucoup moins encaissés que précédemment. Le dénivelé n’est plus le même non plus. J’arrive même à passer les bosses sur la plaque du milieu (37 dents). Le paysage y est toujours sauvage.

J’adore aussi ces petits ports encaissés. Par contre, les nuages deviennent floconneux. J’espère que la météo va se maintenir.

Et, comme ce matin, je ne rencontre personne. Sauf, au détour d’une petite route, je retrouve mes copains les moutons qui ont l’air aussi surpris que moi. Par contre, contrairement à leurs congénères danois, ceux-là ne sont pas du tout craintifs et me regardent passer sans même bouger un sabot.

Un peu plus loin, je tombe enfin nez-à-nez ou presque avec ce petit cheval nommé « Fjord Norvégien ». A l’époque où j’habitais à Lanquais, charmant village à quelques encablures de Bergerac, il y avait un couple vivant dans une propriété au-dessus de ma maison périgourdine qui élevait ces chevaux ainsi que des Bouviers-Bernois, chien qui ressemble au St-Bernard mais plus petit. Je rêvais à l’époque de les voir dans leur pays d’origine. C’est chose faite.

Après l’avoir caressé et lui avoir raconté cette histoire (c’est fou comme les animaux ont un pouvoir d’écoute supérieur à celui de bien des humains !), je poursuis mon pèlerinage. Alors que cette fort agréable petite route rejoint à nouveau la route 44, j’éprouve de drôles de sensation en descente. Au premier parking venu, je m’arrête et constate que le pneu avant est légèrement dégonflé. Crevaison lente heureusement. C’est la 1ère fois ce que cela m’arrive avec ces superbes pneus Schwalbe Marathon Plus. Il faut dire que vu les chemins empruntés …

Je me pose pour changer la chambre à air lorsque je remarque un camping-car stationné et immatriculé en France dans le 63 (Puy-de-Dôme). C’est un jeune couple de clermontois en vadrouille. Nous discutons de nos parcours respectifs puis je finis ma réparation avant de repartir jusqu’à Egersund, grosse agglomération où je ne m’arrête que pour faire quelques courses en prévision du week-end. L’heure avance et le bivouac approche. A la sortie de la ville, j’emprunte une piste en cendrée qui longe la voie ferrée avec de forts rempaillous qui me font pester. Il m’est impossible de monter en danseuse vu que la roue arrière patine et je manque me casser la binette à quelques reprises. Vivement le bout du tunnel …

Avant de m’arrêter, il me faut trouver de l’eau et j’aimerais aussi me boire une bonne bière bien fraîche après cette magnifique journée. Je fais un crochet par le village de Hellvik où je demande à des gens de l’eau et j’achète une bière au commerce du coin faute de café. Puis je reprends l’itinéraire EV12 qui me fait emprunter le parc « Den Vestlandske Hovedvei » à travers une piste. C’est splendide. Dès que je trouve un banc, je décide de stopper quand je vois une table sur ma gauche mais déjà occupée par un cyclo. Je m’arrête et lui demande en anglais si cela le dérange que je bivouaque ici. Il me répond également en anglais mais avec le même accent que le mien. C’est un mayennais de Craon qui est prof pour enfants en difficulté à Quiberon. Il se nomme Florent. C’est aussi un grand baroudeur. Il passe ses vacances scolaires à arpenter l’Europe. Lui est dans le sens descendant après avoir gravi des montagnes à 1000m d’altitude sous la flotte. Nous dînons ensemble en profitant de la vue extraordinaire de ce bivouac non moins incroyable avec vue sur la mer au loin.

Après dîner, bien installé sur ma confortable table, j’essaie de pianoter mais, comme la veille au soir, je suis envahi par une nuée de moucheron piquant. Je finirai sous la tente. Je profite alors du soleil tombant et de ses lumières puis pars faire ma balade digestive en espérant voir le coucher de soleil sur la mer.

Mais, malgré une belle balade à travers ce parc, je ne peux atteindre mon objectif. Je me rabats donc sur un lever de lune avant de réintégrer mes pénates et ma petite tente.

Résumé : 90kms, 5h50, 15.2km/h, bivouac

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