J65 – samedi 1/8 – Hellvik(N)/Stavanger(N)

Superbe nuit dans ce magnifique endroit. Je suis réveillé à l’aube par le soleil levant mais je tire un peu et me lève à 6h30. Je plie mes affaires et, au moment de déjeuner, je m’aperçois que Florent est déjà parti ! Il m’avait dit qu’il était matinal mais à ce point-là … Il faut dire aussi qu’il se tape des journées de 6 à 7h de vélo. A 8h, je quitte à regret ce superbe bivouac.

Par contre, j’attaque prudemment la journée. Lors de ma balade pédestre, j’avais repéré qu’il y avait des barrières à franchir en bas des descentes et que ça grimpait sec d’entrée de jeu. Comme les muscles sont froids et que le chemin en stabilisé est, en plus, abimé par les sabots des chevaux qui l’empruntent, je préfère me la jouer cool. Je monte donc en mode poussette de peur de me casser la binette et de me faire plumer la tête comme la gentille alouette.

Au bout de quelques kilomètres (pour le coucher de soleil hier soir, cela était un peu présomptueux !), je retrouve le bord de mer où je m’arrête dans un superbe camping pour refaire le plein d’eau et une grosse toilette matinale à l’eau chaude !

Le soleil est à nouveau présent, le ciel toujours aussi bleu et la température très agréable (pas de canicule prévue dans le coin). Par contre, le vent du sud s’est levé et ça buffle fort. Tant mieux, je l’ai dans le dos. J’arrive dans une région beaucoup plus plate et agricole. Je pense que je suis dans la zone maraîchère norvégienne. Les champs d’oignons, carottes, patates se succèdent au milieu des cultures de blé. A ce sujet, j’ai une pensée pour mes ami.es de l’Arche. C’est aujourd’hui jour de marché à Blagnac et je pense que c’est Carmina qui est sur le pont mais je ne sais pas avec qui. Apparemment ce sont les grandes vacances pour beaucoup. A bientôt les ami.es … Je vous embrasse très fort !!!

Je poursuis mon parcours en empruntant la route 44 qui est classée à cet endroit d’intérêt touristique. Comme tous les sites, il y a une signalisation particulière en marron qui permet d’aller voir des sites intéressants, en jaune ce sont les villes et villages et en blanc les campings, auberges, toilettes, …

Je fais donc un crochet pour aller admirer le phare de Brusand.

Puis un peu plus au nord, la charmante chapelle et son cimetière fleuri de Varhaug.

Lorsqu’il n’y a plus de piste cyclable le long de la route 44 ou qu’un chemin est « praticable » en dehors de cet axe, je suis l’itinéraire EV12 qui m’amène à faire de jolies rencontres. D’ailleurs, beaucoup de terres arables ont été gagnées sur des surfaces comme celles ci-dessous; les pierres servant alors de muret pour séparer les cultures.

Il me faut également faire preuve de prudence lorsqu’itinéraire emprunte de tels passages. C’est sympa mais, avec l’espacement entre les planches, légèrement casse-gueule et, vu le zef qui souffle en travers, mieux vaut ne pas se mettre à l’eau !

Par contre, il est bientôt midi et je n’ai toujours pas trouvé un café d’ouvert. Je n’ai traversé pratiquement aucun village. Il faut dire que ces villages, comme un peu partout dans ces pays scandinaves, n’ont pas le charme de nos petits villages français avec sa place principale autour de l’église et ses commerces de proximité (café, boulangerie, épicerie, …) lorsqu’ils ne sont pas hélas fermés bien sûr. Finalement, je prends une tangente pour me diriger vers Klepp, à 27kms au sud de Stavanger, où j’ai repéré un MacDo (ben oui !). Je pourrais y boire un café, recharger mes iBidules au cas où, télécharger quelques bouquins, pianoter sur ce blog, envoyer des messages et aussi passer des appels téléphoniques à mes proches. J’arrive vers 12h30 à ce MacDo et suis surpris de n’y voir presque personne. Comme quoi …

Par contre, mauvaise nouvelle, pendant que je pianote, papote et parlotte, de gros nuages noirs poussés par le vent du sud ont ramené la pluie. Zut ! Il faut que je revois mes plans pour ce soir. Plutôt que le camping, je réserve un B&B dans le centre à un prix raisonnable. Je renfile ma fameuse tenue de marin-pêcheur et me voilà à nouveau reparti sous le déluge.

Heureusement je peux emprunter un réseau cyclable de très bonne qualité. « Ça y est le voilà reparti avec ses pistes cyclables ! » allez-vous dire. Et bien oui … Bien que ce réseau ne soit pas si performant que celui des pays nordistes déjà traversés, il a au moins le mérite d’exister et d’être performant. Hormis quelques portions qui ne sont pas réalisées le long des axes routiers, il est très rare de devoir circuler, comme en France, sur des routes partagées. Pour couper au plus court et au plus rapide sans emprunter l’itinéraire EV12 qui est plus à l’ouest, je rentre mon point de départ et ma destination finale sur Maps.me Vélo et suis cet itinéraire : 27 kms de voies cyclables pratiquement jusqu’à ma résidence ! En voilà un exemple ci-dessous avec passage sous les voies rapides, signalisation avec des panneaux spécifiques de couleur marron pour indiquer les directions à suivre et le kilométrage, double-voies de circulation. Je suis bien sur une piste cyclable ! Lorsque j’arriverai à Stavanger, je suivrai une voie cyclable peinte en rouge (comme en Allemagne) pour délimiter l’espace vélo/voiture. Au Danemark, elles sont peintes en bleu. « Continuité, lisibilité, sécurité » telles sont les 3 mamelles d’un réseau cyclable performant.

Je poursuis ma route sous des trombes d’eau sachant qu’à l’arrivée, j’aurais droit à une bonne douche bien chaude et que toutes mes fringues trempées et puantes partiront bientôt à la machine. Par contre, je me fais une nouvelle frayeur lorsque ma manivelle gauche se désolidarise à nouveau du pédalier. Je profite d’un abribus pour resserrer à nouveau les 2 vis fixant la manivelleJe vais devoir régler ce problème avant de continuer mon périple. Mais, sous ce nouveau déluge, je me demande si je ne serais finalement pas mieux dans une piscine où se baigneraient de superbes naïades chevauchant des flamands roses gonflables. Chacun ses délires …

Je finis par arriver à Stavanger après cette remontée de 400 kms depuis Kristiansand et ces 5 rudes journées dont 3 sous la pluie. Je viens également de franchir la barre des 6.000 kms parcourus depuis Toulouse il y a 65 jours.

Vue sur le fjord à l’est de Stavanger.

Je profite de cette halte photo devant un chantier de construction pour laver mon vélo au jet d’eau. Puis je rejoins mon B&B où je peux vider mes sacoches et les laver avant de me prendre une bonne douche à l’eau chaude. Quel pied !

Je passe ensuite quelques appels dont un à mon ami Vincent qui m’apprend que 33 membres d’équipage de la compagnie Hurtigrunten viennent d’être testés positif au COVID-19. Diantre !!! Cela risque de changer mes plans. D’autant plus que je voulais prendre le ferry pour Bergen demain matin mais le départ est à 7h du mat’. Finalement, je passe à l’accueil pour réserver une nuit de plus. Il faut impérativement que je me pose et que j’étudie tranquillement la suite du programme. Je n’ai pas envie de me retrouver bloquer ou devoir subir 10 jours de quarantaine. Et puis pédaler dans le dur sous des trombes d’eau n’est pas non plus forcément le but recherché. « Connaître les limites de son corps, c’est ça la vraie psychologie. » disait Camus. Et je sens que j’atteins ces limites. Prudence donc …

Je contacte ensuite Iker, arrivé ici depuis 2 jours et qui a pu effectuer sa rando au fjord Preikestolen sous le soleil. Petite frayeur avant de partir vu que je n’arrive plus à remettre la main sur la clé de ma chambre. Après avoir vérifié dans toutes mes poches puis vidé mes sacoches, je la retrouve bien planquée sous mon sac d’alimentation posé au-dessus du frigo. Il y a des baffes qui se perdent … On se rejoint en ville et sommes heureux de nous retrouver. Nous trouvons un bar branché dans une rue animée aux maisons colorées pour y boire une bonne bière pour moi et une eau pétillante pour lui … chacun son truc !

Après avoir acheté mon pain quotidien et m’être vu refuser l’achat d’une cannette de bière vu que l’heure légale d’achat d’alcool était dépassée, je rentre à mon B&B pour y dîner sobrement dans l’espace cuisine. Il est 21h et il commençait à faire très faim. Je finis la soirée en charmante compagnie. Rideau pour aujourd’hui. Demain il fera jour et il pleuvra ! En attendant, je vais profiter d’un bon petit lit douillet …

Résumé : 80kms, 4h40, 17.0km/h, B&B

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