J74 – vendredi 24 juin – Yenidogan / Zincirli

Encore réveillé par l’appel à la prière à 5h d’où mat’. Je me rendors et émerge à 6h30. Je plie les gaules et descends au village pour déjeuner sur une table devant l’une des nombreuses mosquées de cette bourgade. Le p’tit déjà est royal ce matin : yaourt/céréales/fraises, tartines d’abricots et de Nutella turc, thé.

A 7h30, je reprends la route vers Konya. Au bout de quelques kilomètres, je retrouve la route D330 qui monte de Beyçehir. C’est très calme en ce vendredi matin. L’air est toujours aussi frisquet malgré le beau temps. Je me régale à nouveau des paysages de ces hauts-plateaux qui culminent à 1.500m d’altitude. Cette montagne me fait penser à la Montagne Sainte-Victoire du côté d’Aix-en-Provence chère à Cézanne. Excepté que, au premier plan, ce n’est pas de la lavande !

Je poursuis ma route sans trouver de café où me poser. Il y en a bien quelques uns nommés « Et Mangal » (?) mais inaccessible de l’autre côté de la 2*2 voies. Je roule à nouveau bon train avec un léger vent dans le dos. A un moment, je vois des maisons sur le côté et des ouvriers attablés. Je fais demi-tour mais ce n’est que l’entrée d’un grand parc. Les gars sont en pause-déjeuner. En repartant, j’immortalise cette belle salle de prière comme j’en ai vu un peu partout même en pleine montagne. Quelquefois, c’est juste un Agelco aménagé. Là, c’est un peu plus classe …

Après une longue descente, je longe le lac d’Altiplana. De l’endroit où je prends cette photo, je remarque un petit cimetière en contrebas de la route qui a échappé, non pas à la subversion comme écrit initialement, mais à la submersion !

Après ce lac, j’enchaîne sur une longue montée interminable. Le ciel se couvre. L’air se rafraîchit encore plus. En haut de cette montée, je remets mon coupe-vent. J’approche de Konya. La circulation devient plus dense. Arrivé en périphérie, une passerelle enjambe la route et un promontoire permet de dominer la ville. Quand j’en vois l’étendue, cela m’effraie quelque peu.

A l’entrée de la ville, je prends une piste cyclable bleue et m’arrête au premier café pour y boire mon çay matinal. En sortant, il est déjà plus de midi, je vais déjeuner dans le restaurant juste à côté. Il propose des toasts tout en longueur à la viande, au fromage, mixte. Je prendrais un mixte. Je suis servi par un jeune serveur parlant très bien anglais. Il arrive à me dégoter la wi-fi. n’arrête pas de venir me voir pour discuter. Au bout d’un moment, il commence à se faire enguirlander par son patron. Il se prénomme Fevzi. Par contre, à 13h, la boutique ferme. Je le quitte après avoir pris en photo cette vieille femme au visage parcheminé. Elle me fait penser à ma mère momifiée. Elle déjeunait avec ses deux fils fort occupés sur leur portable.

Je reprends la piste bleue malheureusement squattée par des automobilistes indélicats ou des piétons. Je la suis jusque dans le centre à 5kms d’ici. Ce n’est vraiment pas évident de circuler en essayant de suivre le GPS et faire gaffe aux piétons et aux véhicules. J’arrive devant la mosquée Alaeddin Keykubad où une cérémonie se termine. Il y a des caméramans, voitures officielles, pontes en costard-cravate, gardes en costume traditionnel. Et moi qui débarque avec mon moule-burnes et mon destrier rouge et noir. Je dénote quelque peu dans le décor.

Je me balade en début d’après-midi dans les petites rues de cette ville ô combien animée. Je remarque énormément de jeunes mais aussi beaucoup de femmes en niqab (pour info, le niqab est un voile intégral qui laisse apparaître les yeux contrairement à la burqa). Cela dénote aussi avec les femmes habillées à l’occidentale. Cette ville est une ville sainte qui attire beaucoup de pèlerins. C’est aussi la capitale des derviches tourneurs. J’avais eu la chance d’en voir à Istanbul avec le fiston. J’ai le souvenir d’un moment hors du temps.

Avant de quitter cette ville tentaculaire, je vais saluer la statue d’Atatürk (1881-1938) fondateur et premier président de la république de Turquie et, certainement, le personnage le plus vénéré de Turquie.

Je sors à nouveau par ma piste cyclable bleue qui traverse une grande zone industrielle et dessert l’aéroport. Je quitte le bruit et la fureur pour retrouver un peu de tranquillité sur la route D300 qui m’emmène à Nevsehir. Le paysage change à nouveau. Je me retrouve au milieu des steppes d’Anatolie. Le vent du nord la transperce. Mon regard balaie à 360°c des cultures céréalières. Au loin quelques monts pelés. Je m’y dirige pour bivouaquer. Finalement, l’heure avançant, je me pose à l’abri d’une grosse botte de foin au fond d’un champ.

Après avoir enfin pu joindre mon ami Christian au téléphone, je profite du magnifique coucher de soleil avant de rentrer dans mes pénates bien au chaud.

Résumé : 110kms, 6h40, 16,5km/h, couvert venté, bivouac

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