Ce matin, vers 3h30, je suis réveillé par le froid. Ou est-ce le fantôme de mon frangin Yves-Marie, décédé il y a 2 ans ce jour et à qui je dédie cette journée, qui me tire par les pieds pour aller admirer le soleil de minuit ? Je me réveille, enfile mon polo, sort faire une pissouille et admire le soleil rasant au-dessus des arbres qui continue d’illuminer la nuit.
Autant en été, cela passe. Mais, en hiver, dans ces régions de Laponie (Lapin en finnois), le soleil ne se lève pas pendant près de deux mois, un phénomène appelé la nuit polaire (kaamos). Mais, ce matin, le ciel est à nouveau bleu. Le soleil brille. La température (désolé Mathias !) est de 13°C. Je retrouve la « bande cyclable » de ma route n°4. Il est à peine 8h. C’est reparti mon kiki.

Je file toujours plein nord vers Ivalo à 50 bornes d’ici. Ce dimanche matin, la route est déserte. J’avance à nouveau bon train. Par contre, nouvelle attitude. Finie la platitude en changeant de latitude, maintenant c’est de l’altitude. En effet, j’enchaîne de longs faux plats montants et d’aussi longues descentes. J’adore.

Je grimpe ainsi à Saariselkä où se trouve la station de ski la plus septentrionale d’Europe. Il y a 18kms de pistes pour le ski alpin, 230 kms (!) pour le ski de fond et la piste de luge (1,8km) la plus longue du pays. Son altitude se situe entre 267 et 437m. Sur le plateau désertique, j’aperçois au loin, non pas un troupeau de vaches, mais une horde de rennes.

J’en vois même en bord de route dont une horde de femelles avec leurs petits. Celui-ci vient juste de finir d’allaiter.

Je redescends à fond les ballons et dépassent les 50km/h. Mon record de 92km/h dans la descente du Tourmalet perché sur Rocco, mon vélo carbone CBT italien, ne sera pas battu. Je continue mon périple dans ce décor féérique entre lacs et forêts. Je me régale les mirettes. Finies ces longues droites monotones.

En milieu de matinée, je m’arrête prendre mon café au « Camping de la rivière » à l’entrée d’Ivaro. Le jeune patron est très sympa. Puis je traverse cette petite ville de 3.000 âmes, à nouveau sans aucun charme. Auparavant, je m’arrête au Market du coin pour y acheter mes gants en caoutchouc en prévision des prochains grains. A la sortie de la ville, de jeunes communiants, dont certain.es en costume local, sortent de l’église catholique.

Quant à moi, je poursuis ma route où je croise maintenant de nombreuses hordes de rennes d’élevage. Ils ont un collier autour du coup. Par contre, ce beau mâle erre seul au milieu de la route. Comme moi d’ailleurs !

Je croise quelques cyclotouristes descendant du Cap Nord ou en double qui, comme moi encore, y montent. Là, c’est un couple polonais avançant piano que je double. Je taille la bavette avant de les laisser. Je longe à nouveau de magnifiques lacs sous ce ciel toujours aussi clément. Quel pur bonheur de se nourrir ainsi de ces superbes paysages !

Par contre, il me faut quand même penser à me nourrir aussi la panse. Je m’arrête dans un café-souvenir mais il ne serve que des pancakes sucrés. Tant pis. Je décide de filer jusqu’à Inari à une quinzaine de bornes. J’y arrive en début d’après-midi par une piste cyclable sur laquelle je croise Jean-Paul, cyclotouriste black originaire d’Aix-en-Provence. Il a fait tout un périple en voiture, train, bus pour monter jusqu’au Danemark afin d’arriver au Cap Nord le 21 juin.
On se souhaite bonne route avant que je n’arrive dans le centre d’Inari (Anar en same). Je dégote un hôtel-restau chicos et pas du tout anar pour le coup ! En ce dimanche, je me tape la cloche et déguste un burger à la viande d’oie (goose) devant ce cadre enchanteur.

J’ai déjà roulé presque 100 bornes depuis ce matin. Donc je prends mon temps et résous mon problème de WordPress. En effet, alors que j’avais pris une nouvelle formule (Business Plan) il y a qq jours, afin d’augmenter mon volume de stockage, cele ne marchait toujours pas. Finalement, en me déconnectant/reconnectant à mon compte, ce nouveau plan a été pris en compte. Désormais, vous allez retrouver l’image en plus des textes. Peut-être ferai-je la mise à jour des précédents articles lors d’une prochaine pause …
L’heure avance et il me faut repartir. Initialement, j’avais prévu de bivouaquer dans le secteur. Mais vu la météo je vais, comme l’heure, avancer. Je sors donc du restau et sur qui je tombe ? Je vous le donne en mille : Catarina ! Ayant vu HakaOne stationné devant le restau, elle s’est attablée en terrasse pour boire un café. Elle m’explique qu’elle a de nouveau réservé un hébergement. Hier, elle s’est déjà tapée 140 bornes. Et elle veut tracer la route. Elle va monter directement au Cap Nord sans passer par la route plus sauvage à l’est. Cette fois-ci, on se dit au-revoir pour de bon.
Il est plus de 15h lorsque je repars. Mais avant cela, j’immortalise cet hydravion devant cet immense lac au pied d’Inari.

Je retrouve mes belles routes vallonnées avec, de temps en temps, des rennes qui se promènent sur le bord ou qui veulent tout simplement traverser. Celui-ci est un beau mâle qui n’a pas l’air trop stressé par la circulation. Il n’y a que le bruit de grosses cylindrées qui le fera fuir. Je me dirige donc vers la tour d’observation que j’ai repérée sur mes cartes. Elle se trouve à une quinzaine de kms plus au nord.

A un moment, je quitte la route principale pour bifurquer à gauche sur la petite route 9710. Au bout de quelques kms, je pars sur un chemin à la recherche de cette tour. Je ne trouve pas. Je me pose et regarde mes cartes. En un instant, je suis envahi de moustiques. Je me dépêche d’enfiler mes jambières et mon buff sur la tête. C’est hallucinant. Autant dire que bivouaquer près de ces lacs est impossible. Finalement, je reviens sur la route, lève la tête et aperçois cette immense tour d’observation qui dépasse la cime des pins.

Je pose HakaOne au pied, me fais à nouveau attaquer, me dépêche de sortir mes 2 sacoches de gauche contenant, l’une, ma bouffe et, l’autre, mes affaires de rechange et de couchage. Puis je grimpe les 65 marches de cette tour avant de découvrir une vue à 360° absolument extraordinaire.



Quelle chance incroyable ! Cette journée restera une de mes plus belles (hormis les moustiques). Il y a 2 ans, c’était l’une des plus tristes. Pour finir sur mon frangin, l’aîné de notre fratrie de 4 garçons, lui-même papa de 2 gars, il rêvait d’être grand-père (et si possible d’une petite fille). Son cadet, Hugo, et sa compagne Leslie ont réalisé son rêve en donnant naissance à la petite Marilou venue au monde le 4 juin. D’où il est, il doit être très fier et très heureux. Et je suis sûr qu’il prendra grand soin d’elle.
Résumé :
121kms, 5h53, 20,6km/h, 780D+ 920D-, beau temps, bivouac

Merci pour les photos, c’est plus sympa ! Bonne route, que les moustiques te laissent tranquille…
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Coucou frèrot,
On a pas le son mais on a récupéré l’image et c’est une réelle plus-value.
Aussi, plus besoin de se connecter sur Maps ou autre pour te suivre à la trace,
un vrai Pro. !
Garde bien le Cap,
Topette
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Merci Manou 🙏. J’ai mon expert qui était un peu occupé ces derniers temps 🤔. Dans quelques voyages, la prochaine étape sera de passer sur le Plan WordPress Professionnel 😂.
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