J66 – dimanche 11 juin – Calafatoni / Galati Marina

Réveillé comme d’hab’ aux aurores, je déjeune en terrasse 4* et, à 7h pétantes, je plie les gaules et quitte la Torre Parnaso.

Par contre, il me faut remonter en haut de la colline pour récupérer la route sur la crête. Je grimpe 5kms en 40’ jusqu’à Nicotera. Pour une mise en jambe matinale, ça attaque très fort !

J’arrive dans ce joli village perché alors que c’est bien calme en ce dimanche matin. Je me balade dans les ruelles avant d’attaquer une méga descente de la mort qui tue. Je suis debout sur les freins pour ne pas prendre de vitesse. C’est le mur de Péguère mais dans une pente dallée et bétonnée. Les patins fument quand j’arrive en bas ! J’en profite aussi pour immortaliser ce fameux Piaggio que je croise à gauche de la route.

Je suis arrivé dans l’immense plaine de San Fernandino avec sa zone portuaire de Gioia Tauro, son aéroport et ses quartiers insalubres que je traverse rapidement. Puis je retrouve la route SS18 qui grimpe pendant un bon moment. Je croise quelques cyclistes du dimanche. Chacun a un signe ou un mot sympa. Je pense évidemment à mes potes du Stade Toulousain Cyclisme qui ont dû se rejoindre devant le stade Ernest Wallon avant de partir par groupe de niveaux.

J’arrive à Palmi où je m’arrête boire mon café dans une boulangerie sis au bout de la « via XX settembre » qui me rappelle que, dans une centaine de jours, ce sera les soixantièmes déferlantes et la quille ! Coïncidence, mon ami Vincent m’appelle. Il vient de terminer sa rando cyclo de la Commémoration entre les plages du débarquement en Normandie et Belfort (1.600kms en 6 jours en autonomie complète !). En ce dimanche matin, cette pasticceria ne désemplit pas, la spécialité étant …

Puis je repars et continue à grimper sur de sympathiques petites routes de montagne mais malheureusement toujours aussi dégueulasses. J’espère sincèrement que Dame Nature va nous faire payer cher toutes les saloperies que nous lui faisons subir ! Mais, hélas comme souvent, ce sont les personnes les plus démunies et qui n’ont rien demandé à personne qui vont en subir les conséquences en premier. Je veux parler de la montée inéluctable des eaux et de territoires qui seront submergés. A ce sujet, j’avais d’ailleurs vu un reportage sur Arte en Indonésie sur des villages de pêcheurs envahis par les eaux et qui n’avaient d’autres choix que de subir cette situation. Sans moyen, sans possibilité de partir ailleurs, ils survivaient alors que l’eau salée envahissait leur maison à marée montante ! Cela m’avait profondément marqué.

Cela rejoint le problème, évoqué par Michèle et Joël dans un des commentaires, sur l’accueil des migrants politiques, économiques et bientôt climatiques. Une nouvelle fois, nos responsables « écologistes responsables et raisonnés » de tout bord ne sont pas à la hauteur de l’enjeu humain de cette problématique qui va devenir critique dans les années à venir.

J’arrive dans le brouillard en haut du col. Je retrouve la mer et j’espère le soleil.

Puis je descends vers Ceramida où je m’arrête dans une panetteria où la mamma est au fourneau et la fille à la caisse. J’achète 2 belles parts de pizza, 1 gâteau et ma Peroni pour 5€ seulement. Puis je trouve un endroit superbe dans la grande descente qui m’emmène en bord de mer à Bagnara Calabra. J’aperçois au fond la Sicile qui semble toucher le fond de la baie où je pense y arriver en fin d’après-midi.

Dans cette baie, j’aperçois plusieurs bateaux qui font la navette. Au départ, je pense que ce sont des pêcheurs mais ces bateaux m’intriguent. Il y a une grande avancée devant tenue par des filins reliés au mât. En haut de ce mât, il me semble voir des gens. J’ai l’impression que c’est un traîne-gogo avec sensation forte : soit tu es perché en haut du mât, soit tu te tiens à la proue. A confirmer …

Ensuite, je retrouve la route SS18 refaite à neuve avec un bitume qui rend bien. Elle longe la côte relativement près de la mer. Ce sont de grands faux plats montants et descendants que je passe grosse plaque. J’arrive alors dans le superbe village côtier de Scilla. D’un côté, se trouvent des restaurants les pieds presque dans l’eau …

… et de l’autre, se trouvent la plage bondée et les fesses dans l’eau !

J’arrive à Villa San Giovanni en milieu d’après-midi. Un traversier est en partance pour la Sicile juste en face. Je le prends. La traversée ne dure pas très longtemps.

Par contre, sur ce traversier, je discute avec les personnes intriguées par mon chargement. Ce sont des siciliens. Je leur explique mon projet de passer quelques jours en Sicile et, notamment, de monter à l’Etna. Ils me disent que cela va être compliqué, d’une part, à cause de la météo orageuse, et, d’autre part, qu’il me faudra prendre un guide mais qu’ils ne sont pas sûrs de l’ouverture des agences à cause de vous-savez-qu’on ! Bon … J’arrive à Messina et je prends la route du sud vers Catane.

Le réseau routier est encore plus merdique que sur le continent; et la circulation très dense en cette fin de week-end. Je sors de la ville et trouve un coin calme en bordure de plage du côté de Galatina Marina. Je suis presque en face du gros orteil de la botte italienne ! Mais tout cela ne m’inspire guère … Je vais boire ma petite Peroni, dîner et laisser mûrir mes réflexions cette nuit.

Résumé : 90kms, 6h00, 15km/h, couvert AM / chaud PM, bivouac

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