La nuit a été quelque peu agitée. En effet, vers minuit, alors que je dormais du sommeil du juste, des bruits suspects m’ont réveillé. Je pensais que c’était les propriétaires de la tente qui revenaient. En fait, après avoir baragouiné quelques mots en anglais, j’ai compris que ce n’était que deux jeunes filles qui venaient finir la soirée dans cet endroit. Malgré mes bouchons d’oreille, leur conversation et leur rire empêchent de me rendormir. Finalement, elles finissent par partir … après avoir branché leur musique. Sympa !
Après cet intermède vocal et musical, je finis par me rendormir jusqu’à 7h du mat’. Je déjeune de muësli mélangé avec mon thé et de quelques tartines au miel. Comme je n’ai pas à plier ma tente, je décolle peu avant 8h. Mes voisins caravanistes dorment toujours. Hier soir, ils se sont baignés à la fraiche. Malgré leur proposition de les rejoindre, je me suis abstenu. L’eau du lac devait être à 15°c ! Ils sont aussi fous que les irlandais …
HakaOne m’attend bien sagement. Nous repartons pour une nouvelle belle journée qui s’annonce. Température de 18°c. Ciel bleu en bord de mer, couvert à l’intérieur. Après être sorti du chemin, je traverse ce hameau de Ruotsalo endormi en ce dimanche matin 21 juin, jour de la Fête des Pères (merci ma puce d’y avoir pensé … Je t’aime !). J’emprunte un petit bout d’E08 avant de partir à nouveau dans la pampa pour éviter cet axe principal en direction de Himanka.
Une fois arrivé dans cette bourgade nichée au fond d’un estuaire, je m’arrête faire quelques emplettes. Comme nous sommes dimanche, je préfère anticiper. J’en profite pour boire un café à la machine, accompagné de gâteaux à la fraise, avant de repartir.
En 1h30 de parcours, je ne croise que deux lièvres qui batifolent en bordure de route, un chat, siamois et sachant, chassant sagement dans les champs, un VTTiste, un couple de retraités à vélo en balade matinale. Et aucun véhicule ! Ce n’est qu’en retrouvant l’E08 pour un nouveau court trajet juste avant de bifurquer à l’est après Himanka, que je croise à nouveau ces engins bruyants, puants et polluants (comme disait René !). Je vous rassure. Je ne suis pas comme certains potes jusqu’aux boutistes, j’en possède un également ! Mais je l’utilise au minimum (3.000 kms/an).
Je repars à nouveau dans la pampa à travers cultures céréalières et forêts. Le décor ne change pas. Par contre, la route secondaire est bien défoncée. Des plaques de goudron bouchent les trous tant bien que mal. Certainement que les rudes hivers doivent détériorer tout ce réseau routier. De temps en temps, je passe devant de beaux abribus ou de simples poteaux, pour le ramassage scolaire, devant les fermes. Après avoir traversé les hameaux endormis de Pöntiö, Pahkala et Torvenkylä, je retrouve l’E08. Une piste cyclable la borde jusqu’à Kalajoki.
Je traverse sans m’arrêter la station balnéaire de Hiekkasärkät. Là, c’est blindé de monde. Je fuis ! Je poursuis jusqu’à la grande ville avant de trouver un restau ouvert pour y engloutir un méga hamburger au bleu d’Auvergne accompagné de frites maison. A la fin de ce copieux repas, à nouveau, les entrées, à base de crudités, étaient en libre-service, je m’avance à la caisse.
Alors que je règle l’addition, la serveuse me demande d’où je viens. Quand je lui dis que je suis français, son visage s’illumine. Elle m’explique que son compagnon est français, originaire de La Flèche dans l’ouest. « Vous connaissez ? » me demande-t-elle en anglais. « Ben oui » lui dis-je « Mon père y est né ! ». Je n’en reviens pas. Elle est aussi choquée que moi. Mes grands-parents habitaient à 13kms au nord-est dans le village de Saint-Jean-de-la-Motte au lieu-dit « Le Grand Friche ». C’est incroyable ! Elle m’explique qu’elle était en France en début d’année. Qu’elle a visité Paris bien sûr et la Bretagne. « Le monde est petit. » Me dit-elle. Oh que oui ! Heureusement, il n’y a plus grand monde en salle. Nous papotons un moment avant que je ne reprenne la route. Il est 13h30.
Après ce bel intermède, je repars vers le nord en empruntant à nouveau de petites routes pour éviter l’E08. J’emprunte la route 768 qui m’emmène vers Merijärvi. Je fais un break en m’arrêtant au bord du petit lac de Monttu perdu dans la nature. Quelques familles y passent la journée. Des enfants se baignent dans ce qui semble être une ancienne carrière.
Puis, avant d’arriver dans la bourgade précitée, je bifurque au nord pour me diriger vers la bourgade de Pyhänkoski pour y admirer les rapides selon les conseils de la serveuse. La piste qui y mène traverse quelques fermes abandonnées. Je ne croise personne. Cependant, comme sur toute cette côte, des champs d’éoliennes ont été plantés. Peut-être ceci explique cela … Quant aux rapides, j’ai vu mieux. C’est surtout la grosse glace au chocolat, achetée dans un kiosque tenu par deux ados, que j’admire et déguste.
Après cet intermède glacé, il me faut remonter au nord-ouest en direction de la ville de Pyhäjoki bâtie en fond d’un estuaire et de marécages. Comme chaque après-midi, le vent a forci. Je me le tape plein fer. Vers 16h30, j’arrive sur zone. J’ai repéré une tour d’observation accessible après avoir traversé un camping. Las. Une des passerelles, qui mène à l’îlot où devrait se trouver cette tour, a été emportée. Je n’ai plus qu’à faire demi-tour et me diriger vers une autre tour d’observation à 10kms au nord.
Celle-ci est accessible après avoir emprunté une piste de 3kms. Elle est en bord de mer. La vue est à nouveau magnifique. Je domine toute la baie et un petit port. Cette fois-ci aucune île ne gâche le paysage. Je pourrais presque voir la Norvège en face ! Cependant, comme c’est marécageux, le bas de la tour est infesté de moustiques. Je décide d’installer ma tente en haut. Après pas mal de bricolage pour l’arrimer sans mes piquets mais en utilisant des ficelles, je peux enfin me poser et écrire ma prose quotidienne.
Encore une belle journée de vadrouille et de rencontre. Demain, je devrais arriver à Oulu et visiter l’île d’Hailuoto conseillée par ma serveuse. Ce jour, je viens d’atteindre la barre des 1.100kms. Et la route est encore longue …
Résumé :
122kms, 6h00, 20,3km/h, 270D+ 280D-, beau temps, bivouac
Hello Gaël
c’est toujours assez incroyable et finalement pas si rare ces rencontres qui se terminent toujours par « le monde est petit »
bon voyage !
JJ
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Hello Gaël
c’est toujours assez incroyable et finalement pas si rare ces rencontres qui se terminent toujours par « le monde est petit »
bon voyage !
JJ
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