J63 – jeudi 8 juin – Pisciotta / Scalea

« Cinq heures du mat’, j’ai des frissons. Je claque des dents et monte le son … ». Je tire jusqu’à 6h. J’ai passé une superbe nuit sous la voûte étoilée. Les orages se sont couchés de bonne heure et il fait à nouveau grand beau. Je déjeune copieusement en profitant à nouveau de cette vue magnifique. Puis je plie mon couchage …

… et quitte cet ensemble de 3 gîtes ruraux à vendre. Il est un peu de plus de 7h.

La matinée va être rude. En effet, je dois couper à travers cette pointe. Je jette un dernier coup d’œil à la baie de Palinuro et m’enfonce dans la montagne brumeuse.

J’emprunte une route qui grimpe tranquillement à travers ces monts. Je croise quelques travailleurs matinaux en voiture pour les blancs et à vélo ou à pied pour les blacks. J’imagine qu’ils descendent travailler sur les complexes hôteliers, les lidos et les restaurants sur la côte. De mon côté, j’en prends pleins les mirettes. A vélo, j’ai aussi la chance de pouvoir m’arrêter où je veux, quand je veux.

Et puis, le flux automobile converge vers la route principale SP430 interdite aux vélos. Je me retrouve pratiquement seul sur ces routes pittoresques à admirer les villages perchés. D’autant plus, qu’une de ces routes est coupée suite à un éboulement !

Les kilomètres défilent tranquillement dans ce parc national. Les jambes tournent bien sur la plaque du milieu. Les yeux en prennent plein la vue. Que du bonheur !

J’arrive à Acquavena et m’arrête dans un charmant café-bar tenu par un couple dont la jeune femme parle un peu français. Elle est vêtue tout de noir. Le glas sonne aux cloches de l’église. A l’entrée du village, j’ai aperçu un corbillard arrêté le long d’une maison. Elle m’apprend que c’est ami âgé de 42 ans, cycliste, qui vient de décéder d’un cancer de la langue (!). Comme quoi, même en étant sportif (et je suis bien placé pour en parler), personne n’est à l’abri de cette saloperie. Je reprends ma route. J’arrive enfin en vue de la baie de Sapri après une longue descente bien agréable.

Cependant, plutôt que de tirer en direct vers Sapri, je fais le mauvais choix de prendre le bord de mer en direction de Villamare. Et là, à l’entrée de ce village, il y a un putain de ralentisseur. Je ne sais plus si j’arrive trop vite dessus, je ne freine pas assez ou je tiens mal mon guidon, toujours est-il que la roue avant tape fort et que je me casse la gueule ! C’est ma première gamelle avec mon Fahrrad. Le vélo chute sur le côté gauche et moi avec. Heureusement que j’ai mes gants ! Je tape fort sur la main gauche. A part un gros bleu, je n’ai aucune séquelle. Les passants viennent aussitôt prendre des nouvelles et je les rassure. Par contre, ma sacoche et le porte-bagages avant gauche ont morflé ainsi que le garde-boue. Je m’arrête pour faire l’état des lieux et réparer. Cela aurait pu être pire. J’ai surtout eu peur d’avoir pêté la fourche avant.

Après cette grosse frayeur, je repars et m’arrête déjeuner à Sapri. Je trouve à nouveau un vendeur de pizzas et lui en achète une part ainsi que ma Peroni. Je m’installe sur un banc en bordure de plage pour casser la croûte. Puis je décide de me faire un petit siestou sur mon banc ombragé alors que le soleil cogne fort. Au bout d’une trentaine de minutes de doux repos, quelques gouttes me réveillent. Le ciel s’est méchamment assombri et j’entends les orages qui éclatent sur les sommets. Sapristi ! Il est grand temps de quitter cette jolie baie de Sapri et de prendre la tangente. Il n’est que 13h30.

Je continue à suivre ma route côtière toujours aussi belle. D’ailleurs, avec la chaleur matinale et la pluie qui s’est mis à tomber, elle fume ! J’espère atteindre la pointe tout au fond à droite où le ciel me paraît plus dégagé.

Je bascule dans une nouvelle baie et m’arrête prendre une photo. Les éclairs déchirent le ciel. Le tonnerre gronde. La baie de Sapri est sous le déluge. C’est vraiment incroyable ces orages de juin. La tour de guet, perché au bout de son promontoire rocheux, a dû en voir d’autres.

La course contre la montre continue. J’ai l’impression d’être pourchassé par ces orages. D’ailleurs, quand j’arrive vers 14h dans la baie de Maratea et que je me retourne, on dirait que la nuit est déjà tombée.

Il ne pleut plus. La route est sèche. Par contre, comme espéré, il me semble que les montagnes sont moins hautes de ce côté et que les nuages accrochent moins les sommets. Peut-être est-ce aussi le calme avant la tempête ?

Je poursuis ma course folle contre ces intempéries. Je passe le village de Castrocucco et sa rivière qui délimite la province. Je viens de rentrer en Calabria. Et j’arrive dans la baie de Prai a Mare. Les plages de sable noir ainsi que les lidos sont prêts à accueillir les touristes. Les chaises longues et les parasols (8€ la location de la paire) doivent désespérer autant que leurs propriétaires. De même que les traîne-gogos qui font visiter les grottes sous cet énorme bloc détaché de la terre.

Mon fiston appelle juste au moment où je me pose prendre cette photo. Coup de bol vu que ma 4G est la plupart du temps éteinte quand je roule. Ce n’est hélas pas le cas de nombreux automobilistes (ou même de scootards) qui conduisent le portable à la main. J’écourte un peu notre conversation en lui disant que j’ai l’orage aux fesses et que j’ai encore des courses et un bivouac à trouver avant qu’il ne me rattrape. Désolé fiston !

Je redescends vers la baie de Scalea en Calabre. Il fait beau. Le relief est beaucoup moins accidenté. Une longe plage s’étend le long de cette baies avec sa palanquée d’hôtels, campings et lidos qui se succèdent. Je préférais largement mes magnifiques paysages de Campanie. Je trouve un magasin où faire mes emplettes. Quand je ressors, des gouttes d’eau commencent à tomber. J’entends le ciel ricaner.

Et merde ! Je me renseigne dans un hôtel pour connaître le prix d’une chambre : 62€ la nuit ! Hors budget. Je reprends ma quête d’un endroit abrité mais ce n’est pas évident dans une station balnéaire. Ce ne sont pourtant pas les appartements vides qui manquent. Finalement, je me renseigne dans un camping non étoilé vu que le ciel s’assombrit méchamment. Après bien des difficultés pour remplir ma fiche et payer en CB, la gérante me dit de m’installer où je veux. C’est un camping dans lequel se trouvent beaucoup de caravanes et de cabanons. Je me pose sous une bâche tendue à côté d’une caravane. Puis je pars à la recherche des douches. Je fais le tour d’un bâtiment et aperçois une clé sur la porte de ce que je crois être l’entrée des sanitaires. Mais non, c’est un appartement assez vieillot avec SdB, chambre et cuisine. Parfait pour cette nuit ! Je rapatrie mon vélo et mes affaires puis m’enferme à l’intérieur. Il est à peine 18h00. Il pleut. C’est l’heure de ma Peroni bien méritée.

Résumé : 95kms, 5h55, 16,1km/h, beau temps AM / orage PM, camping

2 commentaires sur « J63 – jeudi 8 juin – Pisciotta / Scalea »

  1. Salut Gaël, ton appart vieillot du camping paraît vraiment super. En comparaison des hôtels que le 115 en France réservé pour les sans abris et les sans-papiers. Hier j’ai été conduire une famille afghane à Muret dans un de ces hôtels dégueulasses. Ce matin, j’ai retrouvé la famille (papa, maman, 2 enfants de 4 ans et 12 jours) dehors sur le parking. Vu la saleté de la chambre et les bestioles rampantes, ils ont préféré l’air libre. Bonne journée. Mich et Jo

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