Hier soir, j’ai veillé jusqu’à 22h30 pour admirer le coucher de soleil. Mais j’étais tellement crevé (et il commençait à cailler) que je n’ai pas attendu jusqu’au bout du spectacle de Dame Nature. Je suis rentré bien au chaud dans mon chalet sauna. Vers 4h du mat’, je suis à nouveau réveillé par la clarté matinale avec mes deux fenestrons sans rideau, ni volet. Je me rendors jusqu’à 7h. Alors que je m’habille, je rencontre un petit problème vestimentaire : la fermeture éclair de mon maillot « L’Ariégeoise », offert par Bruno, ne fonctionne plus.
Je n’insiste pas. Je sors de mon chalet et vais récupérer ma burette d’huile. Deux gouttes suffisent pour réparer cet incident matinal. Comme je n’ai pris que le minimum (2 maillots, 2 cuissards, manchon, jambière, 1 veste chaude, 1 coupe-vent, 1 tenue de rechange, 1 veste pliable), il ne faudrait pas que je me retrouve à loilpé !
Après mon copieux p’tit’ déj’ pris avec vue sur mer, je reprends ma route à 8h. Je suis réglé comme une horloge suisse ! Je retrouve ma route 66, enfin plutôt 6600, limitée à cet endroit à 60kms/h. Juste derrière, un grand panneau EV10 indique les distances des villes jusqu’à Vaasa à 183kms. Je pense y être demain. Le ciel est bleu. La température est de 18°C. Le vent est calme. La route est pratiquement plate. La journée s’annonce belle …
J’envoie les watts sur cette petite route longeant la mer. En une heure, je ne croise que quelques voitures. Le paysage ne change pas trop. Je pense que, au bout d’un moment, je risque de saturer. Alors que je coupe une pointe, je traverse à présent des cultures maraîcheres dont de grands champs de pommes de terre. Vu la consommation de frites, il faut fournir. C’est de la patateculture !
Je passe également devant une grande ferme bovine repérée de loin aux odeurs qui me rappellent ma jeunesse dont quelques étés passés dans la ferme sarthoise de mes grands-parents paternaux. Comme pour chaque maison, cette grande ferme est bien entretenue. Les bâtiments sont en parfait état. Tout est clean.
Après une vingtaine de bornes, je rejoins la route principale E08 qui va de Turku jusqu’à la frontière nord-ouest de la Finlande ! Je risque de l’emprunter assez souvent … La circulation y est beaucoup plus dense. Je bifurque assez rapidement vers la bourgade de Lappfjärd où je m’arrête me dégourdir les pattes en faisant le tour des églises catholique et protestante. Puis je file vers la ville côtière de Kristinestad où je m’octroie ma pause matinale au sympathique Café Corner.
A la sortie de cette charmante bourgade, je prends la route 663 qui monte au nord-ouest. Les nuages viennent assombrir le beau ciel bleu. Je traverse ensuite la petite ville de Kristinestad bâtie sur les deux rives de la rivière Tjöcka qui se jette dans la mer à la sortie de cette ville. Je monte ensuite au nord en longeant la côte. De temps en temps, j’aperçois la mer mais, avec toujours en toile de fond, des îles. On dirait de grands lacs.
Vers midi, j’arrive dans la ville de Närpes. A l’entrée, je passe devant une grande entreprise nommée NTM (Närpes Trä & Metall) qui construit des camions poubelles vendus dans tous les pays nordiques. 700 salariés y travaillent. Dans cette zone industrielle, je repère un restau (« Oneil’s Kitchen« ) bien noté. Je m’y rends. C’est un self dans lequel il y a déjà beaucoup de monde. Je prends ma grande assiette et me sers de crudités et d’un poisson servi avec du riz ! Le café et le dessert sont compris. 13,90€ le tout. Encore une bonne adresse.
Une fois repu, je repars mais m’arrête assez rapidement en lisière de forêt à la sortie de la ville. Je n’y reste pas bien longtemps. En effet, je suis assailli de moustiques ! Et pas des tigres mais ceux qui font du bruit. Je plie les gaules vite fait. Pas de sieste aujourd’hui. En traversant les forêts baltes l’an dernier, c’était infesté. Je craignais la même chose ici. Je ne suis pas déçu du voyage. Les bivouacs vont être cotons.
Je reprends mon périple en suivant toujours cette route 673 sans grand intérêt et dangereuse vu la circulation. Je branche ma musique pour me changer les idées. Vu la météo, ce sera les superbes mais mélancoliques chansons de Cabrel. A un moment, ma trace me fait bifurquer par la bourgade d’Harrström à quelques encablures de la mer. Je m’y arrête pour admirer les deux moulins à vent parfaitement conservés. Il y a un camping à la sortie de la ville mais il est encore trop tôt pour m’arrêter.
Je monte encore jusqu’à Korsnäs où je m’arrête faire mes emplettes. Puis je sors mes cartes d’état major pour trouver un bivouac pour ce soir. Hélas, je ne repère rien de satisfaisant si ce n’est une plage et un port à la sortie de Molpe à une quinzaine de kms d’ici. Je m’y dirige.
Mais, avant d’y arriver, un panneau Waterloo Trail m’interpelle. Je tourne à gauche et m’y dirige. En fait, c’est un complexe de biathlon avec des chemins qui deviennent des pistes de ski de fond l’hiver et des stands de tir. Il n’y a personne. En me baladant dans ce complexe, un châlet avec une clé sur la serrure m’invite à me poser. C’est le local où doivent se réunir les officiels lors des compétitions. Il y a une salle commune avec quelques tables, une kitchenette et une pièce dans laquelle sont stockées des cibles. L’électricité fonctionne. Cela me parait parfait pour passer la soirée au sec et à l’abri des moustiques. Je me pose.
Fin de cette monotone journée durant laquelle j’ai passé la moyenne des 20kms/h. Ce qui n’a pas dû m’arriver bien souvent.
Résumé :
110kms, 5h16, 20,9km/h, 310D+ 300D-, beau temps / nuageux, squat