J8 – jeudi 8 avril – Comillas/Ribadesella

Bien m’en a pris de monter la tente à l’arrache sous mon abri de fortune, la nuit a été particulièrement froide. Me suis réveillé vers 5h du mat’ et j’ai dû enfiler des fringues tellement ça pelait. Je dors à loilpé dans mon duvet mais il n’est pas prévu pour des températures très basses. Comme je ne vois pas le soleil, je me lève tardivement. Je range tout mon barda et déjeune assis sur le banc de mon abri au soleil.

Vers 9h, je reprends la petite route qui serpente en front de mer. Le spectacle est toujours aussi grandiose avec la montagne enneigée à gauche, les pâturages verts devant moi et l’océan bleu sur ma droite. je me régale les yeux. La route descend jusqu’à la ville portuaire de San Vicente de la Barquera. Impression de déjà vu. Il me semble m’y être arrêté dans une auberge de pélerins après une sacré montée. Je vérifierais cela à mon retour.

Après cette ville, la route bifurque à l’intérieur des terres et suis le chemin de St-Jacques. Je m’arrête faire ma pause « cacafé » dans une halte pour pèlerins. Je discute avec la patronne qui me confirme qu’il n’y a personne : ni pèlerin, ni touriste. Par contre, je dois avouer que je suis admiratif devant les personnes qui se tapent le Camino de Santiago à pied. Il y a en effet beaucoup de routes à se farcir. Autant à vélo, ça passe vite mais à pied …

Heureusement, il y a des portions avec de vrais chemins. D’ailleurs mon GPS m’indique parfois cet itinéraire. Ça secoue un peu. Tant est si bien que j’ai encore perdu une vis d’attache de ma sacoche avant. J’avais eu le même problème l’an dernier et m’étais dépanné avec un bout de ficelle. Comme je l’ai gardé avec moi, je fais la même réparation de fortune. Toujours emporter avec soi sa bite, son couteau … et son morceau de ficelle !

J’arrive dans le superbe village perché de Colombres. De belles bâtisses font face au Pico de Europa. Un petit marché se tient sur la place centrale. J’ai déjà acheté du fromage et de la charcuterie du coin. Tant pis, je continue ma route.

En sortant du village, j’ai un coup de chaud. Je viens de me rappeler que j’aurais dû fêter l’anniversaire d’une personne qui est particulièrement chère à mon cœur. J’ai complètement zappé ! Je n’ai aucune excuse. Je suis vraiment le dernier des abrutis. La journée vient de perdre son charme. Je viens de rentrer en Asturie (« As-tu ri jaune ? »). J’envoie un message. Mais le mal est fait. Tant pis pour moi.

De plus, la route devient tristoune. D’un côté les contreforts du Pico de Europe avec l’autoroute E70, de l’autre la voie ferrée et au milieu la N-634 où roule un couillon. Je finis par arriver à Llanes, ville côtière où nous étions déjà passés et une manifestation se déroulait dans le centre piéton. Il est 14h. Je n’ai pas spécialement faim mais je dois remettre du combustible dans le moteur. J’achète une tortilla que je vais manger en front de mer. Même les nuages gris refont leur apparition. Le cadre est quand même sympa mais j’ai un peu de mal à l’apprécier.

Je repars après avoir sorti mes écouteurs pour écouter un peu de musique afin de me refiler la pêche. Je reprends le chemin puis sors de la ville et m’arrête pisser. Au fait, je n’ai pas branché Peter Gabriel. Je cherche mes écouteurs. Disparus ! O putain … Je n’ai plus qu’à retourner vite fait en sens inverse jusqu’au banc où j’ai déjeuné. Je les retrouve sur la pelouse. Décidément j’ai la tête à l’envers.

Je continue jusqu’à Ribadesella, nouvelle ville côtière où je m’arrête manger une banane en profitant du spectacle des kayakistes qui s’en donnent à cœur joie.

L’heure avance. Les nuages s’amoncellent. Le froid tombe. Je repère des campings pas très loin. J’en ai plein les bottes de cet après-midi. Évidemment le camping repéré à la sortie de la ville sur les hauteurs est fermé. Je suis dans la pampa. Je demande à des ouvriers qui terminent leur journée s’ils connaissent un camping ouvert. Ils appellent celui un peu plus loin mais il est aussi fermé. Par contre, il m’indique une auberge à côté de l’église où je viens de passer.

L’auberge est la partie droite de la maison rose.

Je remonte la côte et tombe sur une auberge du Camino (Albergue de peregrinos de San Esteban de Leces). Elle m’a l’air fermée. Je sonne quand même. La propriétaire ouvre sa fenêtre puis sa porte. Et m’invite à passer la nuit. Je suis son 1er pélerin depuis septembre ! Elle vit là depuis 3 ans avec son mari qui est cuisinier, mais sans trop de boulot, et leur fils Benjamin 6 ans. Elle me dit que l’année est compliquée. J’imagine …

Je vais enfin prendre une bonne douche bien chaude, laver mes affaires, prendre un repas à l’abri et dormir dans un lit. Le pied quoi ! D’autant plus que la vue du jardin est superbe. « Tout se fera ! ».

Résumé : 95kms, 5h45, 16,4km/h, auberge

3 commentaires sur « J8 – jeudi 8 avril – Comillas/Ribadesella »

  1. HELLO GAEL
    DE TRES BON COMPTE RENDU ET E BELLES PHOTOS NS VIVONS TON AVANTURE
    PEUX TU ME DIRE SI LE STC RECOIS TON BLOG
    MERCI
    BONNE CONTINUATON

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  2. Hello Gaël, te lire est mon petit moment d’évasion chaque jour … les récits sont toujours vivants, les photos sympas… et je sais aussi que raconter ta journée est aussi pour toi une motivation pour avancer encore et toujours le lendemain…
    La biz

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