Réveillé à 6h. Alarmé à 7h. Décollé à 8h. Par contre, je décolle un peu de traviole. En effet, en voulant rattraper mon panneau solaire qui se casse la margoulette du porte-bagage, je fais un mouvement brusque. Et bim … « Tour de rein ! » comme disaient les anciens. Je sors mon baume du tigre en espérant que ce ne soit pas trop méchant. A la maison, j’ai ma ceinture Gibaud quand cela m’arrive. Mais là, il va falloir serrer les dents. En attendant, j’enfourche difficilement HakaOne et c’est reparti pour le 60è jour de ce périple scandinave, non pas sous le soleil couchant d’hier soir, mais sous le soleil levant derrière la colline.

Je reprends ma piste forestière pendant 5 kms. Le ciel est immaculé. La température est de 15°c. La marguerite est de sortie.

Puis je retrouve la route jaune n°511 qui me mène à la ville de Nyköping. Comme sur toutes ces routes suédoises, les panneaux de signalisation sont aux couleurs du pays. C’est-à-dire jaune et bleu. C’est original.

Je traverse le centre de cette petite ville sise au pied du fjord de Sjösaf (Sjösafjärden). Il n’y pas grand monde dans l’artère principale en ce dimanche matin. Seuls quelques coureurs, marcheurs et promeneurs du dimanche croisent ma route en me saluant du fameux « Hey, Hey ! ».
D’ailleurs, je croise Herr Mitterånd, le sosie du « Promeneur du Champ-de-Mars« , le film de Robert Guediguian de 2005 avec Michel Bouquet qui incarnait notre président social-démocrate à la fin de son règne. La social-démocratie est d’ailleurs très forte dans ces pays scandinaves et du nord de l’Europe. Et, contrairement aux discours de la droite, les caisses ne sont pas vidées. Quand on voit le bilan financier des Sarko, Macron et cie avec les milliards de déficit laissés pour les copains, cela fait rire jaune.

A la sortie de cette ville, j’emprunte maintenant la charmante route jaune n°219 qui longe la côte. De temps en temps, j’aperçois le bout d’un fjord. Les odeurs de pins maritimes me rappellent la Provence et Ampus que je vais bientôt retrouver.

Je croise à deux reprises un couple de bike-paker. J’aperçois aussi un cyclotouriste, à l’arrêt dans un chemin, qui tire un mini-caravane. J’avais déjà vu une pub. Avec le vent toujours aussi présent, cela doit quand même secouer. Cela ressemble à celle-ci.

Par contre, je ne traverse que des hameaux perdus dans la campagne. Ou alors, il me faut me rapprocher de la côte pour espérer trouver un café-restau mais qui n’ouvre qu’après 11h. Finalement, je déniche en endroit superbe Nynäs slott à 1 km à l’écart de la route. C’est un château avec ses nombreuses dépendances dont certaines ont été transformées en ferme pédagogique.

Alors que je rédige ces lignes en buvant mon café accompagné d’un kanelbulle, je suis abordé par un belge originaire de Gand en Flandre. Il vit à Stockholm avec sa compagne suédoise. Ils sont en vacances en bike-paking pour la semaine. Il est midi passé. L’heure de reprendre la route a sonné. Je quitte l’orangeraie.

Puis je retrouve ma charmante route qui serpente entre lacs et fjords. De temps en temps, une ferme rouge émerge de ce décor bucolique.

En début d’après-midi, j’arrive dans la ville de Trosa. Un quartier est classé village-musée. Je m’y balade avant d’aller faire mes emplettes à la Coop du coin.

Il y a pas mal de monde qui se balade dans ces rues fermées à la circulation. D’ailleurs, les parkings aux entrées de cette petite ville sont blindés de camping-cars et de vans qui jouent à touche-touche.

Mais c’est vrai que cette ville, contrairement à beaucoup d’autres, est plutôt fort agréable. De plus, en ce dimanche ensoleillé, les restaus font le plein. De mon côté, j’ai plutôt envie d’aller pique-niquer au calme en bord de mer.

Je pars donc à l’opposé de cette pointe de Trosa pour trouver un endroit calme en bord de mer. Je repère une crique. Je m’y rends. Alors que j’emprunte un chemin qui grimpe fort sur la colline, des bouquets de fleurs sont proposés à la vente (30€) en libre-service.

Alors que sur ma carte Mappy.com je n’ai vu aucune maison, j’arrive dans un cul-de-sac avec quelques maisons avec vue imprenable sur la baie. Une des proprios me fait gentiment comprendre que c’est privé et que je devrais trouver mon bonheur dans l’autre crique. Je m’excuse platement et m’y rend. Même motif. Même punition. Je décide alors de pousser au bout de la pointe à Stensund. Il y a de grands bâtiments en haut de la colline. En bas, se trouve un port de plaisance avec une petite plage de sable fin. Quelques personnes profitent de ce cadre idyllique. C’est parfait pour pique-niquer.

Puis je me fais un bon siestou à l’ombre d’un majestueux chêne et couché en chien de fusil pour me soulager le dos, . Quand je me réveille, il est déjà plus de 16h. Je n’ai vraiment pas envie de reprendre la route. De plus, pour, je pense, mon dernier bivouac, cet endroit me plait. Je décide de me poser là pour la fin de la journée.

Je fais donc le tour du secteur pour trouver un endroit où me changer. Je tombe sur ce qui doit (devait ?) être un camping. Un bâtiment sur lequel est inscrit « Dusch » avec « Herr » à gauche et « Dam » à droite m’interpelle. Il y a même le nom des sponsors gravés au-dessous. La porte est ouverte ! Je n’ai plus qu’à profiter de cet improbable endroit pour prendre une bonne douche bien chaude. Il y a même du shampoing et du gel douche à disposition. Dans tous ces pays scandinaves, il y a vraiment une autre mentalité que nos pays latins. En repartant, je laisse cet endroit aussi propre qu’en entrant.

Je n’ai plus qu’à me poser pour écrire ces lignes, boire un bon thé-citron accompagné de mes roulés favoris à la cannelle. De plus, je ne voudrais surtout pas rater la dernière étape du TdF Femme. C’est beaucoup plus indécis et spectaculaire que chez les hommes. Les 2 premières se tiennent en 8 secondes. Cette dernière étape autour de Nice, avec le col d’Eze à se coltiner 4 fois, promet beaucoup. Dommage que PFP, et aucune autre française, ne soit à la lutte finale pour ce podium. Et puis, je dois dire que j’ai le dos un peu en compote … Demain, je devrais être à Stockholm. Je réserve un lit dans une auberge de jeunesse en plein centre pour 2 nuits. Je verrai comment je m’organise pour le dernier jour. Puis je profite du calme revenu après que chacun est rentré chez soi.

La lumière déclinante me permet d’admirer ces voiliers à quai. Je profite de ces derniers instants de totale liberté.

Plus qu’une dernière étape pour me rendre dans la capitale suédoise après cette courte mais très belle journée de cyclotourisme le long de la côté suédoise.
Résumé :
77kms, 4h21, 17,7km/h, 480D+ 490D-, beau temps, bivouac
