J83 – lundi 20 février – Chukai / Dungun

La nuit fût très douce pour moi. Beaucoup moins pour Nico. Avec cette foutue alarme, il a eu du mal à trouver un sommeil récupérateur. Malgré cela, à 7h15, je sonne le rappel. Ce matin, nous déjeunons dans le hall de l’accueil. L’eau a enfin chauffée. Ce sera thé et gâteaux secs mis gracieusement à notre disposition. Vers 8h00, nous reprenons notre route.

Nous sommes à nouveau obligés de reprendre la route principale n° 3. Cependant, celle-ci longe la côte alors qu’une autre route coupe plus directement à travers une pointe. Nous grimpons à travers une belle forêt tropicale avant de retrouver le front de mer. Nous arrivons dans le long d’une lagune avant le village côtier de Kemasik. Comme hier, le ciel est à nouveau voilé en ce début de matinée. La mer est calme. Les barques patientent en attendant leur pêcheur.

En poursuivant cette route, nous découvrons de belles plages. Quelques familles se prélassent. Mais il n’y vraiment pas foule.

De l’autre côté, au sud, nous apercevons la pointe de Bukit Labuhan que nous allons devoir contourner. Le ciel se noircit salement. Nous allons dans cette direction. Cela promet quelques gouttes …

Nico trace la route ce matin. Il n’est pas évident de trouver des axes parallèles pour éviter la route 3. Alors que nous sommes justement dans un secteur résidentiel calme, des gouttes commencent à tomber. A peine quelques secondes plus tard, le déluge s’abat. Nous avons juste le temps de nous réfugier sous un abri en bois. Juste à côté, c’est le branle-bas pour ramasser le linge étendu dehors. C’est hallucinant à la vitesse à laquelle ces orages se déclenchent. Nous en profitons pour manger notre dernier Dragon Fruit. Après un quart d’attente, la pluie se calme aussi rapidement qu’elle est arrivée. Nous repartons. En milieu de matinée, je trouve un kiosque à café qui m’a l’air fort sympathique.

Je commande un americano avec de vrais grains de café moulus accompagné d’un brownie maison. Je me régale. Ce kiosque nommé « Revival live.love.coffee » (tout un beau programme !) est tenu par 2 charmantes jeunes femmes. L’une, celle avec des lunettes à la caisse, parle parfaitement anglais. Comme souvent, nous racontons notre périple. Nous en profitons aussi pour écrire nos mémoires, l’un sur son clavier, l’autre sur son calepin. Pendant ce temps-là, le trafic s’écoule.

Après cette belle pause, nous retrouvons notre bas-côté et le bruit incessant des véhicules. Alors que nous arrivons à proximité de Kuala Paka, nous traversons une immense zone pétrochimique. Sur notre gauche, de grands complexes.

Sur notre droite, d’autres grand complexes derrière notre route 3 à 2*2 voies. Le siège et les usines de Petronas, grand groupe pétrolier, sont présentes ici. Des cités pour les ouvriers, aux maisons toutes identiques, se trouvent après en bordure de route. De grandes et belles demeures, appartenant probablement aux dirigeants de ces entreprises, sont au calme à l’intérieur des terres.

Après avoir traversé cette zone puante et polluante, nous trouvons une gargotte où déjeuner malaisien. Comme le plat principal n’est pas très copieux par rapport à celui de nos amis hindous, nous recommandons une nouvelle assiette de mee (nouille) pour Nico, nasi (riz) pour moi. Finalement, on s’en tire pour 15RM (3€) avec leman ais (citron glacé) et kopi o panas (café chaud sans lait) au total. Ce n’est vraiment pas cher. Après ce repas, nous trouvons un abri sur pilotis en bordure de plage. C’est venté et ombragé donc parfait pour siester.

Hélas, il nous faut repartir en direction de Dungun. Auparavant, nous avons essayé de trouver un Home Stay (chambre chez l’habitant) pour nous héberger. Malheureusement, aucun n’a répondu à mes appels ou messages. Nico réserve donc un nouvel hôtel à la sortie de la ville. Nous revenons sur notre chère route n°3. Arrivé en périphérie, Nico me propose de partir dans les lotissements pour éviter le bruit et l’odeur, non pas du marteau-piqueur, mais des véhicules pollueurs. Nous partons sur la gauche. Dommage. Il aurait fallu partir sur la droite pour se rapprocher au plus près de la côte. Nous réalisons notre erreur un peu tard. Finalement, la côte n’était pas si moche que craint par Nico.

Il y avait des anses de sable fin créées artificiellement par des avancées de pierre. Comme d’hab’, il n’y a pas foule. Les demoiselles sur la droite partiront en balançant leurs détritus sans une once de remord.

Nous approchons du but. Nous nous posons une dernière fois pour boire un verre de citron glacé dans un bar à pêcheurs (et non un pêcheur de bars). Il nous reste à franchir le pont qui surplombe le fleuve Sungai Dungun. De haut de ce pont, nous surplombons le fleuve qui se jette dans la mer. Un bateau de pêche rentre au mouillage en évitant les hauts-fonds au milieu du fleuve.

De ce pont, nous apercevons aussi notre hôtel. C’est une maison bleue adossée à la colline. On y vient à vélo. On ne frappe pas. Ceux qui vivent là ont jeté la clé.

Enfin, pas vraiment. En fait, il n’y a personne à la réception. Nous patientons un moment. Lorsque la propriétaire arrive, elle nous demande la fameuse taxe de 10 RM pour les touristes. Une discussion animée s’engage. Nous nous étonnons de ne pas devoir payer cette taxe, soit disant obligatoire depuis le 25/01, dans les autres hôtels. Nous lui expliquons que nous ne comprenons pas la logique. Finalement, nous l’acquittons au risque de devoir chercher ailleurs. La chambre est avec 2 lits et une grande fenêtre donnant sur les toits et le fleuve. En début de soirée, nous retraversons le pont pour aller diner sur l’autre rive. Je prends un Mee Tom Yam particulièrement spicy. Une glace ne sera pas de trop pour éteindre l’incendie. Retour à l’hôtel pour un gros dodo.

Un avis sur « J83 – lundi 20 février – Chukai / Dungun »

  1. Et les fesses, ça va ?
    J’ai lu cet article sur Facebook de Patrick Communal qui m’a fait rire et j’ai pensé à toi et à ton copain Nico.
    Voici l’article:
    Le problème majeur rencontré par de nombreux cyclistes n’est pas le mal aux jambes mais le mal au cul. Lors de mon périple de cet été, j’avais des brulures aux plis de l’aine que les pommades pour bébé n’ont pas réduites et qui m’ont de ce fait pas mal handicapé dans la traversée du Massif central. J’avais eu un problème analogue, aux fesses cette-fois, en allant en Bretagne viaM la Loire à vélo et le canal de Nantes à Brest mais j’avais pu résoudre l’irritation la seconde journée avec le Mytosil. De fait j’ai un tas de selles de vélo dans mon garage, souvent en recherche de la perle rare qui résoudra mes difficultés pour les voyages au long cours. Le magazine cycliste 200 expose que chaque derrière a ses spécificités et qu’il est donc inutile de conseiller tel ou tel produit, untel ne jure que par les selles en cuir, dures quand elles sont neuves mais qui se moulent pour épouser la forme du popotin au bout d’un millier de kilomètres, d’autres évoquent des modèles recommandés par les urologues à la forme ergonomique. Le problème c’est qu’on doit essayer la selle assez longtemps pour se rendre compte si elle est adaptée ou non à votre morphologie… d’où le stockage de produits défaillants. Au niveau des tarifs, le prix moyen d’une selle Italia, très répandue chez les cyclos va de 130 € à 250 €, une selle Brooks en cuir est un peu plus chère… Au-delà du modèle retenu demeure la question du réglage de l’inclinaison, très délicat pour nous les hommes ; légèrement trop inclinée vers le bas, elle aura tendance à faire mal aux ischions (les deux os les plus bas du bassin sur lesquels reposent les fesses) et légèrement trop inclinée vers le haut, elle fera mal aux coucougnettes, pourra déclencher des prostatites, le « penis syndrom » (anesthésie locale par engourdissement et sensation angoissante de ne plus en avoir…) Mais la position strictement horizontale vérifiée avec un niveau à bulle d’air n’est pas nécessairement adaptée à chaque cas. Tout cela s’ajuste au millimètre près. Si je raconte ça, c’est qu’après des années d’approximations, j’ai acheté hier matin la selle sport la moins chère de chez Decathlon, 25 euros, dite « women ergofit » parce qu’elle équipe les vélos de course féminins d’entrée de gamme. Ils ont supprimé le modèle homme parce que les clients masculins la trouvent plus confortable et que les selles soi-disant faites pour les femmes, c’est essentiellement un argument marketing. Thierry Communal qui entraine des filles vous le confirmera. Bref, j’ai acheté cette selle à 25 € dont personne ne parle dans les revues spécialisées, ni dans les forums, ni dans les blogs, je l’ai installée sur mon vélo de route et je suis allé rouler une quarantaine de kilomètres pour la tester. Nickel chrome ! Je n’en veux plus d’autre. Cette selle doit revenir à moins de dix euros dans un atelier de sous-traitance du sud-est asiatique, et elle est plus confortable à mon popotin que des modèles infiniment plus coûteux. On se fait quand même avoir avec le marketing et le boniment des forums sur internet. Après c’est peut être moi qui suis un peu chochotte…

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