J19 – lundi 19 avril – Caminha / Vila Châ

Pluie légère en début de soirée, je me réveille sous un ciel couvert après une bonne nuit vu que la réparation du matelas a été efficace. Par contre, avec ce nouveau changement d’heure (-1h), je ne sais plus trop quelle heure exacte il est. Je finis de me préparer et file me laver les dents quand je suis abordé par l’autre occupant de ce beau camping. Il est en caravane avec sa femme brésilienne. Il se nomme Martin et vient de Zurich. Quel cela est agréable de pouvoir conserver en vis-à-vis avec un francophone ! Nous papotons un long moment. J’apprends que Martin est un ancien VTTiste et cycliste. Il roule d’ailleurs tous les jours. Ce couple est à la recherche d’un pied à terre au soleil. Ils se baladent dans le sud pour trouver leur nid douillet. Une nouvelle fois, c’est avec regret que je repars seul. Mais les premiers kms sont plutôt sympas.

Je prends direction plein sud en suivant la côte. Le paysage a complètement changé depuis la traversée de la frontière ! C’est dorénavant une côte très plate que j’emprunte. Par contre, les premières routes pavées (de bonnes intentions j’espère) et les chemins empruntés hier, m’ont à nouveau fait perdre la vis qui maintient la partie gauche de mon porte-bagage; la même qui s’était déjà barrée l’an dernier. Pourtant, j’avais vérifié tous les serrages. Les vibrations et le pas de vis légèrement faussé ont dû provoquer la perte de cette vis. Je répare provisoirement avec des ???.

Vers 10h30, je reçois un sms de Leïla, ma collègue AtoS qui bosse avec moi à L’Arche. Elle m’envoie des photos de Cyprien et d’Alice ainsi que de Sandrine qui me saluent depuis la serre de Maniban. Cela me fait au cœur ! Bien que je n’aime pas trop me prendre en selfie, je leur en retourne un accompagné d’un grand coucou et de gros bisous.

Arrivé à Viano do Castelo, je me pose dans un café en bordure de mer pour déguster mon premier café accompagné d’un « pasteis de nata ». Je l’ai bien mérité celui-là parce que je viens de me tirer la bourre avec un gars à VTT. Je l’ai doublé sur la piste qui longe la N-13 en bordure de mer. Il n’a pas dû apprécier et m’a collé la roue pendant un bon moment. Par contre, j’aurais bien aimé qu’il me coupe aussi un peu le vent. Il devait être trop bien à l’abri de mes sacoches !

A un moment, je repère un magasin de cycles de l’autre côté de la route. Je fais demi-tour et m’arrête pour demander, en langue des signes, s’ils n’auraient pas une vis pour fixer correctement ma patte de porte-bagages. Le jeune mécano me répare cela en qq minutes et me donne une autre vis au cas où. Comme il ne veut pas que je le paie, je lui laisse un pourboire. Heureusement que j’ai réparé parce que je vais découvrir les petites routes intérieures … en pavé. Et ça secoue sec !

J’essaie de suivre la côte au plus près même si ce n’est pas toujours évident. Les paysages y sont quand plus sympa que le long de la route principale et le trafic y est nul.

En fin de matinée, j’aperçois un cycliste au loin sur une belle route toute neuve. Je reviens petit à petit sur lui. Une fois derrière lui, je remarque qu’il porte un maillot portant l’inscription de Lubbeek. Il me semble qu’il s’agit d’une ville belge. J’arrive à sa hauteur et commence à engager la conversation dans différentes langues. Évidemment c’est en français qu’on se comprend le mieux. Nous cheminons un long moment sur des petites routes qu’il connaît très bien. Il me fait découvrir l’Ecovia qui suit la côte.

En chemin, j’apprends donc qu’il s’appelle Johan, flamand, retraité banquier à Bruxelles et qu’il a décidé depuis 2 ans de passer sa retraite au Portugal. Il me propose de venir boire un verre chez lui vu que ma route ne passe pas très loin de son domicile. J’acquiesce. Lorsque j’arrive, sa femme Maria Goretti, a préparé le déjeuner qu’elle m’invite à partager avec eux. J’apprends qu’elle est d’origine rwandaise et qu’elle a pu fuir le pays au moment du génocide en 1994. Qu’elle a aussi connu 2 terribles drames. Cela me fait relativiser nos petits problèmes quotidiens. Ce moment de partage inopiné est très fort. Nous passons un long moment à échanger sur nos vies respectives. Je laisse également mes coordonnées et celle de mon fils à Montréal. En effet, son fils est parti suivre des études en Chine et espère avoir un visa étudiant pour aller au Québec ! Il est 15h et il me faut repartir. Merci à tous les deux pour cette parenthèse qui rend ce type de voyage si particulier.

Sur les conseils de Johan, je retrouve donc l’Ecovia qui me permet de découvrir l’arrière-pays et notamment une zone maraîchère très importante vers Estrella. La cébette et l’aillet y poussent à profusion. Les tomates sont déjà bien hautes. Le travail y a l’air aussi rude qu’à L’Arche !

Je suis amené à circuler sur des cheminements en bois le long des dunes notamment lorsque j’arrive dans les stations balnéaires. C’est assez impressionnant ce réseau de cheminement qui permet de préserver les dunes en y interdisant l’accès.

L’heure avance et je me retrouve dans ces stations balnéaires qui se suivent les unes après les autres. Il ne va pas être possible de trouver un bivouac dans les parages. D’un côté les dunes et la mer avec ce cheminement où les gens sa baladent à pied ou à vélo, de l’autre côté les bâtiments. De plus, le temps se fait menaçant sur l’océan.

Il faut que je trouve un camping pour pouvoir dormir au sec en cas de gros grain. J’en repère un du côté de Mindelo mais il est réservé aux résidents. La personne de l’accueil m’en indique un autre à Vila Châ. J’y vais en suivant mes passerelles sauf qu’un long passage est ensablé. Je suis donc obligé de pousser mon vélo pendant quelques centaines de mètres. J’ai les mollets qui chauffent ! Finalement, j’y arrive enfin. Les jeunes à l’accueil y sont très sympas et le camping est une nouvelle fois très bien entretenu et très propre. Je me pose enfin. Je peux déguster ma Feijoada accompagnée d’une bonne bière bien fraîche. Quelle bien belle journée avec ces 2 rencontres francophones inespérées !

Résumé : 90kms, 5h20, 16,9km/h, camping

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