J17 – samedi 27 juin 2026 – Sodankylä / Tankavaara

C’est à nouveau sous un beau soleil estival et un magnifique ciel bleu que je me réveille peu avant 7h du mat’. Je plie les gaules alors que les moustiques attaquent également leur journée. Je profite de la terrasse d’un bungalow pour prendre mon copieux p’tit déj’. Je quitte ce sympathique camping, sis en bordure de la rivière Kitinen, peu après 8h en direction de la ville de Sodankylä. Par contre, de gros nuages apparaissent à l’horizon. Cela ne sent pas bon.

Je m’arrête dans le Market déjà ouvert pour y faire de grosses emplettes. Vu qu’il y a une ville à peu près tous les 100 bornes, je préfère être prévoyant. Comme d’hab’, j’arrive et je sors de cette ville par une belle piste cyclable. Mais dorénavant, je vais devoir partager ma route avec voitures, camping-cars et camions. Je la partage aussi avec un renne qui m’a l’air perdu. Il tente de rentrer dans la forêt sur ma gauche mais elle est ceinturée d’un grillage. Finalement, après l’avoir un peu perturbé, il finit par partir dans celle de droite.

Peu après 10h, alors que le ciel devient de plus en plus menaçant, j’arrive devant le café repéré sur ma carte. C’est un endroit charmant en bordure de fleuve. Il fait magasin de souvenirs et café. La propriétaire est fort sympathique. Je prends un café accompagné d’un gâteau maison à la myrtille. 

Le cadre est, ma foi, fort agréable également. Je profite de cette pause pour passer mon WordPress en Business Plan ! Selon mon expert balinais, mon plan actuel est saturé à tous les niveaux. Il ne peut donc rien faire pour moi. Je verrai si cela fonctionne mieux ce soir. Mais, là, il me faut quitter ce bel endroit et repartir.

Après avoir parcouru quelques kms, je fais, comme quelques motards, une nouvelle halte, pour enfiler ma tenue de pluie irlandaise. C’est une « tenue de chantier », achetée il y a 2 ans, alors que je prenais de la pluie presque tous les jours (36 jours de périple et 3 jours sans pluie). Le seul défaut est qu’elle est noire. De ce fait, je mets mon gilet jaune de L’Arche-en-Pays-Toulousain.Pour rappel, cette asso accueille 50 personnes en situation de handicap mental. Au dos, le logo « Tout est plus rigolo à vélo » est inscrit. C’est suite à un concours interne à l’ESAT (Etablissements et Services d’Accompagnement par le Travail) que Cyril, à l’époque responsable, s’était désigné vainqueur. Je plaisante. Quant à moi, j’avais trouvé un slogan moins consensuel : « Nous, on n’est pas débile. On avance« . Cela avait beaucoup fait rire. Comme quoi, ils ont aussi le sens de l’humour.

Et bien m’en a pris, à peine ai-je repris ma route que la drache arrive. Je roule une bonne heure sous des trombes d’eau. Je m’aperçois que j’ai oublié de prendre mes gants Mapa pour garder mes gants de vélo au sec. Là, ils sont trempés au bout de quelques minutes. Et, comme la température est tombée à 11°C, j’ai rapidement les doigts gourds. A un moment, je passe devant le panneau « Ivalo« , la prochaine ville, à 100kms. Vu ce qui tombe, je me dis que, effectivement, elle y va l’eau !

Enfin je ne me plains pas. Il y en a qui sont partis faire la cyclo-sportive  « L’Ariégeoise » ce matin. C’était ma dernière cyclo courue en 2019 , également en pleine canicule. Il y avait même eu un mort et plusieurs hospitalisations. Vu le bilan, sans parler des nombreuses chutes, je me suis promis de ne plus faire de cyclos. Quant au marathon, terminé également, le compteur restera bloqué à 35. 

Peu après midi, j’arrive en vue de ma pause-déjeuner qui se trouve avant un pont enjambant le bras d’un immense lac. La spécialité est, en plus de la vente des souvenirs, les pancakes. J’en commande un à la viande de rennes et un autre à la myrtille. Les deux sont succulents.

Alors que je m’apprête à repartir, pieds et doigts trempés, je suis abordé par un géant suisse qui a repéré mon maillot de l’Ariégeoise.  Il m’explique, avec son accent typique suisse, que c’est un fana de vélo et qu’il participe, à moto, à la sécurité de courses, notamment du Tour de Romandie. Il est très bavard et me raconte quelques anecdotes croustillantes. Sa femme belge se joint à la conversation. Heureusement, la pluie s’est arrêtée et il ne me reste plus trop de kms à parcourir. Mais il me faut quand même repartir. Alors qu’eux redescendent vers le sud, je continue mon chemin vers le nord.

Sur la route, je remarque sur la droite un panneau indiquant un Bed&Breakfast. Mais c’est l’indication des EV11 et EV13 en bas à gauche qui m’interpellent.

Puis, plus loin, c’est un message en same, la langue des Samis, « Sami poarta bures boahtin » qui semble me souhaiter la bienvenue en franchissant cette porte. Merci ! A partir de maintenant, je verrai également beaucoup de drapeaux, très colorés, des Samis. 

Et, juste après cette pancarte, est érigé un village de maisons en préfabriqué assez modestes. Pour y accéder, je traverse une haie de vélos accrochés en l’air ! Il y en a quelques-uns que j’aurais bien récupérés pour les reconditionner dans mon atelier vélo de L’Arche.

Je poursuis ma route alors que le ciel bleu essaie de percer à travers les nuages. La route s’élève et je me retrouve sur un long faux plat montant avant d’arriver à destination. Je suis à l’entrée d’un parc national. Sur ma gauche se trouve un restaurant et quelques maisons imitant le far-west, au centre un musée sur l’extraction d’or et à droite le départ de sentiers / pistes de ski de fond l’hiver avec mon laavu qui m’attend.

Il est 15h30. Je me pose, fais ma toilette de chat, étends mes affaires mouillées entre 2 arbres, pars au saloon boire un café, vu le prix exorbitant de la bière, et rédiger ces lignes.

Alors que je tapote sur mon clavier, qu’elle n’est pas ma surprise de voir débarquer Catarina ! Elle m’explique que, hier soir, elle était tellement crevée de sa journée, qu’elle a préféré tailler la route pour se rendre dans un appart réservé à l’arrache en ville. A la sortie du saloon, on tombe sur un autre cyclo-touriste mais à vélo couché. D’ailleurs, j’en avais croisé un autre ce matin, qui devait barouder depuis longtemps, vu son look hirsute.

Je les prends en photo avant de revenir planter ma tente sous mon laavu, me préparer à diner et bouquiner mes magazines. Comme d’hab’, j’ai beau me badigeonner de mon 5/5 anti-moustiques, je suis attaqué de toute part. Il faudra que j’essaie de trouver le produit BushMan pour voir si c’est plus efficace.

Malgré le peu de bois disponible et avec quelques feuilles de journaux récupérées au café, j’arrive quand même à me faire une flambée. Ce qui a le pouvoir de faire fuir les moustiques !

Fin de cette 17è journée avec la pluie au programme. Et, ce soir, « Allez le Stade ! ».

Résumé :

105kms, 5h10, 20,3km/h, 450D+ 320D-, pluie/nuageux, bivouac


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