J99 – mercredi 8 mars – Phumpin / Koh Tao

La nuit a été quelque peu agitée malgré mes précieuses boules Quiès. La climatisation a été réglée sur 25°c mais je n’ai trouvé aucune manette pour modifier ce réglage ou l’éteindre. Et elle fait un sacré barouf quand elle tourne. Heureusement, en milieu de nuit, la température a dû descendre en dessous de cette limite et la clim ne s’est plus déclenchée. Je suis éveillé avant 7h. Je me prépare et plie mes gaules avant 8h.

Je prends la direction de Surat Thani à une quinzaine de kms d’ici. A la 1ère gargote trouvée, je m’arrête déjeuner. Ensuite, je ne me pose pas trop de question sur l’itinéraire. Je prends la route 401 et fonce Alphonse bien que je sois en tenue de « ville » (short et chemisette). Je double un thaï à vélo, espèce assez rare en ces contrées carbonées. Cela n’a pas l’air de lui plaire. Il décide de me chercher. Il me trouve. J’arrive sur le port avant 9h. Je repère un vieux ferry qui dessert l’île de Koh Tao. Je me renseigne. Le gars qui tient la caisse me met la pression en me disant, dans un anglais encore pire que le mien, que le bateau partira à 10h et que je dois acheter à manger. J’achète ma place et part fissa faire quelques emplettes. Quand je reviens peu avant 10h, je suis seul à embarquer. Bizarre. De plus, il y a 2 pontons avec uniquement des couchettes. Etrange. Après avoir bu un café bien serré, je me rends compte que le départ est à 10PM … c’est à dire 22h. Pfffff ….

J’ai donc largement le temps de suivre mon programme de la journée. Je dois d’abord trouver un magasin de vélos afin de vérifier ma chaine et mes plaquettes de frein. Je pense que tout est à changer. Après un premier échec, je tente un second magasin. Le mécano, un homme de mon âge vêtu d’un tee-shirt bleu, est en train de réparer un vélo de voyage. Son propriétaire commence à m’expliquer son problème en anglais. Je l’interromps et l’invite à poursuivre en français. Ce sera plus facile pour nous deux. Il se nomme Damien. Il vient de finir ses études d’ingénieur. Il a pris une année de césure avec son pote Mathieu. Ils sont partis de Bordeaux (oui, vous savez, le monde est petit) et se rendent à Singapour, terme de leur périple, après avoir traversé ces pays d’Asie Centrale aux noms imprononçables qui me font rêver. Il rencontre aussi des problèmes de roues. Décidément.

Je patiente jusqu’à ce que sa roue arrière soit réparée et qu’il parte dans un autre magasin pour comparer les tarifs pour sa roue avant. A mon tour. Comme prévu, la chaîne et les plaquettes de mes freins à disque sont à changer. Après 3.000 kms, c’est normal. Le mécano arrive aussi à me réparer ma vis d’attache du porte-bidon central. J’en profite également pour acheter une pompe et un kit rustine au cas où Nico me fasse encore des infidélités. Ou vice-versa …

La facture, rédigée sur une feuille de papier par sa femme, s’élève à 1.660 THB (45$). Après une heure de boulot et avec des pièces Shimano, ce n’est vraiment pas cher payé. Peut-être m’a-t-il fait un prix de confrère après que je lui ai montré quelques photos de mes vélos réparés. Je le remercie infiniment.

J’attaque ma deuxième mission de la journée. Je dois impérativement trouver une solution concernant ma tablette iPad si je veux conserver mes milliers de fidèles lecteurs qui me suivent dans ces pérégrinations asiatiques. Cela devient vraiment problématique. Mon clavier externe ne fonctionne plus. Mon clavier et ma tablette tactile boggue sans arrêt. Je suis obligé de dicter mes paragraphes avant de les corriger avec beaucoup de difficultés. Cela me prend un temps fou et me faire perdre ma légendaire patience. Je ne peux pas continuer comme cela. J’envisage donc d’acheter une tablette Androïd. La vendeuse du 1er magasin où je me rends, me dit qu’elle ne vend pas de tablette de cette dimension (dimension qui me permet de la ranger dans ma sacoche avant). Cela commence fort.

En me rendant à ce magasin, j’ai repéré une boutique réparant les iBidules. Je m’y rends. Second échec. Il me dirige vers une autre boutique « Bobby Fix Apple ». J’explique à Bobby mon petit souci. Il me propose de changer ma « coque » pour résoudre ce problème de connectique. Banco ! Je négocie le prix. On se sert la main pour sceller notre accord. Et je le laisse œuvrer.

ll est bientôt 14h. Je n’ai toujours pas déjeuné. Je reviens sur le port, où il y a beaucoup plus d’air qu’à l’intérieur de la ville, pour dévorer mon riz et porc achetés en sachet ce matin à la hâte. Puis je me tape une bonne sieste malgré les pétarades des Long Tails qui navigue sur ce fleuve. Ensuite, je passe un long appel à ma puce. Elle me parle de thérapie transgénérationnelle. J’y reviendrais dans un autre blog. Comme j’ai encore du temps, j’en profite pour aller me faire rafraîchir ma tignasse. Le coiffeur parle un peu anglais. Son salon est minuscule. Sa femme fait la navette entre un fauteuil et sa crêperie (roti canaï) sise devant l’entrée du salon. Sa fille pianote sur son clavier sans se préoccuper de ce qui se passe autour. Il me fait une belle coupe à la tondeuse avec finition aux ciseaux. Superbe !

Pendant ma coupe, un trio de lycéens est entré dans le salon. En attendant leur tour, ils dégustent ces fameux roti dont l’odeur appétissante envahit le salon. En sortant, après avoir réglé ma coupe à 150 THB (4€), je ne peux résister à la tentation. Je me prends un roti banane-chocolat que je dévorerais après avoir englouti le riz-porc-épices restant de ce midi. La nuit tombe sur la ville. Je patiente ensuite dans un bar en sirotant un thé glacé au litchee. Comme je n’ai plus mon iPad, je suis quelque peu démuni pour bouquiner. Vers 19h, Bobby m’appelle. Je me pointe (jeu de mots !).

Il rencontre un léger problème. Ce n’est pas la connectique qui est flinguée mais le clavier externe. Toutes les pièces sont étalées sur son établis. Rien n’est remonté. Je suis mal. Il m’informe également que la dernière réparation a été mal réalisée … ce qui explique mes problèmes tactiles. Pour celles et ceux qui me suivent depuis un moment, peut-être vous rappelez vous de mon angoisse avant de partir sur mon trip 2022 Venise-Istanbul. Je n’avais récupéré mon iPad qu’un ou deux jours avant mon départ après avoir mis une sacré pression au patron du magasin de St-Georges à Toulouse. Le boulot a bien été salopé. Je lui propose de tout remonter quand même avec la nouvelle coque noir et le nouveau verre tactile. Et tout cela via traducteur évidemment … Je reste dans le magasin et le laisse bosser. A 20h30, tout est remonté et tout fonctionne à nouveau nickel. Il m’offre même un clavier Bluetooth Qwerty et Thaï ! Le tout pour 75€, la MO n’est vraiment pas chère ici. Avant de quitter la petite famille, sa femme nous prend en photo.

Je peux rejoindre le ferry. J’ai même de la marge pour m’acheter une bière Chang. Il y a un peu plus de monde que ce matin dont pas mal de jeunes occidentaux. Je vais pouvoir tester mon nouveau joujou. Quel plaisir de pouvoir saisir ce texte sans avoir à articuler comme un couillon devant mon clavier. Il est 22h30. Le ferry largue les amarres et sort de Surat Thani par ce long fleuve que nous avions déjà emprunté avec Nico le 26 janvier pour nous rendre sur l’île de Koh Pha-Ngan.

Fin de cette intense journée, pas de tout repos malgré le peu de kms parcourus, qui se conclut à nouveau par mon mantra préféré : « TOUT SE FERA … » en ajoutant, en ce 8 mars, « … AVEC LES FEMMES ! »

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