J68 – mardi 13 juin – Galati / Santa Catarina del Jonio

Malgré le bruit des trains qui ne passaient pas très loin sur un pont en fer, la nuit fût bonne. Ce matin, à mon réveil matinal, le ciel est menaçant sur la mer. Mon arbre couché est toujours là à résister aux vaguelettes de la Méditerranée.

Même cérémonial que d’habitude avant de quitter ce nouveau bivouac vers 7h30 pour partir en direction de l’est et longer la Calabre du sud. Comme on trouve de tout sur les plages, hier soir, j’avais pu me rafistoler une chaise à trois pattes pour mon petit confort personnel.

Je retrouve donc la route SS106 où ça circule déjà pas mal de bon matin. La route est plate. Les nuages disparaissent au fur et à mesure que le soleil monte dans le ciel. Il fait déjà chaud ! Comme je vous le disais hier, c’est bien par ici qu’ont été tournés les western spaghetti. D’ailleurs, Branca, une des soeurs de Sergio Leone, y a même fondé un village. Comme dans les westerns, une longue route traverse ce village où on trouve un bar-saloon, un coiffeur et un commerce qui vend de tout.

Après avoir suivi une plage déserte pendant pas mal de temps, j’arrive à une pointe qui délimite une nouvelle baie. C’est toujours le même paysage de littoral : montagne, route, chemin de fer, plage, mer … Mais je ne m’en lasse pas !

Au sortir de cette pointe, le paysage est quand même sympatoche. Par contre, j’ai croisé un rat qui voulait se suicider. Il a déboulé sur la droite sortant d’un nouvel amas d’ordures, a commencé à traverser la route, s’est ravisé et fait demi-tour juste au moment où j’arrivais. J’ai pilé avant de « lui rouler sur la panse » comme aurait pu dire mon grand-père maternel ! Au sujet des ordures qui jonchent les routes, j’ai zappé l’épisode des animaux écrasés (chats, chiens, hérissons, …) qui pourrissent sur place. Entre les odeurs des détritus et des carcasses, c’est parfois difficile après le p’tit déj’ matinal !

A propos de chat, je vais vous raconter une anecdote cocasse puisque je vous raconte tout ! Alors que j’arrivais en vue de Locri, j’aperçois en contrebas de la route une femme entre 2 âges adossée à sa Fiat (évidemment !), vêtue en haut mais à loilpé en bas, sa chatte noire à l’air. A ses pieds, un monsieur (je ne sais si c’était son mari, amant ou client …) s’apprêtait à lui brouter la minette ! Incroyable ces italiens.

Après cet intermède, je me pose boire mon café à Locri qui se situe pratiquement au centre du pied de la botte. Je vais bifurquer sur la droite pour monter au village haut perché de Gerace. Ça grimpe à 5% environ pendant une dizaine de bornes et le dernier kilo est indiqué à 10%. Cela me change de ma monotone route presque plate. Physiquement, c’est incroyable comme je suis facile. J’ai hâte de rentrer et de remonter sur mon Rocco, le nom de mon vélo de course italien de marque CBT (Ça Bande Terrible), modèle Obsession et couleur rouge bien sûr.

J’arrive en haut du village classé dans les 20 plus beaux villages italiens sis dans le Parco Naturale d’AstroMonte. La vue y est splendide de tous les côtés. La largeur de la péninsule doit être d’une cinquantaine de kms au vu du panneau qui indiquait la direction du port de Gioia Tauro au nord.

Château « normand » du Xè S.

Dans l’église en haut du village a lieu un mariage. Je me pose sur la place, devant la magnifique église à la charpente en bois, pour y déguster un Panini Rustico. Je suis au 1ère loge pour assister à la sortie des marié.es.

Puis il me faut redescendre sur le lungomare. Je retrouve ma SS106. Le vent qui vient de la mer s’est levé. Je l’ai de 3/4 face donc dans la poire. Je branche U2 à donf’. Je débranche le cerveau. Je mouline sur la plaque du milieu pour avancer à 16km/h environ. Je longe cette plage immense où il n’y a pratiquement personne. De temps en temps, je traverse un village avec un peu d’animation. J’essaie alors de prendre la promenade. Quelques Lidos font face à la mer. Mais personne !

J’espère qu’il y aura un peu plus de monde pendant les vacances scolaires. Je roule sur ma bande de droite. A un moment, j’entends des coups de klaxon. Je me fais doubler par un cycliste qui est en aspiration derrière son coach en voiture. Il doit bien être à +50km/h. Même topo au retour avec de grands signes de main du conducteur, le cycliste lui est dans nez dans le guidon, enfin dans le coffre !

Je m’arrête dans un des villages traversés pour y déguster ma glace et faire le point sur les possibilités de camping. Et oui, ce soir, c’est « La première gorgée de bière » comme l’a joliment titré L’Equipe de ce matin en faisant référence au bouquin de Philippe DELHERM.

En fait, c’est le 1er match de l’Equipe de France de foot dans cet Euro2020 contre l’Allemagne. J’aimerais bien le voir mais il me faut trouver un camping avec bar-TV. Après 2 tentatives infructueuses, j’abandonne mes recherches et trouve un bivouac en sortant du village de Santa Catarina del Jonio. Je suis à nouveau en bord de mer et j’ai même une douche pour ma toilette du soir. Je profite également d’une barque pour dîner tranquillement et confortablement avant de rejoindre mes pénates pour une bonne nuit de récupération après cette longue journée.

Résumé : 110kms, 6h55, 15,9km/h, temps chaud, bivouac

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