J57 – jeudi 6 août 2026 – Degefors / Mariedamm

Après mes 8 heures de sommeil syndical, je prolonge un peu cette nuit ô combien réparatrice après la rude et humide journée d’hier. D’ailleurs, il a aussi dû pleuvoir cette nuit vu que ma tente est trempée. Mais je n’ai rien entendu. Je déjeune à l’abri alors que le ciel bleu refait enfin son apparition.

Peu après 8 heures, je quitte mon charmant petit lac Gryten puis, après deux kms de piste, reprends ma route vers Norrköpping au sud-est.

Je traverse la bourgade de Degerfors sur les rives de Letälven. Là encore, une fonderie fait vivre cette commune. Créé en 1660, c’est l’une des plus anciennes industries de la région. D’un simple marteau de fer, l’usine s’est développée en plus de 360 ans pour devenir un producteur moderne d’acier inoxydable, le fameux acier suédois, et de tôles épaisses.

Comme dans toutes ces bourgades, le magasin ICA, aux larges plages d’ouverture, ravitaille ses habitants et les fermes alentour.

J’emprunte la route jaune n°205 où la circulation est importante, notamment de longs camions chargées de pins. Je m’arrête saluer ces deux chevaux bien couverts. Je rencontre énormément de centres hippiques ou de particuliers possédant des chevaux.

Sur la route, j’aperçois une nouvelle borne en meilleur état que celle d’hier. Celle-ci a été érigée en 1781 sous le règne de Gustave III (G III) lorsque Lars Ewert af Franc (Evert A Franc) était gouverneur de comté (landshövding). Et le « I MIL » correspond toujours au mille suédois soit environ 10,7kms.

Après la bourgade de Svartå, je pars à l’ouest sur la route n°204. Le fort vent d’ouest me pousse aux fesses. Je fais quand même un stop à Kvistbro pour photographier cette kyrka (église) et son clocher.

Je file jusqu’à la bourgade de Fjugesta pour y boire mon café matinal. Le café-restau thaï n’ouvre qu’à 11h. Le pizzaiolo, lui, ne veut pas me servir de café. Tant pis, je me rabats donc sur la station-service OK-Q8. De plus, il y a du wifi. J’en profite pour regarder le résumé de l’étape 5 du Tour de France Femme dans laquelle PFP s’est retrouvée en PLS ! Je tombe également sur une vidéo de François PIQUEMAL, député LFI de Toulouse et battu aux dernières municipales après que Moudenc a encore joué sur la peur des bolchéviques qui allaient prendre la mairie et égorger tous les enfants ! J’exagère mais à peine … Dans cette vidéo, il défend Kylian M’BAPPÉ et rappelle également que, pour les français de souche ancrés dans les belles valeurs de l’Ovalie, Antoine DUPONT s’est également positionné pour le métissage culturel de ce sport et contre le RN. Tous rappellent que la France a toujours été une terre d’immigration et d’accueil. Que la vraie France, c’est celle-là. Je signe.

Puis je reprends ma route plein sud en empruntant une petite route blanche qui sert également d’itinéraire cyclable à la SverigeLeden. Depuis quelques jours, les essences d’arbres sont beaucoup plus nombreuses que pins et bouleaux. Je traverse d’ailleurs une magnifique haie de chênes et de hêtres. Cela me protège quelque peu du vent que je prends maintenant de côté.

Sur ma route, je m’arrête pour prendre en photo quelques endroits marquants comme cette ferme …

… ou cette jolie maisonnette, au milieu des champs de céréales, avec son laquet et, planté dessus, une plateforme pour y prendre l’apéro.

… ou encore cette belle demeure alors que de gros nuages noirs refont leur apparition. Je file ainsi à travers la campagne jusqu’à la bourgade de Vretstorp. Je m’arrête à l’ICA du coin pour y acheter de quoi me faire un pique-nique.

Je me pose pour déjeuner sur une table devant la voie ferrée. Une mamie arrive et me baragouine quelque chose en suédois. Je lui fais signe que je ne comprends pas. Elle regarde mon vélo avec les sacoches en agitant la main, l’air de dire que j’étais cinglé. Elle n’a pas complètement tort ! Alors qu’un grain éclate, je me réfugie dans la pizzéria en face afin de boire un café et attendre que le grain passe. Sur la TV, une compétition de course d’orientation est diffusée. Le café m’est à nouveau offert par le patron, d’origine turque cette fois-ci. Je reprends ma petite route campagnarde. Je m’arrête dans la bourgade de Rönneshytta pour admirer ce tracteur Massey Ferguson 35 entièrement restauré. Ce tracteur agricole emblématique a été produit entre 1955 et 1964. Beau travail de restauration.

Je reprends ma descente vers le sud. L’heure avance. Il va falloir que je songe à faire le plein d’eau et à me poser. Je pousse jusqu’à la bourgade de Mariehamm. A l’entrée, je remarque, à main droite en contrebas, le lac Skiren avec une plage et une maisonnette en bois. Je m’arrête au cœur de cette bourgade pour faire le point. Je consulte mes cartes et repère le village de Zinkgruvan, à 7kms au sud, avec commerces et shelters au bord d’un lac. J’hésite un peu. En effet, un gros nuage noir se pointe poussé par le vent d’ouest.

Je prends finalement cette direction mais, après avoir parcouru quelques hectomètres, je fais demi-tour. Je risque de me le prendre sur le coin de la tronche. Je reviens en arrière, passe à la chapelle mais sans cimetière, ni point d’eau, reviens dans le centre et demande à des riverains, un sympathique couple finnois-suédois, de me remplir mes bidons. Puis je retourne fissa à la plage repérée. La température baisse. Le vent s’arrête. J’ai juste le temps de prendre mes affaires et de m’abriter dans le vestiaire homme.

L’orage éclate ! Ça tombe comme vache qui pisse pendant une dizaine de minutes. Il était temps. Je m’imagine sur la route sans rien pour m’abriter. J’aurais pris cher !

Je profite de cet abri inespéré pour regarder l’arrivée du TdF. Alors que le soleil est revenu, une belle femme d’une quarantaine d’années vient taper la causette. Je comprends qu’elle s’occupe des lieux. Elle passe le balai dans ma chambre à coucher avant d’aller se baigner. Ils sont fous ces scandinaves ! Elle me souhaite une superbe fin de voyage dans son beau pays puis rentre dans son Home Sweet Home. Quant à moi, j’ai le mien pour cette soirée.

Alors que je dîne tranquillement sur ma table avec vue sur le lac, un jeune arrive pour pêcher. Il vient de prendre un poisson. Je vais le voir. C’est une petite perche qu’il remet à l’eau vu qu’elle ne fait pas la maille. Cela me rappelle mon adolescence tourangelle quand j’allais pêcher, avec mes deux potes Samuel et Fred, le sandre ou l’anguille dans la Loire et le carpe en étang. Ensuite, nous allions les revendre dans les restaus pour nous faire de l’argent de poche.

Par contre, un nouvel orage éclate, je rentre vite fait à l’intérieur. Fin de cette belle journée ensoleillée, hormis ces quelques orages estivaux, sur ces charmantes petites routes vallonnées à travers cette paisible campagne suédoise du sud.

Résumé :

93kms, 5h25, 17,2km/h, 560D+ 580D-, beau temps, squat


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