Hier soir, je n’ai pas pu regarder le 1er match de la Coupe du Monde de football entre la France et le Sénégal. Le pub du port était fermé. De plus, en Finlande, il y a une heure de décalage. Donc le match était retransmis à 22h. Autant dire que je dormais déjà après avoir bouquiné mes magazines. Et puis, souvent, ces premiers matchs sont des purges. Vu le compte-rendu, il ne fallait regarder que la 2nde mi-temps. Pour le prochain contre l‘Irak à minuit heure locale, c’est déjà tout vu.
Après une bonne nuit de sommeil, j’émerge peu avant 7h. A 8h, je reprends ma route pour revenir à l’est à Luvia avant de filer plein nord. Le vent froid et soutenu venant de la mer me pousse au cul. Je retrouve ma piste cyclable d’hier puis file au nord-ouest. Dès que je reviens vers la côte, le vent me freine.
A la sortie de la ville, la piste cyclable s’arrête. Je poursuis mon chemin sur une petite route très peu empruntée. Je traverse à nouveau d’immenses forêts de pins et de bouleaux. De temps en temps, des coupes de bois me font l’effet d’une blessure dans ces immenses forêts. La sylviculture est évidemment une des activités majeures en Finlande. Au loin, un champ d’éoliennes détonne dans ce paysage végétal.
Je poursuis ma route jusqu’à la ville ouvrière de Pori (83.000 habitants). Cette ville est sur la même latitude que Tampere, à une centaine de kms à l’est, seconde ville finlandaise avec ses 360.000 habitants. Je délaisse la trace EV10 pour contourner cette ville par la banlieue ouest. Puis je remonte, par une mauvaise piste cyclable, au nord-ouest vers la presqu’ile de Lampaluoto que je vais traverser. Auparavant, je longe un grand complexe portuaire, puis, plus loin, une cité ouvrière aux bâtiments tristounes me rappelant les bâtiments baltes d’origine russe.
Sur la piste cyclable, je croise un peloton de cyclistes ados tout de rouge vêtu. De loin, je croyais que c’était les copains du Stade Toulousain qui débarquait !
Avant d’emprunter le pont qui mène à l’île, je fais un crochet pour trouver un restau-bar afin d’y boire mon café matinal, accompagné d’un gâteau au chocolat maison. Il est 10h30. Des ouvriers y cassent la croûte. Quant à moi, je déjeunerai plus tard. Après cette pause bienvenue, je reprends ma route.
Et là, j’attaque la partie la plus moche depuis que j’ai entamé ce périple nordique. Le vent souffle fort. Je suis tête dans le guidon. J’avance péniblement à 14km/h. De plus, il n’y a plus de piste cyclable. La route est étroite. De gros camions, certains avec 2 remorques, me frôlent. Heureusement, cela ne dure pas trop longtemps.
En empruntant le second pont pour sortir de cette presqu’île, j’aperçois un vol d’oies sauvages dans le ciel. Comme dans les pelotons cyclistes, elles volent en V pour se protéger du vent. Quant à moi, je suis seul et j’en bave. Je n’ai pas Philippe, qui a bon dos, pour m’abriter. Heureusement, une fois le continent regagné, je retrouve mes immenses forêts qui m’abritent du vent.
Arrivé dans la petite ville d’Ahlainen, je bifurque à gauche pour trouver un restaurant ouvert. L’intérieur en bois est très sympa. Par contre, la cuisine est toujours aussi classique : burger, fish&ship, poulet/frite. Et encore heureux que j’ai mon appli pour traduire le menu et ne pas commander à l’aveugle. D’ailleurs, alors que je viens de finir de déjeuner, un couple de retraités arrivent, lisent le menu et repartent.
Une fois le ventre rempli, je me dirige vers la belle église qui domine le village. Je trouve un banc à l’ombre et à l’abri du vent pour y faire un petit siestou. Pendant ma sieste, je pense qu’il va falloir que j’anticipe pour mes emplettes et pour mes pauses café-restau. En effet, la prochaine ville importante est Vaasa, à 200kms au nord ! De toute façon, plus je vais monter, moins je verrai de monde. Après ces réflexions de contingence, je reprends ma route.
Je poursuis ma remontée vers le nord avec, toujours, ce vent gênant. Mais bon, le ciel est bleu, le soleil brille, les oiseaux chantent, la mer n’est pas très loin, la nature est belle. Faudrait peut-être arrêter de râler M. Dureau ! Je ne pensais vraiment pas trouver cette météo. Il fait un temps idéal pour rouler (à part le vent … hi-hi-hi) avec une température autour de 20°C. De plus, la circulation est vraiment calme. Une voiture de temps en temps qui me double en se déportant sur la gauche.
Ce qui est un peu frustrant tout de même (c’est reparti les jérémiades …) est de longer la mer sans la voir. Et encore, quand je l’aperçois, l’horizon est barré par des îles. En bord de route, je m’arrête pour « visiter » un abri en pierre enterré. Je ne sais pas à quoi il pouvait bien servir. En milieu d’après-midi, j’arrive dans la bourgade de Merikarvia. C’est l’occasion de faire mes emplettes quotidiennes et d’étudier mes cartes pour le bivouac de ce soir.
Je repère un « Outdoor shelter » (abri extérieur), le nom que j’ai donné à mon chalet avant-hier. En fait, ce sont des abris en bois où les autochtones doivent se réunir autour d’un feu de bois. Cela fait encore 27 bornes à me taper. Mais je n’ai pas trop d’alternatives vu que la route va couper dans les terres et que je préfère bivouaquer en bord de mer. J’y arrive peu avant 18h. En fait, il y a une aire de stationnement pour quelques camping-car et des chalets en location. Mais tout est fermé. Il n’y a qu’un couple de retraités en camping-car.
Quant à moi, je me réserve la maison sauna pour dormir ce soir. Comme cela, j’évite de monter la tente. De plus, le « chalet » est exposé au vent. Bon, il est l’heure de faire la popote. Il commence à faire faim après cette nouvelle longue journée de balade finlandaise.
Résumé :
122kms, 6h22, 19,2km/h, 270D+ 270D-, beau temps, bivouac