J27 – dimanche 8 mai – Palouki / Kalo Nero

Réveillé par les premiers rayons de soleil qui pointent au-dessus de la pinède, je me lève puis pars rejoindre ma terrasse pour aller déjeuner en paix. Au menu ce matin : orange, céréales et yaourt banane, pain et miel albanais, thé à la bergamote.

Durant ce temps, ma tente et ma bâche vélo ont séché. Je plie le tout et repars sur les petites routes de la campagne grecque. Ce matin, je vais suivre la côte avant de rejoindre Pyrgos. C’est calme en ce dimanche matin. Je quitte la pointe de Katakolo (j’adore) avec son ferry qui dessert d’autres îles ioniennes au large.

En ce 8 mai, j’ai évidemment une grosse pensée pour mon père qui a mis fin à ses jours il y a 25 ans déjà. Il aurait un peu plus de 85 ans ce jour. Il était arrivé dans un long tunnel sans fin où tout s’écroulait autour de lui : la retraite pour lui qui avait travaillé toute sa vie, le couple qui explose avec des envies diamétralement opposées, le trésorier de son club de volley qui part avec la caisse, la maladie de sa mère (Alzeihmer) et ses acouphènes à lui si perturbateurs. C’était son choix. Dommage surtout pour ses 3 petites filles : Gwendoline, Zoë et Eloïse, ses 3 petits-fils Valérian, Hugo et Titouan. Et, aussi bien sûr, pour notre fratrie de 4 garçons : Yves-Marie&Florence, Gaël&ses femmes, Franck&Corinne, Emmanuel&Stéphanie. Sans oublier toute la grande famille Dugast. Au passage, bonjour à toutes et tous !

« Papa, aujourd’hui, je roule avec toi ». Il fait doux mais le ciel se couvre. J’aperçois au loin dans la brume la 1ère pointe des 4 orteils que je vais parcourir.

Je continue ma balade matinale entre mer et campagne. Les villages ne sont pas très jolis. Cependant, de temps en temps, j’aperçois une belle église orthodoxe ou un monastère perché sur une colline.

J’arrive à Pyrgos par une belle piste cyclable bleue construite avec la participation de la CEE. Il y a des personnes portant des maillots oranges. Cela sent la course pédestre à plein nez. Bingo. C’est la fête dans cette ville. Tout le centre est bouclé et les courses vont s’enchaîner les unes après les autres. Je me pose à une terrasse en plein centre et je profite du spectacle. Cela me rappelle tant de moments où j’étais de l’autre côté de la barrière avec le dossard et la pression en prime. Terminé. J’aurais bien aimé courir 42 marathons. Mais je m’arrêterais à 35. Sans compter toutes les autres courses et trails courus dans l’hexagone …

J’ai pu consulter l’Equipe et voir que le Stade était passé en demi par le chas d’une aiguille. Sans parler des nantais, ma 2è équipe de cœur, qui gagne la Coupe de France. Dommage que le SCO n’ait pas pu faire la même chose en 2017 contre ces abrutis de parisiens. A ce sujet, match hyper décisif pour le maintien contre Bordeaux à 15h. Connaissant le SCO par cœur, ils sont bien capable de le perdre à domicile.

Je repars vers le sud par la mauvaise route E09 toute striée en cours de réfection. J’imagine que la construction de la piste cyclable a grévé tout le budget. Hi-hi-hi … Je n’ai pas le choix que de suivre cette route vu qu’il faut traverser le fleuve Alphée et qu’il n’y a qu’un seul pont.

A Kato Samiko (oui, oui, c’est bien en Grèce pas au Japon), je plonge littéralement dans la vallée pour rejoindre le bord de mer en suivant un mauvais chemin à travers les oliveraies. Je dois aussi me méfier des chiens qui gardent les maisons. Lorsque le portail n’est pas fermé, ils se précipitent en aboyant. Pour l’instant, j’ai pu accélérer et les larguer. Je me suis muni d’une espèce de matraque en caoutchouc au cas où. Quant aux chiens errants, ils sont tellement peureux les pauvres qu’ils se sauvent en me voyant arriver.

La circulation est toujours aussi calme. Je ne m’en plains pas. Vers 13h30, alors que je viens de laisser le grand lac Kalafa sur ma gauche, je m’arrête dans la taverne Tapefka pour y manger une spécialité grecque : la Soutzoukakia (boulettes de bœuf en sauce). La taverne est blindée. Et pas un seul touriste dans le coin …

Je reprends mon chemin en passant par les petites routes qui longent la mer. De temps en temps, je bifurque à droite jusqu’à la plage. En ce dimanche, malgré l’immensité sablonneuse, il n’y a vraiment pas grand monde.

Puis je retourne chez les chemins de traverse parfois sablonneux, parfois empierrés, parfois bitumés. Depuis ce matin, je longe ou traverse une petite voie ferrée désaffectée. Comme en France, le réseau secondaire a dû être abandonné au profit des grands réseaux ferrés. Comme cela, les habitants des villes de province et des campagnes n’ont pas d’autres choix que de prendre leur voiture pour se déplacer. Et, sur le réseau ferré français existant, cela devient de plus en plus compliqué d’embarquer son vélo alors que la demande est de plus en plus forte. Et pas seulement pour le tourisme mais pour aller bosser en mode multi-modal. Je pars de chez moi à vélo jusqu’à la gare où je prends le train avec mon vélo jusqu’à la ville puis je finis mon trajet jusqu’au boulot ou à l’école avec mon vélo.

A Giannitsochori, je récupère la route E09 et je file bon train sur un bitume refait à neuf jusqu’à Kalo Nero. Au loin, j’aperçois les contreforts de la première pointe que je vais contourner demain. Il est 16h30, je n’ai pas trop envie de filer jusqu’à la prochaine ville Kyparissia. Je trouve un commerce ouvert et un bar en bordure de plage pour me désaltérer.

Je vais suivre la plage vers le promontoire et devrais trouver mon bonheur. Finalement, ce sera de l’autre côté que je finis par dégoter un tout petit emplacement en bordure de mer et à l’abri des regards. J’assiste au coucher de soleil en faisant de la couture avant de rejoindre mes pénates.

Résumé : 90kms, 5h20, 16,9km/h, beau, bivouac

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