J69 – mercredi 14 juin – Santa Catarina del Jonio / Capo Colonna

Déjà le 69é jour ! C’est renversant comme le temps passe vite. L’an dernier, à ce stade de mon périple dans le nord, j’étais rentré d’Oslo à Marseille pour les raisons que vous savez. Pour fêter cela, je prends mon 1er bain de mer dès mon réveil matinal. Comme je suis seul au monde, je sors à loilpé et plouf ! Plus une bonne douche suivi d’un copieux déjeuner et me voilà frais dispo pour cette nouvelle journée après avoir plié mon campement, abrité en bord de mer à l’abri des cactus.

Je retrouve ma route SS106 toujours aussi monotone et anxiogène avec tous ses véhicules qui me passent au ras des miches. De plus, il me faut emprunter des ponts rétrécis pour traverser des torrents … à sec ! En parallèle, de vieux ponts en fer rouillés permettent au train d’en faire de même.

Au bout d’une heure, j’arrive à Soverato et quitte enfin la SS106 pour emprunter la SP124 et me rapprocher encore plus de la mer. Le paysage change à nouveau. Je vais devoir grimper sur la colline. Avant cela, je me fais une pause sur le port.

Je suis donc cette route qui serpente au-dessus de petites stations balnéaires. Puis, alors qu’un sens interdit (puis une barrière) oblige les véhicules à remonter sur la SS106, je découvre une portion de route extraordinaire. Elle est réservée aux cycliste et piétons. Je suis seul. Je profite de ce moment hors du temps. Sentiment de plénitude et de bonheur absolu.

Combien de kilomètres monotones parcourus pour avoir le bonheur de ces quelques moments fugaces ? Comme dans la vraie vie en quelque sorte. Combien d’heures monotones pour quelques moments de bonheur ?

Après ces questionnements philosophiques, je retrouve ma route SS106. En longeant un mur, j’aperçois de l’autre côté un site archéologique. Je le fais (le mur) et m’assieds sur un banc pour profiter de ce site.

J’arrive en fin à Catanzaro où je m’arrête prendre mon café matinal. Puis je reprends ma route SS106. J’avance bon train vent dans le dos et ne bifurque plus en font de mer par impossibilité de le suivre. Sur la route, je fais un arrêt au stand pour acheter quelques fruits. Malheureusement, le maraîcher et son père ne vendent que par caisse (melon, cerise, pêche, tomate, …). Et moi, j’essaie de leur faire comprendre que je ne voudrais qu’un melon et 500g de cerises. Finalement, il me donne un melon bien mûr et deux pêches … gratuitement ! Trop sympa. Par contre, arrivé à Sellia Marina, je peux bifurquer en front de mer. Je m’arrête devant une pizzeria où quelques ouvriers du bâtiment cassent la croûte. C’est toujours bon signe. Finalement je commande un panini vu que les pizzas sont énormes. Je ne suis pas déçu du voyage : le panini est monstrueux et délicieux !

Je commande ensuite un café. En dessert, je mangerais mes cerises achetées dans un autre stand et quelques abricots cueillis sur branches. Le café m’est gracieusement offert. Vraiment trop sympa ! Puis je me dégote un endroit à l’ombre pour siester. Ça cogne vraiment dur …

Après un bon roupillon (où je me suis même entendu ronfler), je repars vers 15h en direction de Crotone avec Téléphone à donf’ dans les oreilles. Les paroles de la chanson « Tu vas me manquer » m’interpellent particulièrement. Déjà l’intro parle d’Hélène, prénom de la mère de mon fils Titouan avec qui j’ai vécu de très beaux moments et de magnifiques voyages pendant son année sabbatique de voileuse (Madère, Guadeloupe, Costa Rica) entre autres. Puis ces paroles qui évoquent mon parcours actuel :

Je suis une bouteille qui se jette à la mer.

Un marin solitaire dans ce foutu désert.

Dans ce foutu désert, ceux que j’aime sont ma terre.

Ami je te laisse, amour je te quitte.

Amour je te laisse, ami je te quitte.

Et le courant me porte. Et le courant m’, m’, m’. Manquer

Et oui, j’ai quitté mon amour et mes ami.es. Et plus je m’éloigne, plus le temps passe, plus les messages se raréfient, plus les ami.es se font distants. Reviendrais-je de ce long périple solitaire ?

En laissant cette question en suspens et arrivant sur Praialonga, je vois au loin une colonne de fumée. Les véhicules ralentissent. Il s’agit d’un feu de broussailles. Les pompiers sont déjà sur place et ont l’air de maîtriser la situation.

Je rentre maintenant dans les terres vu qu’il n’est pas possible de suivre le « talon » du pied. Arrivé dans la ville, qui me paraît bien pauvre, de Isola di Capo Rizuto, je laisse la SS106 pour prendre à droite la SP50 qui, elle, me mène au Capo Colonna. J’y arrive vers 17h00 et visite le site archéologique qui se situe juste à la pointe de ce cap.

Comme il n’est évidemment pas possible de bivouaquer à l’intérieur, je prends la petite route en sens interdit qui me mène à l’église et à quelques habitations. En me rapprochant, je trouve étrange de voir autant de voitures dans cet endroit perdu. Évidemment je tombe sur … un mariage ! La messe est même retransmise à l’extérieur par des haut-parleurs.

Ce n’est pas là que je vais trouver non plus un endroit où bivouaquer. Je fais le tour des alentours et dégote, à travers des taillis, l’entrée d’une grande maison abandonnée. Je pars explorer. Après un coup de balai dans le salon, ce sera parfait pour cette nuit. Je laisse mon vélo planqué dans les taillis et monte mes affaires. Nickel pour ce soir. Je peux me laver, me changer puis avaler ma première gorgée de bière (c’est vrai que c’est vraiment la meilleure !) devant mon balcon avec vue sur mer.

Résumé : 110kms, 6h00, 18,3km/h, temps chaud, squat

6 commentaires sur « J69 – mercredi 14 juin – Santa Catarina del Jonio / Capo Colonna »

  1. On ne t’abandonnent pas , nous sommes toujours présents et impatients de lire ton aventure. Nous sommes des profiteurs qui voyageons à moindre effort et même que attaquons avant toi la bière de l’étape. Cela donne soif les petites grimpettes …
    Bon vent Gaël !!!

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  2. Salut Gaël
    Merci pour ton blog et ta belle plume.
    Samedi tu vas nous manquer à l’Arche car comme tu le sais c’est la « fête des amis »!
    Avec Pascal nous allons monter le stand vélo.
    Il ne manquera plus que toi !
    Combien de km inscrit ton compteur depuis ton départ ?
    Amitiés
    Stéphane

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