J35 – mercredi 15 juillet 2026 – Stamsund / Moskenes / Bodø

La nuit a été calme dans ma chambrée. Les quatre jeunes randonneurs se sont couchés après le match, sans bruit. Et la petite coréenne au dessous de ma couche n’a pas fait de bruit non plus. Et, de plus, personne n’a ronflé (sauf peut-être moi ?). C’est elle la première éveillée. Quant à moi, j’émerge vers 7h15. Le temps de me préparer, d’enfiler mes braies et de déjeuner dans la grande cuisine, je plie les gaules vers 8h.

Tout le monde dort … La météo n’a pas changé : il pleut et il fait frisquet (11°c). J’ai enfilé ma tenue de marin-pêcheur. Il est l’heure de reprendre la route. Je quitte ce sympathique endroit. Un dernier coup d’oeil à ce joli port et c’est reparti mon kiki.

Plutôt que de revenir sur mes pas, je vais contourner cette pointe. Je repars donc vers l’embarcadère en laissant cette auberge de jeunesse sur ma gauche.

Pendant une dizaine de kms, j’emprunte la toute petite route jaune n°7614. Je passe sous le mont Steinetinden (509 mètres). Le paysage est à nouveau sauvage avec ces monts sur ma droite et la côte rocheuse sur ma gauche.

Enfin tout dépend dans quel sens je prends la photo !

Après avoir fait le tour, je retrouve la route orange n°815. Et là, ça grimpe sec. Je monte un col. En haut, j’aperçois au loin un tremplin de ski. Il faut vraiment être bargeot pour se lancer sur cette rampe abrupte. Une fois le col franchi, je croise des pistes de ski de fond.

Puis, je plonge sur la ville de Leknes (4.000 habitants) avec son aérodrome. J’emprunte une piste cyclable qui me fait passer dans centre. Je passe devant une boulangerie-café d’où se dégage une bonne odeur de cannelle. Mais il est trop tôt pour m’arrêter. Puis je retrouve la route E10 que je vais suivre vraiment jusqu’au bout ! Le ciel est toujours plombé. De temps en temps, des hameaux sont plantés sous ces monts impressionnants.

Je quitte cette île puis emprunte un tunnel sous-marin pour arriver sur celle de Falkstadøya. Une fois dessous, je me souviens du discours d’un des cyclotouristes rencontrés. Il évoquait qu’il y avait un tunnel en travaux et ne devait pas être emprunté par les cyclistes et piétons. D’ailleurs, je croise la navette avec sa remorque qui remonte en sens inverse. Bien joué Dureau ! Il est trop tard. J’ai entamé la descente et me faut maintenant attaquer les 900 mètres de rude montée. Ce tunnel aux parois brutes, aux bas-côtés boueux et aux nombreuses infiltrations donne vraiment la chair de poule. D’ailleurs, je tremble tellement que ma photo est floue !

Une fois à la surface, je retrouve ce crachin qui mouille. Je vais à nouveau contourner un fjord. De l’autre côté se dressent les monts qui dominent le village de Flakstad.

Je profite du parking et d’un touriste en vadrouille pour me faire tirer le portrait dans ma tenue de marin-pêcheur. Vous remarquerez mes élégantes sur-chaussures et les pinces à linge pour resserrer mon pantalon de pluie qui flotte un peu trop à mon goût.

Je poursuis mon p’tit bonhomme de chemin et arrive à Flakstad. J’y fais un crochet pour aller admirer sa superbe église protestante. L’entrée est à nouveau payante (6€). Comme je suis trempé, je jette juste un oeil. Je vais maintenant longer la côte ouest de cette île.

Puis j’arrive à Skagsanden beach. Là se trouve un immense camping avec quelques surfeurs. L’occupation principale est d’aller au sauna puis de courir jusqu’à la mer pour s’y baigner. Très peu pour moi. Je vais juste profiter du café avec vue sur mer pour faire ma pause syndicale et me réchauffer un peu. J’y retrouve mes deux cyclotouristes dont un tire un carriole mono-roue. Dans les tape-culs, ils mettent pied à terre. Là, ils sont en train de casser rla coûte en buvant une bière. La route va être longue … Quant au petit groupe en jaune au pied du café-restau, il s’apprête à aller surfer. Bon courage les d’jeunes !

De mon côté, je vais plutôt aller pédaler. Avant de retrouver la grande route, j’admire une dernière fois cette superbe plage de sable blanc. Auparavant, je tombe ma tenue de marin-pêcheur et j’enfile mon coupe-vent du STC. La pluie a fait place à un léger crachin. De plus, avec la transpiration, je suis trempé. Je vais essayer de sécher un peu.

Un double pont permet d’accéder à l’île de Moskenesøy en empruntant la route n°7708. En consultant mes cartes, il me semble que cette partie de l’île est bien déserte . Effectivement toute cette partie ouest intègre le Lofotodenn nasjonalpark avec de nombreux sommets dont le plus haut est le Hermanndalstinden culminant à 1029 mètres.

Ma route me fait accéder à cette île, par ce pont, mais un peu plus bas. Heureusement, le vent ne souffle pas trop fort. Souvent, ces passages de pont sont vraiment périlleux. Je vais maintenant longer la partie est de l’île jusqu’à son extrémité.

Le paysage est tellement grandiose que je ne vois pas l’heure passée. Je commence à avoir les crocs. Normal, il est 13h passé. Plutôt que de passer à nouveau sous un long tunnel longeant la côte, j’emprunte l’ancienne route. A la sortie, un parking avec WC et tables m’incite à ma pause-déjeuner. Je descends un peu plus bas pour me poser des rochers et admirer la vue sur le village de Hamnøya bâti au pied de ce promontoire impressionnant. Ce midi, ce sera à nouveau salade de patates. C’est pratique, c’est bon et ça cale !

De l’autre côté de la route, j’admire ce lac au pied des impressionnants massifs alors qu’un rayon de soleil perce le ciel grisâtre.

J’entame à présent la délicate traversée des îlots de Toppøya, Olenilsøya et Sakosøya. Ils sont reliés par des ponts à un seul sens de circulation. La route y est également très étroite. Et les touristes sont nombreux.

Il faut dire que ces anciens villages de pêcheurs sont superbes avec ces maisons construites sur pilotis et l’eau turquoise au-dessus de bancs de sable.

En milieu d’après-midi, j’arrive à Moskenes, le port d’où partent les ferries pour la ville de Bodø sur le continent. D’ailleurs, j’en vois un à l’horizon qui vient de quitter le port. Tant mieux. Cela m’incite à pousser jusqu’au sud de cet archipel des Lofoten. Après 4 kms, j’arrive dans le village de Å fléché depuis 500kms. Oui, c’est bien le nom de ce village du bout du monde. D’ailleurs, ce matin, j’ai traversé un hameau nommé .

Je traverse ce village pour arriver au bout de la route E10. Sur la gauche, il y a un parking qui permet de faire demi-tour. Et donc de repartir au nord.

Je laisse HakaOne à l’entrée du chemin qui mène, à pieds, au bout de cette partie « civilisée » des Lofoten. L’extrême pointe est un peu plus au sud dans le parc national.

Et bien, depuis le temps que j’entends parler de ces îles de Lofoten, j’en ai vu le bout (si je puis dire). Un selfie, que j’adore et avec lequel je ne sais toujours pas où il faut regarder, et je repars retrouver HakaOne.

Après cette petite escapade, il me faut revenir à Moskenes. Auparavant, je m’arrête dans un petit café fort sympathique repéré à l’aller et sis dans le village de Sørvågen. J’y déguste un délicieux gâteau maison accompagné de café à volonté. J’en profite pour faire sécher mes vêtements le long d’un radiateur et rédiger ces lignes.

En discutant avec la patronne, elle me demande, entre autres,  si je cherche une chambre. Je lui dis que non et que je dois prendre le ferry pour revenir sur le continent. Elle regarde ses horaires et me préviens que le prochain départ est dans 10 minutes, le prochain étant à 20 heures. Gloups ! Elle me propose même de charger mon vélo dans sa voiture et de m’emmener. C’est sympa mais le temps de charger et décharger, j’ai aussi vite fait de foncer. Let’s go ! J’arrive alors que le ferry a encore la gueule ouverte. Je fonce. Des voitures attendent mais il a déjà ingurgité tout ce qu’il pouvait. Sauf mon p’tit vélo ! Je suis le dernier à rentrer. Et, avec toutes ces côtes et tape-culs, j’aurais joué des manettes de vitesse toute la journée …

Après plus de 3 heures de traversée (pour 89 kms à vol d’oiseau), je débarque à Bodø en début de soirée. En attendant la sortie des fauves, je consulte Booking.com au cas où. Je repère une auberge de jeunesse à quelques encâblures du port où nous débarquons. Je me rends de suite à la Waiting room. Il est presque 20h. Une femme d’origine asiatique met les derniers occupants à la porte et ferme la salle. Gloups ! Je consulte à nouveau mon site. Il ne reste plus qu’un lit dans un dortoir de 4. C’est pour moi ! Après avoir descendu HakaOne au sous-sol, je récupère les clés de mon dortoir. Il est temps de prendre une bonne douche chaude après cette nouvelle journée pluvieuse. Puis de casser la croûte en regardant le match Argentine-Angleterre depuis la salle commune avec vue sur le port.

Quelle journée à nouveau dans ces paysages grandioses ! Et que ces 4 jours dans les Lofoten ont été rudes comme ce décor incroyable. Depuis le temps que j’en rêvais, je l’ai fait. Si, un jour, vous avez l’occasion, n’hésitez pas !

Résumé :

85kms, 5h07, 16,6km/h, 710D+ 720D-, pluie, hôtel


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