J47 – lundi 17 mai – Tirig / Cap Roig

Malgré ma bâche vélo que j’avais mise devant l’entrée de la borie, je suis réveillé aux aurores vu qu’elle est orientée plein est. Je traîne un peu. Je suis trop bien. Je finis par me lever, déjeuner à l’abri du vent, plier mes gaules et quitter ce superbe bivouac avant de reprendre ma petite route.

Il fait plus frais qu’au bord de la mer et j’ai sorti mon coupe-vent. Je trouve d’autres bories au bord des oliveraies et amanderaies. Mais aussi des exploitations où sont élevés en batterie soit des cochons, soit des poulets. Ça sent fort et ça ne donne vraiment pas envie (en vie ?) de manger de cette viande. Les bâtiments me font penser aux bâtiments des camps de concentration. Sauf que là, ce sont des animaux qui sont concentrés sans voir le jour.

Je commence à descendre vers la mer toujours dans de superbes paysages. D’ailleurs, on l’aperçoit au fond à droite qui brille de ses milles feux matinaux. Je ne croise sur cette route campagnarde que quelques paysans sur leur tracteur ou dans leur véhicule utilitaire.

Je m’arrête à Canet Lo Roig dans le dernier village de la Communauté Valenciane avant d’arriver en Catalogne. J’y prends mon café matinal accompagné de ma tostada. Ce matin, ce sont les femmes d’un côté et les hommes d’un autre. Mais ça parle toujours aussi fort ! J’adore ces pauses où je retrouve un peu de « con-vie-vialité ». Mais comment a-t-on pu, en France, fermer ces endroits de rencontre et de vie ? Nos politiques responsables et raisonnés de tout bord n’ont vraiment pas les mêmes valeurs que le vil peuple !

Je reprends ma charmante route. J’ai vraiment l’impression d’emprunter des chemins de contrebande. Je me régale sur ces sentiers au milieu de nulle part.

A quelques kilomètres de la « frontière » entre la Communauté Valenciane et la Catalogne, je troque ma tenue du Stade Toulousain Cyclisme contre mon unique tee-shirt à manche longue plus passe-partout. J’enfile mon casque et j’en profite aussi pour lubrifier ma chaîne et vérifier mon pauvre destrier à qui j’en fais vraiment voir de toutes les couleurs. En fin de matinée, je passe la frontière en-dessous de la Sénia en traversant le Riu de la Sénia (il ne s’enquiquine pas avec le nom des rivières !). Aucun mirador. Aucun contrôle policier. Je suis en Catalogne.

Après les chemins de contrebandier, je prends une route (la TP-3311) rectiligne, en faux-plat descendant, et vent dans le dos. J’enquille les kilomètres à plus de 30km/h … A ce rythme-là, je serais vite revenu en France. Je m’arrête à Santa Barbara où m’attend la famille Ewing pour déjeuner dans un restau très sympa et très bon pour mon menu del dia : salade tomate/morue/féta, 5 filets de poulet à la plancha avec frites et tomates, une crème catalane évidemment, un 1/2 pichet de rouge et un café pour 12€ ! Et, en plus, j’ai droit au mythique « Stairway to Heaven » de Led Zepp’ en version espagnole …

J’espère que la route est toujours rectiligne vu que je me suis enfilé le pichet de rouge. Il est un peu plus de 14h et je reprends mes pérégrinations. Je roule jusqu’à l’Aldea. Il fait 30°c à l’ombre et, entre le copieux repas, le pichet de rouge et le paysage qui redevient monotone alors que j’ai retrouvé la N-340, je préfère me poser le long du Riu Ebre et faire ma petite sieste. Enfin petite … Je repars à 16h ! J’arrive enfin à L’Ampolla où j’y retrouve la mer. La mienne de mère est perdue depuis bien longtemps déjà.

Il me faut faire des courses. Je n’ai vraiment plus rien à becqueter. Et puis aussi une pause syndicale lors de laquelle je déguste les fameux fruits dont je vous ai parlé dernièrement et que j’ai retrouvé au bord de la route. Les voici :

C’est vraiment délicieux. Comme hier, l’après-midi passe vite. Je vais m’arrêter dans le coin. Je reste au plus près de la côte. La plupart des villégiatures sont fermées mais des alarmes veillent. Il n’est pas évident non plus de planter la tente vu qu’il y a une falaise et que le vent souffle fort. Finalement, je repère un immense hôtel en front de mer qui est fermé. Devant la façade côté mer, il y a une buvette avec auvent à côté de la piscine vide. Je me pose à l’abri du vent pour dîner et monte finalement la tente en fin de soirée. Ce sera parfait pour cette nuit.

Résumé : 100kms, 5h30, 18,2km/h, bivouac

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