J56 – mercredi 5 août 2026 – Skattkärr / Degefors

La nuit a été quelque peu agitée. En effet,vers 2h du mat’, j’entends, malgré mes bouchons d’oreille, des toc-toc-toc bizarres. Après que la pluie se soit invitée en début de soirée, c’est le bruit de gouttes d’eau qui tombent à travers le toit. Je me lève pour protéger mes affaires dans mon sac imperméable au cas où. Puis je déplace la tente au centre de l’abri.

Bien m’en a pris. Ce matin, le banc et mon emplacement initial sont trempés. Et, heureusement que j’ai eu la bonne idée de monter la tente pour me protéger des rares moustiques puis de mettre la toile imperméable par-dessus cette nuit. Au départ, je voulais juste poser mon matelas gonflable et mon duvet. J’ai bien intuité de à consulter la météo.

Il tombe des cordes. Je reste à l’abri jusque vers 8h30. Puis je descends chercher ma sacoche-cuisine pour prendre mon p’tit déj’. Selon les prévisions du site météo YR, il me faut attendre 10h30 avant de repartir en direction de Norrköping. Plutôt que de tailler en direct et d’arriver dans 3 jours, je vais aller chercher la côte au sud de Stockholm.

Je profite de cet intermède pour pianoter. En ce 5 août, je dédie bien évidemment cette journée à mon oncle et parrain Dédé qui fête aujourd’hui ses 78 piges. C’est avec lui, ma tante Claudie et mon frangin Yves-Marie, que nous étions partis en Grèce en 1973 puis en Suède l’année suivante. J’ai pris goût aux voyages itinérants lors de ces fameuses expéditions en Simca 1100 puis en Citroën Dyane. Cela ne nous rajeunit pas ma bonne dame ! Merci pour tout et bon anniversaire Dédé dans ton paradis thaïlandais. 

Je profite de ce temps mort pour consulter mon ami Isidore Analfabèt. Suite à notre discussion d’hier avec mes motards suisses, je lui demande de me sortir un tableau comparatif concernant les prix en Scandinavie par rapport à la France. La Finlande et la Suède se situent à peu près dans la même fourchette. La Norvège explose les compteurs. D’ailleurs, je le vois au niveau des prix depuis que j’ai passé la frontière.

Quant à ce tableau, la Finlande et la Norvège ont presque la même superficie pour le même nombre d’habitants. Quant  la Suède, elle est deux fois plus peuplée avec une superficie un peu plus grande. Concernant la densité de population, les scandinaves ne se marchent pas sur les pieds, c’est le moins qu’on puisse dire !

Je manque me casser la margoulette en descendant les marches devenues une vraie patinoire. Je m’en tire encore avec quelques éraflures au poignet. Décidément. Finalement je décolle vers 11h. Un léger crachin a fait place aux grosses averses. J’ai ressorti ma veste d’hiver vu que la température a sacrément chuté depuis hier. Je repasse dans la bourgade pour prendre un café mais il n’y en a ni à la Coop, ni à la station-service automatique. Tant pis. Je file. Je retombe sur l’itinéraire cyclable n°6 (VänerLeden) qui fait le tour de cet immense lac Vänern. Plutôt que de suivre ma trace, je fais l’erreur d’emprunter la n°6. A un moment, elle m’envoie sur une piste. Vu la météo, elle est complètement détrempée. Demi-tour. Je remonte pour retrouver mon itinéraire initial sur de petites routes de campagne.

Après être passé au-dessus de l’autoroute E18, je me pose dans la bourgade de Väse pour y déjeuner au chaud et, surtout chaud. Ce midi, ce sera entrée de crudités, Raggmunk (galettes de pomme de terre avec bacon frit et myrtilles) et Brownie chocolat et sa crème pâtissière que le chef me confectionne spécialement ! 

Je profite du wifi pour réserver mon vol retour. Il ne faut pas trop tarder quand même. J’ai donc réservé un Stockholm-Nice le jeudi 13 août. Comme cela, je sais à quoi m’en tenir. Il est 14h00. Je repars en direction d’un nouvel observatoire à oiseaux. L’étape sera courte mais vu les conditions météo et ma motivation, ce sera parfait. J’emprunte à présent une piste  rose qui suit la route E18. Heureusement, cela ne dure pas longtemps.

Je repars ensuite dans la campagne en empruntant de petites routes. Je n’ai fait que cela ce matin pour éviter d’emprunter ce grand axe routier. C’est quand un peu déprimant que tu viens de rouler 25 kms depuis le départ et que tu vois un panneau « Skattkärr 13 kms » sur l’axe routier. Au moins, je suis au calme. Je passe aussi devant de belles maisons suédoises aussi bien entretenues que les norvégiennes. La tondeuse automatique fonctionne aussi ici.

De temps en temps, je passe devant d’anciens jalons routiers  en pierre (milsten). En haut « AF » signifie Adolf Fredrik, roi de Suède de 1751 à 1771 avec son blason au-dessus. « 1 MIIL » correspond à 10,69kms.  « AH » doit correspondre aux initiales du gouverneur ou de l’administrateur. « 1767 » est l’année de mise en place de cette borne.

J’arrive à l’entrée de la ville de Kristinehamn, 24.000 habitants, dont le nom signifie littéralement « Le port de Kristine« , reine de Suède de 1632 à 1654. Je passe devant cette imposante maison Österviks qui domine le lac Vänern. Un orage éclate. Je m’abrite sous un gros platane dans l’allée qui mène à la chapelle. Quel déluge !

Heureusement que j’ai ma veste irlandaise. Je peux rouler sous la flotte sans problème. J’ai juste les pieds trempés. Je traverse la ville sans m’arrêter vu les conditions. Puis, après avoir emprunté de nouvelles pistes et routes secondaires, j’entre dans cette bourgade au nom bien connu. Il me semble que j’avais vu la même en Finlande.

Je m’y arrête pour faire mes emplettes dans un petit commerce tenu par un marocain. Après avoir échangé avec quelques mots de français, il m’offre le café. Trop sympa. Par contre, cette bourgade me fait penser aux bourgades ouvrières des pays baltes avec ces bâtiments tristounes. D’ailleurs, à l’entrée, trône une immense aciérie « Björneborg Steel AB« .

L’heure avance et moi pas des masses. Il me reste une dizaine de bornes avant d’arriver à mon observatoire. J’emprunte une route jaune qui grimpe dans la forêt en direction de Degerfors. Avant d’y arriver, je bifurque à gauche pour emprunter une piste forestière. Arrivé sur zone, je pose HakaOne et pars en exploration dans la pampa. C’est un vrai chantier. Heureusement que j’avais déjà les pieds trempés. J’arrive surr zone. La tour métallique est au milieu des grands pins qui n’ont pas été abattus. Je grimpe en haut. La vue à 360°c est impressionnante. Par contre, il n’est pas possible d’y bivouaquer, ni en haut, ni autour.

Je n’ai plus qu’à redescendre le long de l’impressionnante échelle et retrouver HakaOne. Heureusement, j’avais prévu un plan B. Je me dirige vers le lac Gryten à 2 kms en contrebas. Il devrait y avoir 3 shelters autour.

Le premier sera le bon. J’installe la tente avant de diner puis de rédiger ces lignes.

Le soleil a l’air de vouloir percer. J’aperçois même un bout de ciel bleu. Mais cela ne dure pas.

Un gros orage éclate à nouveau. C’est à nouveau le déluge. Heureusement, je suis bien à l’abri (normal, c’est un shelter !) . Mais quelle journée harassante, malgré le faible kilométrage, avec cette météo ô combien compliquée et ce parcours ô combien tortueux. J’espère que le beau temps va revenir pour sécher mes affaires et recharger mes batteries externes beaucoup utilisées aujourd’hui. J’espère juste que la nuit sera calme. 

Résumé :

70 kms, 4h29, 15,6km/h, 480D+ 380D-, pluiebivouac


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