J54 – mardi 1er juin – Montignoso / Mazzanta

En ce 1er juin, je suis réveillé aux aurores. Je jette un œil sur mon téléphone et me dis qu’il est encore tôt pour me lever. Je traînasse un peu puis me lève et plie mes affaires. Mais il n’est que 6h30 du matin et le soleil est déjà là ! Deux mois déjà que je suis parti. Et toujours cette envie matinale de repartir pour découvrir de nouveaux paysages et rencontrer de nouvelles personnes. Je quitte mon parc et traverse la route pour aller déjeuner sur un banc avec vue sur l’étendue bien calme.

Une barque de pêcheur rentre au port. Une femme vient ramasser des galets plats. Une pièce de 20 centimes m’attend sur le banc. Une nouvelle journée commence …

J’emprunte la piste cyclable qui longe la mer. C’est une succession de stations balnéaires qui s’enchaînent les unes après les autres pendant une vingtaine de kilomètres. Sur ma droite, j’aperçois la mer cachée par des clubs privés avec ses alignements de chaises longues qui attendent leurs corps bronzés, sa piscine, son terrain de volley et son bar-restau. Les commerces ouvrent à peine. Il me faut être vigilant pour éviter les piétons qui traversent sans regarder, les joggeurs matinaux qui préfèrent la piste au trottoir et les autres cyclistes qui déambulent tranquillement. Mais le temps passe vite avec ce spectacle.

Pratiquement au bout de cette immense promenade, je tombe sur un petit port où les femmes vendent le produit, principalement des poulpes, de la pêche matinale de leur mari.

Puis j’attaque la traversée de 2 immenses réserves en bord de littoral. Après la fureur toute relative de la ville, je retrouve le calme apaisant de la forêt en parcourant de belles pistes. Quelquefois, il y a de mauvaises surprises ce qui m’oblige à de petits détours …

Et puis, j’ai à nouveau la chance de voir deux chevreuils qui longent la piste que j’emprunte avant de s’enfoncer à nouveau dans les frondaisons. Par contre, alors que j’ai emprunté des pistes sans trop suivre l’itinéraire de mon GPS, j’ai la mauvaise surprise de tomber sur un portail fermé à clé. Heureusement, une belle villa jouxte l’allée et je demande aux propriétaires, un couple de personnes âgées avec leur petite fille, de m’ouvrir leur portillon et de traverser leur propriété afin de pouvoir rejoindre la route. Je m’arrête un plus loin dans un café sympa pour y boire mon café. Puis je reprends la route vers Pisa qui n’est plus très loin. J’arrive sur le site qui est toujours aussi grandiose …

… et la Tour toujours aussi de traviole !

Je me balade dans les rues où c’est vraiment très calme. Il n’y a pratiquement pas de touristes. Tant mieux pour moi. Hier, je n’ai rencontré que 2 couples de français dont un de Montpellier et quelques allemands. Je suis vraiment veinard.

Puis je quitte Pise en empruntant une piste cyclable urbaine puis une une ancienne voie ferrée réaménagée avec un superbe revêtement. Cette piste me ramène à Marina de Pisa. Je m’y arrête dans un restau fréquenté par des autochtones et y déguste un délicieux plat de Linguine arselle sgusciate (pâtes aux fruits de mer décortiqués ?!?) accompagné d’un pichet de vin blanc. Le serveur, la quarantaine triomphante, cheveux gominés, verve italienne, polo rose et running jaune, assure un max avec une dizaine de tables à servir et la conversation à assurer ! Je prends mon dessous de table en photo avec la carte des cépages italiens … C’est assez impressionnant.

Auparavant, après m’être connecté à la Wi-Fi, je récupère l’article paru sur La Dépêche du Midi de ce dimanche.

Je quitte cet endroit bien sympathique pour reprendre le bord de mer en suivant une piste cyclable le long de la route SP224 pour rejoindre Livourne. Le moindre recoin est squatté pour poser sa serviette.

Là, c’est une autre paire de manches. J’arrive par la zone portuaire et il me faut la contourner ainsi que la zone pétro-chimique. La circulation de poids-lourds y est dense et je n’ai qu’une hâte : en sortir ! Je longe cette ville sans trop m’attarder si ce n’est pour constater que la distanciation sociale n’est pas la même partout contrairement à la mode des maillots de bain féminin !

Quoique je suis médisant puisque de l’autre côté de la baie avec vue sur les îles de Gorgone et Capri au loin …

Puis je retrouve ma route SS1 avant de suivre à droite la SP39 qui longe la côte et m’emmène à Castiglioncello. A un moment, je me fais doubler dans une descente par un cycliste, l’écart reste le même sur le plat mais je reviens sur lui dans les montées vu qu’il reste sur la grosse plaque. Cela dure un long moment. Je dois avouer que ma compile des Légendes du Rock m’aide bien à garder le rythme ! Et oui, j’ai enfin pris un abonnement Spotify pour m’accompagner.

Arrivé dans cette ville au nom improbable, je fais une infidélité à mon Schweppes Tonic et m’arrête dans une gelateria. Je me tape une piccolo (2 boules à 2€) avec cioccolato fondente e crema di pistaccchi : une véritable tuerie ! Il est déjà 17h00. Je vais faire quelques courses avant de reprendre la route et songer à trouver un nouveau bivouac. J’emprunte à nouveau une belle piste cyclable qui longe la SP39 jusqu’à Mazzanta. Comme les stations balnéaires se succèdent à nouveau avec son lot de campings immenses, je jardine un peu avant de me diriger vers la Riserva Naturale Biogenetica Tomboli di Cecina où je trouve mon bonheur dans une forêt de pins méditerranéens derrière une dune qui donne sur la mer. Il y a même une table où je pourrais manger assis. Par contre, comme sur mes précédents bivouacs, les moustiques tigres sont aussi de la fête ! Quelle saloperie ces bestioles …

Et puis, au rayon des bonnes nouvelles, j’ai reçu un message de ma fille Gwendoline qui m’annonce avoir trouvé un emploi pour un sous-traitant d’Orange. Après son départ précipité de chez son ex-compagnon, elle a réussi en très peu de temps à trouver une coloc, une voiture et un boulot alimentaire puis ce job un peu plus stable. Comme quoi « Comme on veut, on peut » et « Tout se fera ». Mon fils Titouan, quant à lui, a été recruté dans la plus grosse agence de marketing de Montréal après avoir été contacté par des chasseurs de tête. Trop fier de mes enfants le papa ! Cela va en faire des choses à arroser à mon retour …

Résumé : 110kms, 6h10, 17,8km/h, beau temps, bivouac

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