A nouveau réveillé vers 4h du mat’. Le ciel est toujours aussi clair et la luminosité incroyable. Je me replonge dans mon duvet jusqu’à 6h30. Le soleil est déjà sorti. Le ciel est bleu sans aucun nuage. La température est de 15°c. Je n’en reviens pas de ces conditions météos. Je m’attendais vraiment à pire comme en Irlande il y a 2 ans. Mais ce n’est que le début de ce long périple.
Par contre, j’ai lu sur Libé qu’il y a avait une nouvelle vague de canicule en France. Et dire qu’il y a encore des abrutis qui remettent en cause le dérèglement climatique. Et que ce n’est pas dû aux facteurs humains ! Je vous rappelle, comme souvent, le discours de René DUMONT, agronome renommé et écologiste, qui s’était présenté aux présidentielles de 1974 (il y a donc 52 ans). Il avait fini 6é du 1er tour et remporté 1,34% des voix (336.000 voix) devant un certain Jean-Marie LE PEN (0,76% !!!). Il n’y pas que la météo qui change …
A l’époque, sa campagne iconoclaste est très remarquée. Il se distingue avec son fameux pull rouge, ses déplacements à vélo (un précurseur !), sa célèbre formule choc (« La voiture, ça pue, ça pollue et ça rend con ! »). Il avait déjà averti les conséquences de notre activité sur la planète. Dans un débat télévisé, il était venu avec une pomme et une verre d’eau pour illustrer la crise écologique à venir. Tout le monde se foutait de sa gueule. Aujourd’hui, on ne peut que constater les magnifiques résultats de nos politiques de tout bord …
Quant à moi, je quitte mon chalet associatif et reprends ma route peu avant 8h. Je retrouve ma monotone route 673. Au bout d’un moment, je quitte l’itinéraire EV10 pour bifurquer sur une piste qui me rapproche de la mer. C’est quand même beaucoup plus sympa. J’espère y apercevoir des animaux sauvages mais toujours rien. Dommage … J’arrive sur un petit port dans l’estuaire de Malax où je me rends en suivant la rivière. C’est beaucoup plus sympa que mon axe rectiligne.
Cependant, il me faut le réemprunter avant de bifurquer à nouveau plein ouest pour longer la mer par une route secondaire. Je traverse une plaine maraîchère avec de belles maisons typiques. En milieu de matinée, j’arrive à l’entrée de la ville portuaire de Vaasa. Cette ville de 67.000 habitants compte la plus forte colonie suédoise (5% de la population). Sur le pont qui enjambe l’estuaire et mène au centre-ville, j’aperçois enfin l’horizon. Je pars dans le centre à la recherche de mon café matinal.
Après avoir pas mal jardiné pour en trouver un d’ouvert, je le déniche finalement sur la place principale. Derrière moi, une table de retraités fait un boucan d’enfer. Faut baisser les sonotones messieurs ! Après cette pause matinale, je sors de la ville en empruntant, comme d’habitude, un incroyable réseau cyclable sillonnant toute la ville. Par contre, je ne trouve pas trace des panneaux EV10. Bizarre …
Je suis ma trace en me dirigeant à l’est vers la ville de Kvevlax en coupant cette nouvelle pointe. J’emprunte à nouveau des routes secondaires beaucoup plus agréables et variées. Après avoir passé cette bourgade, je suis justement obligé de longer la route E08 pendant quelques kms. Je bifurque ensuite au sud à l’entrée de Kuni afin d’emprunter une piste forestière et éviter cet axe. Alors que je regarde mes cartes à la recherche d’un restaurant, je rencontre un couple de retraités qui me demande ce que je fais dans les parages.
Je leur explique mon périple et leur demande si le restaurant « Tesses Café« , repéré sur Google Maps mais signalé fermé ce jour, est bien ouvert. Ils acquiescent. Je m’y rends. Hélas, il est bien fermé. Vu l’heure, je décide de m’attabler sur la terrasse et de casser la croûte avec mes victuailles. Ce midi, sera pâtes aux épinards accompagnées de thon … au piment ! Je n’avais pas fait gaffe en achetant la boite. Ça envoie !
Krisni, la compagne balaise de mon fils, adorerait. D’ailleurs, en ce 19 juin et après 3 mois de vadrouille en France et en Toscane, ils reprennent l’avion depuis Milan vers Bangkok. Après 10 jours superbes passés chez ma belle-sœur, je les avais emmenés à la gare de Les Arcs-Draguignan avant qu’ils ne partent vers l’Italie. Puis j’étais rentré, avec mon nouveau char et quelques jeunes covoitureurs fort sympathiques, dans mon fief blagnacais. Autant dire que je n’ai pas tardé à réserver mon avion pour Helsinki, préparer mes sacoches, conditionner HakaOne et filer au plus vite pour ne pas choper une grosse déprime.
Fin de la parenthèse. Après ce copieux déjeuner, je m’octroie un siestou de 30 minutes avant de remonter sur HakaOne. Ensuite je retrouve la route E08 avant de bifurquer très rapidement vers le nord et l’île d’Oxkangar. Je retrouve à nouveau ces petites routes que j’affectionne tant. Puis je passe le pont qui m’amène sur cette petite île. Je la traverse d’ouest en est après avoir gravi quelques belles bosses. Je traverse ensuite celle de Lillixkangar avant de rejoindre le continent.
Juste à la sortie du pont se trouve une marina avec un restaurant chicos « Hellnäs Boathouse« . Il est 17h mais beaucoup de personnes sont déjà attablés. Quant à moi, je ne prends qu’un café pour me secouer avant d’entamer la dernière partie de cette belle journée. J’en profite aussi pour repérer un éventuel bivouac à la sortie de la ville et, aussi, refaire le plein d’eau. Je suis à sec !
J’emprute alors de mauvais chemins empierrés pour éviter de rouler le long de la route E08. Puis, à l’entrée à d’Oravais, je retrouve une piste cyclable qui longe cette route. Je m’arrête faire quelques emplettes dans un magasin ABC. Sinon, c’est Market, SuperMarket, Safe ou Lidl.
Puis je me dirige vers la tour d’observation précédemment repérée. Le cadre est à nouveau magnifique. Et là, j’ai vue sur la mer dégagée ! De plus, j’ai la joie de voir un troupeau de moutons pour me tenir compagnie. Cependant, alors que je parque HakaOne, il me semble distinguer un mouvement en haut de cette tour. Je grimpe l’escalier. Je n’ai pas rêvé. Il y a une jeune fille en train de jouer à la console. Ma présence semble la déboussoler. Je redescends et installe ma tente sur le seul emplacement disponible. Par contre, j’aimerais bien me « doucher » et me changer. Elle a dû lire dans mes pensées et part sans m’adresser la parole. Tant pis.
Quant à moi, je finis de rédiger ces lignes avant de me taper une bonne bière bien fraîche. Finalement, j’ai craqué. Je l’aurais bien bu en regardant la 1/2 finale de rugby Stade Toulousain / Racing 92 mais c’est vraiment trop tard. J’en connais, les copains du Stade Toulousain Cyclisme et du Vélo Club Blagnacais, qui ne vont pas en rater une miette. « Allez le Stade ! »
Résumé :
128kms, 6h16, 20,4km/h, 400D+ 410D-, beau temps, bivouac