J39 – vendredi 20 mai – Pireus / Kato Posidonia

Finalement, malgré la position centrale de cet hôtel à quelques encablures des quais et le manque de double-vitrage, je n’ai pas trop mal dormi. J’ai juste eu un problème avec ma prise pour recharger tous mes appareils (iTrucs, auditifs, batteries, pace-makers, …). L’hôtel est tellement vétuste que les 3 prises dans la chambre étaient branlantes. A 8h30, je descends mes sacoches du 2nd floor, récupère mon vélo dans le cagibi, recharge le tout et pars en direction du Cap Sounion sous les rayons de soleil.

Le seul bémol est qu’il faut sortir du merdier. Je vais rouler pendant 1h20 (environ 20kms) dans un bordel infernal pour sortir de cette mégalopole tentaculaire. Il faut savoir que la Grèce compte une dizaine de millions d’habitants et que pratiquement 4 millions sont concentrés sur Athènes et son agglomération. Au niveau cyclable, c’est la catastrophe. Bien pire que chez nous. Je n’ai roulé que sur 500 mètres et n’ai croisé aucun vélo. Véridique !

Par contre, j’ai vu plusieurs grands stades de foot dont celui de l’Olympiakos. A ce sujet, j’ai appris que mon club du SCO d’Angers avait été racheté par un fonds d’investissement américain (GFS). « Tout foot (sic!) le camp mon bon monsieur … ». Et la saison prochaine, ce seront 4 équipes qui descendront. Vu que beaucoup de joueurs expérimentés ne sont pas reconduits, espérons que le recrutement sera à la hauteur …

Je finis par arriver dans la banlieue chic à Glyfada où la circulation commence à se calmer puis je rejoins enfin le bord de mer. Je me pose à Vouglameni pour reprendre mes esprits et un café frappé. Mon allo Loïc m’appelle juste à ce moment. On papote un moment. Cela fait du bien de baragouiner français.

Je repars avec le vent. Ça souffle à nouveau très fort. Loïc me disait que ce devait être le Meltem. Comme je dois contourner l’immense baie avant de descendre vers le cap eu sud, je me prends de violentes rafales sur le côté. C’est le plus dangereux. Heureusement,la route E091 (une 2*2 voies) que j’emprunte est très large. De plus, la majorité des conducteurs est à nouveau très respectueuse. Seuls 1 ou 2 abrutis en grosse cylindrée (BMW comme par hasard, désolé Jean-Philippe) « s’amusent » à me frôler au risque de m’envoyer dans le décor. Je ne suis pas violent mais, si j’en chope un, sa putain de carrosserie va prendre cher avec mon antivol en U et éventuellement sa gueule.

Il y a aussi des abrutis qui commencent des programmes immobiliers et qui laissent tout en plan.

Dommage car cette côte est à nouveau splendide. C’est une succession de criques abritées au plage de sable blanc et de côtes rocheuses ciselées. De plus, la route reste pratiquement au niveau de la mer. A part ce vent, ce serait parfait. Mais, on le sait bien, la vie n’est pas parfaite …

Vers 13h00, je m’arrête dans une bakery à Agios Dimitrios, un des rares villages traversés. Puis je trouve un endroit à l’abri du vent pour y casser la croûte. Ça moutonne à la surface de l’eau tellement le vent souffle.

Bien à l’abri dans sa cabane juste derrière moi, Diomède remplit une grille de mots fléchés ou croisés. Je vous assure … Il est là juste à l’entrée de son tonneau.

De belles plages privées à l’abri de baie paradisiaque accueillent quelques touristes privilégiés. De mon côté, je continue ma route vers le cap que j’essaie de ne pas perdre malgré le zef.

Je m’arrête boire mon café grec pour me secouer un peu la paillasse à Palea Fokea. A partir de ce village, la route se rétrécit et passe à une voie. Ça commence aussi à grimper au fur et à mesure que je me rapproche de la pointe. Au loin, j’aperçois quelques îles des Cyclades les plus proches du continent (Kéa, Kythnos, Sifnos) alors qu’un voilier remonte le vent au moteur (petit joueur).

Après une belle grimpette face au vent, j’arrive enfin au Cap Sounion et à son fameux temple dédié à Poséïdon (comme chacun sait, le Dieu de la Mer chez les Grecs). En principe, il faut y aller au coucher du soleil. C’est ce que j’avais fait lors de mon 2nd voyage en Grèce. Là, je paie mon entrée et fais le tour avec les nombreux touristes débarqués en bus climatisé. Dont des français qui ne me calculent pas du tout !

Il ne me reste plus qu’à redescendre, m’arrêter au premier village sur la côte est pour y faire mes courses pour la soirée et trouver un bivouac. A Kato Posidonia, je bifurque sur la droite après avoir repéré un château sur une pointe. Je galère pas mal pour y accéder à travers de mauvais chemins et des lotissements de petites maisons de vacances. Une fois sur place, il s’avère que le château est plutôt mal en point. De plus, le vent souffle fort sur cette pointe. Cela s’annonce mal. Je vais pour repartir quand je repère une crique juste en-dessous à l’abri du vent. Une petite niche sur la plage. Parfait. Je me pose en face l’île allongée de Makronisos.

Après m’être baigné sur ma plage privée, je me rince et passe à l’apéro (bière grecque Fix et cacahuètes) en tapotant sur le clavier. Petite anecdote au sujet des Cyclades. Lorsque j’étais revenu pour la 3è fois en Grèce, j’avais vadrouillé à travers les îles les plus connues. De mémoire : Mykonos, Paros, Santorini, … Et aussi une toute petite île dont les cinéphiles devraient se souvenir. Et, pendant que je raconte tout cela, quelques voiliers et ferries, faisant la navette avec les îles de Makronisos et Kythnos, rentrent au port de Lavrion.

Au tout début du film culte « Le Grand Bleu » (de Jean-Jacques BEINEIX, musique de SERRA, avec Jean RENO, Jean-?? BAR, Rosana ARQUETTE, Jean BOUISE), la première scène est tournée en mer devant une falaise et un plongeant vertigineux. Le père de Bar enfant est en plongée avec scaphandre alors que Jean Bouise veille. Mais il se produit un accident et le père périt sous les yeux de son fils. Ensuite, ce sera la compétition-amitié entre Jacques MAYOL (JBAR) et ?? Sur fond d’histoire d’amour. Sur cette falaise, on distingue un point blanc. En fait, il s’agit d’un monastère où je suis allé (avant que ce film ne soit tourné). Nous y avons été accueillis par quelques moines ayant fait vœux de silence. Ils nous ont servi un thé accompagné de loukoum puis nous ont salué. Cette île s’appelle Folegandros. Je ferme la parenthèse puis prépare mon bivouac pour cette nuit.

Résumé : 80kms, 5h10, 15,5km/h, beau venté, bivouac

Un avis sur « J39 – vendredi 20 mai – Pireus / Kato Posidonia »

  1. Il s’agit de Jean-Marc Bar et jean Reno qui joue le personnage d’Enzo et sa réplique culte du début:  « Roberto, mio palmo » mais à réflexion, pourquoi un singulier ? Est-ce un mono palme ?

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