J37 – vendredi 17 juillet 2026 – Storvik / Kilboghamm

La nuit a été quelque peu fraiche sous mon shelter. Dans la nuit, j’ai dû renfiler mes jambières pour me protéger du froid piquant. Ce matin, à mon réveil, la température est redescendue à 11°C. Le ciel est à nouveau plombé. Il pleuviote. Me voici de retour au Lofoten ! Je plie mon barda.

Puis je quitte mon abri pour aller déjeuner dans la salle commune. Tout le monde roupille encore. A 8h, je reprends ma route vers Ørnes. Comme ce n’est que du crachin qui tombe, je décide de ne pas enfiler ma tenue de marin-pêcheur en espérant que cela ne dégénère pas trop.

Je laisse la plage déserte et le port au fond alors que les nuages accrochent à nouveau les contreforts des montagnes.

Après être parti plein ouest vent dans le nez, j’admire une dernière fois cette baie de Storvik. Puis je pique plein sud vers Ørnes. Je croise un autre cyclo en mode bikepaking les jambes et les bras à l’air. Pas frileux le gars. Moi, j’ai ressorti ma veste d’hiver et mes jambières. La route suit la mer. C’est tout plat.

Après une vingtaine de bornes, j’arrive en vue du port. Je me dirige de suite vers l’embarcadère. Le bateau de 7h35 est évidemment parti. Il aurait fallu que je pousse jusqu’ici hier soir. Mais cela aurait fait un peu beaucoup après ma grosse journée d’hier. Le prochain départ en direction de Vassdalsvika est à 13h35. Je n’ai plus qu’à me poser dans la salle du restau de l’hôtel du port et attendre.

« Mais pourquoi attendre le ferry ? » pourriez-vous me demander. Tout simplement parce qu’il y a un tunnel à franchir un peu plus au sud et l’accès est interdit au vélo. Cela va être le cas pour beaucoup de fjord. Je vais donc devoir jongler avec les ferries. Cela m’arrange un peu vu la pluie qui se remet à tomber. Je vais en profiter pour me reposer un peu après cette traversée ô combien éprouvante des Lofoten

Je profite de cette pause pour lire mes journaux où j’ai un peu de retard dans l’actu. Je tombe notamment sur la Une de Libé  de ce jour « Musk vote Le Pen« . Cela me fait penser à un dessin de Coco que j’avais gardé bien au chaud. Et aussi un de mes octosyllabes d’hier « J’emmerde, avec force, les cons« .

Effectivement, quand on reprend les commentaires de notre chère Marine d’il y a quelques années au sujet des condamnés pour fraude et détournement de fonds publics et que l’on écoute maintenant les arguments déplorables de tous ces tristes sires, cela donne vraiment envie de gerber. « Mort aux cons ! » comme disait Maurice, le défunt papa de mon ami Riri.

Je rappelle quand même qu’elle a été reconnue, à deux reprises et même si elle se pourvoit en cassation, coupable de détournement de fonds publics (4,4 millions d’euros entre 2004 et 2016) pour rémunérer et former ses assistants à des activités internes au FN/RN et, également, pour payer le majordome et le garde du corps de son père. Elle a été condamnée à 3 ans de prison ferme (dont un an ferme aménagé sous bracelet électronique), 100.000€ d’amende et une peine d’inéligibilité. Alors les fameux slogans « Tête haute, mains propres« , « Tous pourris sauf nous« , « Contre le système« , … en prennent quand même un sacré coup au fiacre.

Alors, dans quelques mois, certain.es voudront essayer autre chose. Ben oui. On n’a jamais essayé. Faut dire que, après les mandats de Sarkozy (également condamné ferme dans plusieurs procès), Hollande (qui nous a quand même foutu dans les pattes son génial énarque) et, donc, Super Macron et ses deux mandats de merde qui devait nous débarrasser du RN, réformer l’école, transformer le marché du travail, moraliser la vie publique, réduire la pauvreté, réformer les retraites, lutter contre les déserts médicaux, améliorer les aides sociales, faire de l’écologie une priorité (gloups !), j’en passe et des meilleures … on fait fort. Mais « Les autres font pareil » chouine-t-il. Ont-ils été jugés et condamnés ? Non. Point barre.

Comme disait Jean-Paul Sartre : « La politique est l’ensemble des procédés par lesquels des hommes sans prévoyance mènent des hommes sans mémoire. Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c’est leur connerie, pas leurs différences. » Dans quelques mois, comme on n’a jamais essayé,  testez donc le cyanure Marine et l’arsenic du bel influenceur Jordan. Vous verrez … ce sera très digeste. Demandez donc aux amerloques avec leur gaz sarin Donald

Bon allez. Il est l’heure d’aller prendre mon ferry qui m’attend, gueule noire ouverte, et de me laver la tête chez Dame Nature (presque) encore vierge de tout con.

Je profite de cette traversée pour piquer un roupillon. Comme d’hab’, je m’octroie mes 30 minutes syndicales. Alors que je sors de ma sieste, je chope un gros coup de chaud. Il n’y a (presque) plus personne dans la salle. Je regarde par la fenêtre et m’aperçois que nous faisons une escale sur l’île de Meloya.

Il est 14h25. Après plus d’une heure de traversée, nous arrivons à Vassdalsvika. Il est l’heure de débarquer et de reprendre la route. J’ai 30 bornes à faire pour rejoindre le port de Forøy. Par contre, après cette longue pause, les muscles ont bien refroidi alors que j’attaque par une belle côte pour sortir du port. Au départ, je me tire la bourre avec une espagnole entre deux âges qui est sur un vélo couché électrique. J’arrive à venger l’honneur français après l’affront de la CdM !

Le ciel est toujours aussi bouché. Les paysages aussi grandioses. Alors que tous les véhicules sont partis devant, je suis seul sur ma route jaune n° 7420. Cela me change des Lofoten. Je peux profiter du paysage en toute quiétude. A défaut de manège, je fais un nouveau tour de fjord . Mais je n’ai même pas la queue du Mickey à gagner. 

Puis il me faut à nouveau longer le fjord au sud et attaquer une belle grimpette jusqu’à 450m d’altitude. En haut, je tombe sur une de ces sculptures (assez moches je dois dire) présentes sur certains sites signalés par une pancarte marron et marquée Skulturlandskap. De là, je domine ce fjord. Par contre, dans la descente, je commence à croiser des véhicules. Le traversier est entré au port. J’appuie fort sur les pédales et arrive 5′ avant son départ. Parfait. 

Après une courte traversée, j’entame à nouveau une belle grimpette pour sortir du port et traverser la pointe. Il me reste encore 28 kms jusqu’au port suivant de Jektvik.

Comme tout à l’heure, les véhicules présents sur le traversier m’ont précédé. Je suis à nouveau seul sur la route orange n°17 que vais emprunter pendant un moment. Le spectacle est encore grandiose avec ces montagnes impressionnantes dont le sommet au fond culmine à 848 mètres. C’est presque aussi beau que les Lofoten mais sans la circulation.

Je longe à nouveau de grands massifs granitiques. Un léger coin de ciel bleu montre le bout de son nez. Ce sera, hélas, de courte durée.

Plus loins, je m’arrêt et profite de cet instant magique où un rai de lumière perce les nuages et vient frapper la paroi rocheuse. On se croirait presque dans « Rencontre du 3ème type » !

J’arrive à nouveau au bout de fjord où une impressionnante usine Elverum a été construite. Pour l’alimenter en électricité, une conduite forcée, de 500 mètres d’altitude à flanc de paroi verticale, alimente une centrale électrique. Puis j’attaque une nouvelle pente avant d’entrer dans le tunnel de Straumdal d’une longueur de 3.200 mètres dont 2.2kms de faux-plat montant. En regardant ma carte, je m’aperçois que ce tunnel passe sous deux lacs de montagne, d’où certainement, les infiltrations. Pendant cette longue traversée souterraine, je ne croiserai que deux voitures.

J’attaque la descente alors qu’un grain s’invite en sortant du tunnel. Je m’arrête pour enfiler ma tenue de pluie. Je n’ai pas envie d’arriver trempé au ferry. Ce n’est pas le moment de choper la crève. Alors que j’attaque les derniers kms, je commence à croiser des véhicules. Pas bon ça. Puis quelques cyclotouristes qui me font signe d’accélérer. Pas évident surtout avec une dernière méchante pente avant de basculer vers le port. Le ferry m’attend. Je suis le dernier à rentrer à bord. Il est blindé. Ouf , il était temps.

Je dépose HakaOne et mes vêtements trempés. Puis je monte dans le grand salon où j’engloutis un sandwich. Je m’installe pour commencer à rédiger ces lignes quand je suis abordée par deux grenobloises, Joëlle et Michelle, qui ont aperçu mon  maillot de L’Ariégeoise. Rémy, le compagnon de l’une des deux (?), est resté seul. Je le croiserai en redescendant dans la cale. Ce sont d’anciennes fonctionnaires de La Poste qui font également du cyclotourisme en France. Elles sont également licenciées à l’ASPTT, comme je l’ai été dans la section athlé. Elle me raconte que c’est Philippe COLLET, le perchiste français, qui est dorénavant président de la section. Je me rends compte également que, lorsque je croise des français, j’ai tendance à me lâcher. Certainement le fait d’être seul toute la journée. On papote un long moment. Alors qu’elles me quittent, je commence à tapoter sur le clavier. Mais je m’aperçois que les passagers commencent à quitter le salon. Nous arrivons déjà au port de Kilboghamm. Je n’ai pas vu la traversée passer !

Dernier rentré. Dernier sorti. Le temps de ranger tout mon barda mis à sécher, je me précipite pour sortir du ferry avant que les entrants n’arrivent. Je me dirige vers la waiting room. Deux thaïlandaises sont au fourneau dans l’espace cuisine de la salle qui fait restau. Cependant, elles m’avertissant que cette salle d’attente va fermer après l’arrivée du dernier ferry vers 21h30. Pour l’instant, je me pose, écrit ces lignes, vais au WC Handicapé, plus spacieux, pour faire ma toilette de chat à l’eau chaude. Finalement, après négociation et baragouinage de quelques mots thaï, elles m’offrent un café et m’autorisent à rester au chaud. « Kop khun mak khrap ! » (Merci beaucoup).

Je vais pouvoir passer la soirée au chaud et au sec dans cette petite maison. Mais quelle journée de ouf encore ! Et, demain, je vais continuer à faire des tours de fjords et jouer à saute-moutons entre les îles en espérant que tout se goupille bien comme aujourd’hui …

Résumé :

79kms + 30kms ferry, 5h05, 15,5km/h, 830D+ 830D-, nuageux / averses, squat


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